Pour Tiburce Koffi «Ouattra et Bedié doivent être en prison à la Haye»

Pour Tiburce Koffi «Ouattra et Bedié doivent être en prison à la Haye»

Invité mardi 9 juin au soir sur le plateau de France 24 (média public français), Turbuce Koffi était tout feu tout flamme. Selon lui le président Alassane Ouattara et son allié Henri Konan Bedié doivent être à la Haye pour avoir tué les ivoiriens.

« Henri Konan Bedié et Alassane Ouattara doivent bel et bien se retrouver à la Haye au côté de Laurent Gbagbo. Ce sont les trois criminels en Côte d’ivoire » tels furent sans détour, les propos de Turbuce Koffi.

Invité sur le plateau du média rattaché au ministère des affaires étrangères français, classé « pro-Ouattara », l’ivoirien était venu présenter son livre « Non à l’appel de Daoukro » qui connaît un certains succès dans les librairies. Mais toujours est-il que l’écrivain et ancien directeur de l’INSAAC reste fidèle à lui même et lance: » Alassane Ouattara est un chef de guerre ».

« La Côte d’ivoire est en droit de poser une plainte contre Alassane Ouattara parce qu’il est établi que c’est lui qui a financé la rébellion. Les rebelles eux mêmes ont avoué que c’est lui qui leur a acheté des armes. » a poursuivi Turbuce Koffi habituellement très engagé sur les plateaux.

Se prononçant sur les procès de Séka Séka, Abehi Jean Noël et une dizaine d’autres officiers de l’armée, Tiburce Koffi Search Tiburce Koffi prend acte mais se retourne une nouvelle fois vers le camp au pouvoir. » Tous ces officiers qui comparaissent je veux bien. C’est des prévenus il faut bien qu’ils comparaissent. Mais qui jugera les criminels financés par Mr Ouattara. Ceux qui ont tué les ivoiriens dans la nuit du 18 au 19 septembre…? Les morts de Guitrozon, de Duékoué plus de 800 morts en une journée. Mais ce sont les troupes de Ouattara qui les ont tués? » s’est il amèrement interrogé.

Concernant l’appel de Daoukro, Turbuce Koffi réitère sa position » Mais Henri Konan Bedié est qui ? La Côte d’ivoire n’est pas un village. Il peut le dire à ses paysans mais pas à moi. Je dis non ! Je suis un citoyen libre et j’ai le droit de ne pas être d’accord. Dans la côte d’ivoire d’aujourd’hui, ne pas être d’accord avec ses majestés Henri Konan Bedié et Alassane Ouattara c’est un crime de lèse-majesté. Alors on va vous poursuivre, vous soumettre à un matraquage médiatique . C’est scandaleux ! »

Pour conclure, celui qui avait pourtant soutenu Alassane Ouattara à l’élection présidentielle de 2010, s’avoue profondément déçu.« On attendait de Mr Ouattara qu’il soit un père de famille, qu’il pacifie les ivoiriens, qu’il vienne construire des ponts de cœurs en tenant tous les ivoiriens, qu’il fasse la réconciliation. C’est pour ça que nous avons voté pour lui. Nous avons estimé que Laurent Gbagbo incarnait trop de violence. Mais aujourd’hui on ne retrouve plus ces valeurs. Ce sont des espoirs qui sont crevés en moi. Je suis profondément déçu ».

Turbe Koffi a effectué une demande d’asile en France début juin. Il estime que sa vie est en danger.

Source: Koaci.com

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Voici l’intégralité de l’interview de Tiburce Koffi sur France 24

France 24 : Bonsoir M. Tiburce Koffi. Vous êtes en France depuis quelques jours, où vous avez demandé l’asile politique. Vous avez écrit un livre qui se vend très bien en Côte d’Ivoire. « Non à l’appel de Daoukro » Cet appel par lequel le président du Pdci Henri Konan Bédié appelait justement à voter Alassane Ouattara, le président sortant dès le premier tour. Ce sera dans 4 mois l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire. Mais d’abord un mot sur ce procès des officiers pro-Gbagbo qui a débuté aujourd’hui à Abidjan (Mardi 9 juin 2015). Qu’est-ce qu’elle vous inspire aujourd’hui la justice ivoirienne, la justice post-crise électorale ?

