Pourquoi Michel Djotodia ne sera pas inquiété par la justice internationale

Pourquoi Michel Djotodia ne sera pas inquiété par la justice internationale

Créée par le Conseil de sécurité de l’ONU le 5 décembre 2013, suivant la  Résolution 2127, la Commission internationale chargée d’enquêter sur les violations des droits de l’homme en République centrafricaine, présidée par le camerounais Bernard Acho Muna, a démarré ses enquêtes pour une  durée de 2 semaines.

Avec un mandat pour enquêter sur toutes les violations du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme, et d’atteintes aux droits de  l’homme qui auraient été perpétrées en RCA depuis le 1er janvier 2013,  elle a une tâche impossible pour réussir en un si court délai. Par ailleurs, juridiquement parlant, elle  sera bloquée contrairement aux attentes des populations, pour pouvoir  recueillir des éléments à charge contre l’ancien président de la  transition déchu Michel Djotodia.

L’INCOMPETENCE POLITIQUE N’EST PAS UN DELIT 

Le fait  que Michel Djotodia soit responsable en premier de la grave crise  sanglante dont ses Séléka ont plongé la RCA une année durant, n’en fait  pas, au niveau du Droit pénal international un possible inculpé pour la  Cour pénale Internationale (CPI), pour autant que l’on ait pu démontrer  qu’il fut un donneur d’ordres pour des massacres de civils.
Le procès  Bemba qui s’enlise depuis 5 ans à La Haye fait cas d’école, tout comme  celui de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo. La procureure gambienne du CPI, Fatou Bensouda, peine toujours à étayer ses accusations. Entre témoignages incertains confinant  souvent à des délations gratuites, et des témoins sous menace, le procès fait du sur place dans une impasse. Dans le cas de Djotodia, tout ce qui peut  lui être imputé est une incompétence notoire à tenir ses hommes et à les réguler. Etant entendu qu’il est avéré que la nébuleuse Séléka faite de factions hétéroclites, n’obéissait qu’à leurs propres chefs de guerre,  et non directement au chef politique suprême. Conséquence, à contrario, tous les chefs  de guerre de la Séléka peuvent être poursuivis pour crimes de guerre, et non, paradoxe, le grand chef. Cet état de fait, Michel Djotodia le  savait, très bien conseillé qu”il fut par ses conseillers français qui  surent le préserver d’une implication directe dans le moindre crime des  Séléka. D’ou son discours maintes fois répétés :  “Des allégations disent que je ne contrôle pas mes hommes…
Mais je ne  connais que ceux qui sont avec moi.” Ainsi s’absolvait-il de toute implication.
LE LEVIATHAN 
Inculper  en outre Djotodia, le monstre du chaos primitif, obligeRait à ouvrir des dossiers politiques puant que personne dans la sous-région n’a envie de voir dévoilés en public, de la France au Gabon en passant le Tchad et  le Congo-Brazza, surtout au Tchad. Car des sommes de complots et de  manipulations, si mis à jour, mettraient en difficulté politique tous  les acteurs agissant dans la crise centrafricaine. Idriss Deby serait contraint de  s’expliquer sur le financement des Séléka (secret de polichinelle), sur  l’implication de ses soldats à Bangui, qui bien que faisant partie des  forces africaines de paix, la FOMAC de l’époque, ouvraient pourtant la  route de Bangui aux envahisseurs Séléka, à la désormais célèbre “ligne  rouge de Damara”. Paris serait également mis sur la sellette afin de s’expliquer sur ce qui fut son intrusion dans la gestion d’un  pays libre et auto déterminé. Car c’est la France qui a ‘démissionné’  Michel Djotodia sous l’habillage CEEAC à N’Djamena. Quant au Congo-Brazza, il serait contraint de s’expliquer sur l’instrumentalisation du CNT (le Conseil National de Transition) à Bangui, lors du vote truqué de l’élection de Catherine  Samba-Panza. Pour un conseiller à Bangui : ‘Inculper  Djotodia, ça foutrait le bordel, car il y’aurait un gros déballage de  linge sale. Ce serait un véritable “DJOTODIAGATE”.”
Ainsi, pour solde de tous comptes, et surtout pour se taire et se faire  oublier, Michel Djotodia en quittant N’Djamena le jour de son éviction  ne partit pas au Bénin les mains vides.

En conclusion, seuls des lampistes de la Séléka seront poursuivis sans risque, et non les vrais meneurs des massacres

Par Sandra Martin-White

Source: lanouvellecentrafrique.info

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