Pourquoi les Etats-Unis font-ils la guerre à Kabila ?

Pourquoi les Etats-Unis font-ils la guerre à Kabila ?

Après les contestations des résultats des élections en 2006 comme en 2011, après l’octroi à Kabila des nationalités étrangères, après la négation de son actif, après moult incriminations de Kabila, après intox et impostures sur tout ce qui est de loin ou de près lié à Joseph Kabila, après tentatives de réalisation du printemps arabe en RDC, après surtout  la récente tentative de reproduction de l’expérience du Burkina Faso à Kinshasa lors des manifestations du 19 au 21 janvier 2015, la guerre contre Kabila continue d’aller de bataille en batailles.

Les toutes récentes, se trouvent être la descente dans la capitale congolaise des membres des groupes « ‘Y’ en a marre » du Sénégal ainsi que du « Balai citoyen » du Burkina Faso, sous la bénédiction des Etats-Unis, sans oublier le séjour tout dernièrement  aux USA, sponsorisé par les américains, des opposants au régime de Kabila, lesquels se sont vus offrir une tribune pour « descendre » pratiquement leur Chef de l’Etat. Les raisons de cette guerre contre Kabila ne sont pas à chercher loin, estiment des analystes.

La bataille ayant vu entrée sur le champ, à Kinshasa, des membres des groupes « ‘Y’ en a marre » du Sénégal ainsi que du « Balai citoyen » du Burkina Faso, tels des mercenaires appelés en rescousse, a connu son tout dernier développement, par l’expulsion de ces activistes, déclarés persona non grata du sol congolais. Une décision révélée à l’opinion par Lambert Mende.

En effet, face à la presse, le porte-parole du gouvernement congolais a déclaré : « Nous avons décidé de les expulser de notre territoire : ils n’ont pas le droit de venir faire de la politique ici. Peu importe s’il y a des preuves de ci ou de ça : ils ont prétendu être venus ici pour agir dans le sens d’un changement du régime d’un pays qui n’est pas le leur, cela ne se fait pas. Conformément à la loi, nous les expulsons donc de notre territoire. Nous n’avons pas à nous expliquer sur cela. », avant d’ajouter « L’objectif avoué des maîtres d’œuvre sénégalais et burkinabé et leurs exécutants congolais était de perturber le processus démocratique et électoral dans notre pays. Un processus qu’ils considèrent de leur point de vue comme trop lent –on ne sait pas au nom de quel principe – et peu susceptible d’aboutir aux résultats partisans escomptés par les sponsors.» et de dénoncer  « une main noire, qui ne se cache plus, s’active depuis le début de cette année à déstabiliser les institutions de la RDC».

Joseph Kabila a donc décidé d’ordonner l’arrêt des poursuites engagées contre ces étrangers et de les expulser de la RDC, selon Lambert Mende, qui a encore précisé que c’est le message de Macky Sall à Joseph Kabila qui aurait motivé la décision de Kinshasa. Le président congolais a donc réservé une “suite favorable” à la requête de son homologue sénégalais qui demandait la libération de ces activistes. 

Joseph Kabila, la cible 

D’après un récit, les membres de ces groupes sont arrivés à Kinshasa il y a quelques jours pour participer à des ateliers organisés par l’ONG Filimbi.  Et que c’était au siège de l’ONG « Ba jeune Maboko Na Maboko Pona Congo » dans le quartier populaire de Masina, en banlieue kinoise, qu’à l’issue d’une conférence de presse, le Sénégalais Fadel Barro de « Y en a marre » et le Burkinabé Oscibi Johan du « Balai Citoyen » ont été interpelés. Selon toujours la même source, des éléments de la police, des militaires et d’autres agents en civil les ont amenés à bord de trois pick-up. Avaient aussi été arrêtés à cette même occasion, un diplomate américain, qui travaille sur les questions de démocratie à l’USAID, ainsi que des journalistes des médias, BBC, AFP et RTBF.

