Pour valider la candidature de Ouattara, voici ce que prépare le Conseil constitutionnel

Pour valider la candidature de Ouattara, voici ce que prépare le Conseil constitutionnel

A trois mois des élections présidentielles ivoiriennes, la question de l’éligibilité de Ouattara n’est pas encore réglée. Et c’est le débat dans les différents foyers, au sein de la classe politique et au niveau de la communauté internationale. Selon les informations à notre possession, Ouattara aurait demandé à Koné Mamadou, le président du Conseil constitutionnel de mettre toute en œuvre pour que sa candidature soit validée. Il nous revient aussi que Koné Mamadou, président du Conseil constitutionnel prépare des arguments juridiques pour valider la candidature de Ouattara. Il travaillerait dur sur la notion de “Droit acquis”.

Le Conseil constitutionnel s’explique

Suite à cette information, nous avons échangé, le vendredi 3 juillet 2015, avec le secrétaire général du Conseil constitutionnel, Ibrahim Coulibaly Kuibiert, au siège dudit Conseil au Plateau. Selon lui, cette information n’est pas fondée. Ce ne sont que des rumeurs. « C’est un collège de sept (7) magistrats qui statuent sur la question de candidature. Et que le président du Conseil constitutionnel ne peut décider seul. C’est une décision collégiale » fait-il remarquer. Et d’ajouter : « Les candidatures ne sont pas ouvertes. Nous n’avons rien reçu pour le moment. On ne peut pas statuer sur ce qui n’existe pas. Ce sont des rumeurs. Actuellement, nous sommes en train de travailler sur des Conventions que l’Etat doit ratifier. Pourquoi les gens veulent-ils créer des tensions inutiles ? Il n’en est rien ».

Amadou Soumahoro menace Le Temps

Amadou Soumahoro, le secrétaire général par intérim du Rdr, joint au téléphone, le vendredi 3 juillet 2015, aux environs de 14 h 3mn, soutient : « Ceux qui font le débat sur l’éligibilité du docteur Alassane Ouattara n’ont rien à dire. Ce débat n’existe pas. Et il n’a jamais existé. Nous sommes sereins. La candidature du docteur Alassane Ouattara sera validée ».

A notre grande surprise, le secrétaire général par intérim du Rdr nous rappelle à 14h 5mn. Et voici ce qu’il dit : « C’est vous le journaliste de Le Temps qui m’avez appelé ? Je ne souhaite plus parler à votre journal qui est un torchon. Il ne faut plus jamais m’appeler. Que ce soit la dernière fois que vous m’appeliez. Sinon vous aurez affaire à moi. Ce n’est pas votre torchon qui va empêcher la validation de la candidature de notre leader».

Nous lui répondons en ces termes : « Nous faisons notre travail. Un responsable ne tient pas de tels propos. En plus, nous sommes en période de jeûne. C’est un mois de pénitence, de pardon ». Il rétorque : « Ce n’est pas votre problème. Il ne faut plus jamais m’appeler. Votre journal est un torchon. Un point, un trait ».

Joël N’Guessan, le porte-parole du Rdr, quant à lui, affirme : « Il ne peut avoir de débat sur l’éligibilité d’un président en exercice que la Constitution, notre loi suprême, autorise à se présenter à un second mandat. Tout le reste est élucubration intellectuelle ».

Au niveau de la Présidence de la république, les interlocuteurs abondent dans le même sens. Ils font remarquer, sous le sceau de l’anonymat, que ce n’est pas vrai. Et que la candidature de Ouattara ne souffre d’aucune anormalité. Mieux, ce dernier serait bel et bien candidat. Et ses partisans évoquent la question de jurisprudence.

La décision de Gbagbo en 2005

«Le décret de Gbagbo pris en 2005 existe encore. Personne ne saurait le mettre en cause aujourd’hui. Il est valable. Il faut arrêter de créer des crises inutiles. La Côte d’Ivoire a trop souffert. Il faut fermer la parenthèse de la crise postélectorale de 2010 ». On se rappelle que c’est suite à une lettre du médiateur Sud africain, Thabo M’Béki que le Président Laurent Gbagbo a pris la décision le 28 avril 2005 pour l’application de l’article 48 de la Constitution.

Afin que les candidats présentés par les partis politiques, signataires de l’Accord de Marcoussis soient éligibles à titre exceptionnel. Et Ouattara en fait partie. « J’ai décidé de mettre en œuvre, l’article 48 de notre Constitution. A partir de maintenant, je prendrai les mesures exceptionnelles exigées par la situation. Dès cet instant, je décide: Premièrement. Uniquement pour l’élection présidentielle d’octobre 2005, conformément à la lettre du Médiateur Sud africain, les candidats présentés par les partis politiques signataires de l’Accord de Marcoussis sont éligibles. En conséquence, Monsieur Alassane Ouattara peut, s’il le désire, présenter sa candidature à l’élection présidentielle d’octobre 2005 ».

La position de la Cnc

La Coalition nationale pour le changement n’entend pas les choses de cette oreille. Elle invite alors le Conseil constitutionnel à jouer franc jeu en appliquant intégralement la loi. Mieux, elle demande à Ouattara de se conformer à la loi. Et d’arrêter d’évoquer cette question de jurisprudence. « On parle de jurisprudence quand il y a une décision de justice. En 2010, y a-t-il eu une décision de justice pour qu’Alassane Ouattara soit candidat, à titre exceptionnel, à la Présidence de la République. C’était une décision du Président Laurent Gbagbo. Il ne peut pas se prévaloir d’une jurisprudence. Il n’y a pas eu de décision de justice », indiquent de ce fait, des responsables de la Coalition.

Yacouba Gbané

Source: Le Temps

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One comment

  1. Ou on applique la Constitution ou on ne l’applique pas.

    Ouatara Dramane est inéligible

    Il n’y a aucun doute dessus!

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