Tiburce Koffi : Je vous avoue qu’une immense peine m’envahit le cœur quand je vois les images de tous ces ivoiriens, de tous ces officiers qui comparaissent. Je veux bien ! Ce sont des criminels, il faut qu’ils comparaissent. Mais qui jugera les criminels financés par M. Ouattara ? Ceux qui ont tué les ivoiriens dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002 ? Les morts de Monokozohi, les morts de Guitrozon, Duékoué ; 800 morts en une seule journée. Et ce sont les troupes de Ouattara qui les ont tués. Toutes les preuves sont là…

France 24 : La cour pénale internationale a annoncé qu’elle fera des investigations y compris dans le camp du président Ouattara…

Tiburce Koffi : Ce n’est pas que son camp. Lui-même j’estime aujourd’hui que la Côte d’Ivoire est en droit de déposer plainte contre M. Ouattara parce qu’il est établit que c’est lui qui a financé la rébellion. Les rebelles eux-mêmes ont avoué que c’est lui qui leur a acheté les armes. Au nom de quoi monsieur Gbagbo seul doit se retrouver à la Haye ? Henri Konan Bédié et M. Ouattara doivent pouvoir se retrouver la Haye à côté de M. Gbagbo. Ce sont les trois criminels en Côte d’Ivoire.

France 24 : Nous sommes à 4 mois des élections en Côte d’Ivoire. Face à Alassane Ouattara, deux partis profondément divisés le Pdci et le Fpi. Vous avez écrit ce livre « Non à l’Appel de Daoukro » qu’est ce qui dérange à ce point-là dans votre livre ?

Tiburce Koffi : Vous savez très bien ce qui dérange ! Et je suis sûr que ça vous dérange vous-même. Qu’en l’an 2015, un candidat qui a fait ses études aux Etats-Unis, qu’on croyait démocrate, qui a été formé dans les arcanes du FMI, de la BCEAO, vienne demander à la Côte d’Ivoire, je veux être candidat unique. Bon dieu ! Je dis non ! Sa majesté Alassane Ouattara je ne suis pas d’accord avec toi. Non, accepte d’être démocrate. Affronte normalement et dans la transparence dans la légalité et dans le droit, d’autres candidats autres que toi…Pourquoi diantre veux-tu être seul ?

France 24 : Mais c’est la décision d’Henri Konan Bédié…

Tiburce Koffi : Henri Konan Bédié est qui ? La Côte d’Ivoire ce n’est pas un village ! Il peut le dire à ses paysans mais pas à des gens comme moi. Non ! Je suis un citoyen libre, j’ai le droit de ne pas être d’accord. Mais dans la Côte d’Ivoire d’aujourd’hui ne pas être d’accord avec ces majestés Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara, c’est un crime de lèse-majesté. Alors on va vous poursuivre, on va vous soumettre à un matraquage médiatique. Mais c’est scandaleux. C’est inouï. Je ne comprends pas…

France 24 : Vous avez demandé l’asile politique. Vous vous sentez en danger en Côte d’Ivoire ? On n’a pas le droit d’exprimer une parole contre les autorités en place en Côte d’Ivoire ? Il y a pourtant des partis d’opposition justement qui parlent, qui critiquent le président…

Tiburce Koffi : Y a en des partis d’opposition en Côte d’Ivoire ?

France 24 : Il y a le Fpi qui critique régulièrement Alassane Ouattara…

Tiburce Koffi : (Rire) Mais les militants du FPI se retrouvent où ? En prison régulièrement. Le professeur Dano Djédjé et autres qui sont des braves enseignants, d’honnêtes citoyens qui se retrouvent en taule pour avoir critiqué. Mais les criminels de Ouattara où ils sont ? Ils se pavanent. Ils sont même décorés par monsieur Ouattara qui est un chef de guerre. Ecoutez, on attendait de monsieur Ouattara qu’il soit un père de famille. Qu’il pacifie les ivoiriens. Qu’il vienne construire des ponts de cœur entre tous les ivoiriens, qu’il fasse la réconciliation nationale. C’est pour ça que nous avons voté pour lui. Nous avons estimé que M. Gbagbo incarnait trop de violence. Mais aujourd’hui je ne retrouve plus ces valeurs. Ce sont des espoirs qui sont enlevés en moi. Je suis profondément déçu.

France 24 : On a entendu votre déception. Merci beaucoup Tiburce Koffi d’être venu dans le journal d’Afrique.

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