Mais d’après plusieurs sources, Fadel Barro du mouvement « ‘Y’ en a marre » a été utilisé pour lancer  un “appel à l’éveil de la jeunesse africaine”, clamant “Deux mandats, c’est deux mandats et non trois”. Et il semble qu’au Sénégal, « Y en a marre » vilipendait les promesses non tenues, a-t-on appris, par Abdoulaye Wade au Sénégal. L’itinéraire de la pensée des organisateurs se retrace ainsi facilement et sa compréhension rejoint les accusations portées contre le régime congolais par les opposants. Pour plusieurs, l’objectif ici est d’enfoncer le clou sur « une mauvaise prestation de Kabila », qui rendrait excédé le peuple et dont le ras le bol doit être entretenu par les propos incitateurs au soulèvement. Le tout entrant dans la logique de faire quitter Kabila le pouvoir avant la fin de sa mandature en cours.

La visée de ceux qui ont invité Sénégalais et Burkinabè devient d’autant plus claire que l’on réfléchit sur le symbolisme du groupe « Balai citoyen ». L’on sait ce qui s’est passé au Burkina Faso en novembre 2014 avec la chute de Blaise Compaoré. L’on a encore frais dans la conscience comment les masses populaires ont investi le Parlement burkinabè pour empêcher la révision de la Constitution qui aurait permis à Blaise Compaoré de briguer un autre mandat. L’on sait aussi que depuis, la chute de Blaise Compaoré par cette façon, les opposants congolais ne jurent que par la réédition de l’expérience burkinabè en RDC, quand bien même les contextes ne seraient pas les mêmes. 

Les américains à la recherche de la gloire en Afrique

Toujours au sujet des événements des activistes sénégalais et burkinabé à Kinshasa, il a été révélé clairement que « Les Etats-Unis déclarent même avoir financé ces rencontres entre jeunes activistes congolais et africains … » pouvait-on encore lire sur le site de RFI.

Qu’à cela ne tienne, certains analystes pensent que les démarches empruntées ainsi que les discours développées dans ces actions contre le pouvoir de Kinshasa, laissent malheureusement entrevoir, une volonté délibérée, d’aboutir à un « coup de force », qu’on voudrait « populaire », pour contourner théoriquement le vocable « coup d’Etat ». Un schéma apparemment choyé par les américains et qu’on cherchera à faire interpréter comme étant un appui des Etats-Unis aux populations pour se débarrasser d’un dictateur.

Pour indication, la déclaration de la Secrétaire d’Etat américaine aux Affaires africaines, Linda-Thomas Greenfield, nous citons : « Si des Présidents africains ne respectent pas leurs Constitutions, les USA aideront les peuples des pays dont les chefs d’Etats sont fin mandat à se prendre en charge ».

Mais qui a dit que le Chef de l’Etat Congolais refuse de respecter la Constitution dans ce chapitre, si ce n’est, pour le moment, qu’un procès d’intention ?

Les américains en particulier et les occidentaux en général savent que, s’ils laissent à Kabila terminer son mandat dans le respect de la Loi fondamentale, ils n’auront pas cette gloire dont ils cherchent et qu’il faut pour cela provoquer une sorte de « révolution populaire ».

Tous ceux qui soutiennent toutes ces actions contre Kabila semblent refuser de comprendre que l’heure s’inscrivait dans la logique de la démocratie moderne, qui exige l’accès au pouvoir par le biais du suffrage universel et non par le biais d’un coup de force. Il apparaît évident que les anti-Kabilistes veulent sans délai la chute de Joseph Kabila en violation de la Constitution.

Pourquoi ne pas le laisser terminer sa deuxième et dernière mandature en paix, une paix qui profiterait à tout le monde ? That is the question…

In L’Emergence N°102, du 19 au 25 Mars 2015, pages 4 & 5

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