Pour un hold-up électoral en 2015: Ouattara refuse de désarmer sa milice Dozo

Pour un hold-up électoral en 2015: Ouattara refuse de désarmer sa milice Dozo

Alassane  Dramane Ouattara prépare un coup contre la démocratie en Côte d’Ivoire. Car la question qui revient sur les lèvres des Ivoiriens, aujourd’hui, c’est de savoir pourquoi son régime évite de désarmer les chasseurs traditionnels dozo.

Les dozo sont du Nord de la Côte d’Ivoire, pour ceux qui sont ivoiriens. Mais depuis l’avènement d’Alassane Dramane Ouattara dans le microcosme politique de la Côte d’Ivoire, ils ont abandonné leur sphère culturelle pour envahir les autres régions du pays. Notamment depuis l’éclatement de sa rébellion sanglante, conduite dès septembre 2002 par Soro Kigbafori Guillaume, les dozo sont devenus plus dangereux que pacifiques en Côte d’Ivoire.

Pour cette rébellion et plus particulièrement pour la guerre postélectorale de 2011, des armes de guerre leur ont été distribuées afin de chasser du pouvoir, le Président Laurent Gbagbo. Mais pendant la guerre, et même pendant la rébellion, ils ont formé une identité remarquable. Une entité à part. Une milice à côté de la rébellion et des autres forces coalisées pour renverser le régime de Laurent Gbagbo. Les dozo, avec à leur tête, l’ancien chef de guerre, le sanguinaire Koné Zakaria, se donnent la réputation de détenir des pouvoirs mystiques importants. Mais ce que les Ivoiriens redoutent chez eux, ce ne sont pas ces prétendus pouvoirs mystiques. Mais les armes lourdes que la force française Licorne, la force onusienne ONUCI et le pouvoir burkinabé de Blaise Compaoré, leur ont distribuées.

Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire est devenue un pôle d’attraction des dozo de la sous-région. De milliers de dozo originaires du Burkina, du Mali, de la Guinée, de la Sierra Leone (Kamajors ou dozo)de la Gambie,de la Zambie, etc. affluent dans ce pays. Le terrain lui sied tellement que, pour une première fois dans l’histoire de cette confrérie, elle a même  organisé un « congrès » à Abobo-Abidjan. Selon le confrère chinois Xinhua, leur nombre est estimé à 120 000.

Une autre source parle de 200.000 hommes. Quant au site Lider News, édition du 24 avril 2014, on y lit ceci : «Selon M. Waraba (M. Ouattara Sinaly, conseiller de Traoré Siriki, responsable en chef des Dozos d’Abobo, surnommé le Dozoba), il y a 356.000 Dozos recensés en Côte d’Ivoire, dont 26.000 à Abidjan et 9.000 dans la commune d’Abobo.» Pour les démarquer des autres forces, les légitimer et les encourager, le pouvoir, à travers son ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Hamed Bakayoko, a reçu solennellement le jeudi 1er novembre 2012, les différentes confréries des dozo.

En vérité, c’est une milice masquée du Rassemblement de Républicains (Rdr), parti au pouvoir. Milice positionnée pour protéger son pouvoir, l’y maintenir, intimider…   La preuve, pourquoi ces ex-combattants ne sont pas pris en compte par l’Autorité pour la  démobilisation, le désarmement et la réintégration, l’ADDR ? Pourtant, comme les autres rebelles, ils ont reçu des armes lourdes et des kalaches et participé à la guerre. Pourquoi les autorités ivoiriennes se gardent de désarmer les dozo ? C’est parce qu’ils détiennent des armes à feu plus sérieuses, et non plus des calibre 12, qu’ils ont activement pris part au massacre du camp des refugiés internes de Nahibly le 20 juillet  2012.

Cela ne les intéressent plus de retourner dans leur sphère culturelle et géographique d’origine au Nord. Ils font plutôt la pluie et le beau temps à l’Ouest de la Côte d’Ivoire. Où pour une moindre contestation de la population, ils surgissent de partout et attaquent les gens dans leurs domiciles. La dernière preuve : la grève des enseignants. Ils ont traqué les grévistes qui ont dû se refugier en brousse (Divo) pour ne pas être fusillés.

Pour mémoire, le mercredi 5 février 2014, le président de la Fédération des dozo de Côte d’Ivoire, Bamba Mamoudou, était dans la région du Cavally. Il s’y était rendu dans le cadre d’une grande cérémonie rituelle appelée « Dogon », au V16 Nizahon, un village situé à une vingtaine de kilomètres de la ville de Guiglo. Au moment où le pouvoir préparer les élections, il y a lieu de s’inquiéter. C’est en vertu de quoi les dozo seuls, constitués en force dite « autonome », ne sont pas concernés par l’ADDR ?

Une centaine de milliers d’hommes, ou même plus, en armes à l’approche des élections. C’est une puissance plus redoutable que l’armée nationale diminuée de son manque d’homogénéité. On sait que, autant les dozo que les ex-combattants, plus de 65 000, et des chauffeurs de minicars appelés gbaka et leurs apprentis, possèdent chacun, pour bien d’entre eux, plus d’une arme. Certains dits réinsérés dans le tissu social n’ont en vérité déposé qu’un vieux calibre 12. Son vrai arsenal étant enfoui quelque part, pour toutes fins utiles. Mais on devine que tout cela est un plan que le régime Ouattara a savamment pensé pour empêcher ses adversaires de battre campagne et opérer un hold-up électoral en 2015. C’est un chaudron social à éviter. Il faut désarmer les dozo.

Suzanne Gahé

Source: Eburnienews.net

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