Pourquoi Ouattara a perdu la présidence de 2010 en Côte d’Ivoire! (Par Patrice Mboma)

Pourquoi Ouattara a perdu la présidence de 2010 en Côte d’Ivoire! (Par Patrice Mboma)

Commençons par le commencement, Monsieur Ouattara arrive en Côte d’Ivoire au cours de l’année 1990 alors que le pays est dans une situation économique qui a poussé le président Houphouët a refusé d’honorer le remboursement de la dette ivoirienne auprès de la Banque Mondiale et du FMI.

En tant que président du conseil ministériel, les premières mesures de Monsieur Ouattara consisterons a jeter plusieurs milliers de famille ivoirienne au chômage par ce qu’il appelle à l’époque la politique d’assainissement des finances publiques et la mise en œuvre des réformes nécessaires pour le retour à la croissance et à la prospérité, la poursuite de la modernisation des structures de l’état.

Premier grief avec le peuple ivoirien !

Devenu premier ministre de la Côte d’Ivoire quelques mois plus tard, Monsieur Ouattara instaure la carte de séjour pour les étrangers ouest-africains et autres, ceci au mépris des règles de libre circulation établies au sein de l’UEMOA à travers le conseil de l’entente (Côte d’Ivoire, Bénin, Burkina-Faso, Niger et Togo). Je m’en souviens encore comme si c’était hier, en 1993 me rendant au Maroc pour mes études universitaires, partant de Yaoundé au Cameroun, je transite par Abidjan.

Arrivée tardivement pour prendre la correspondance de la Royal Air Maroc (RAM) pour Casablanca (à l’époque un vol par semaine), mes camarades et moi avons loupé le vol. Ils nous a été interdit de sortir de l’aéroport Port Bouët d’Abidjan pour loger à l’Hôtel pour défaut de carte de séjour ou de visa. Nous avons passé une semaine à dormir à même le sol, en attendant la prochaine correspondance de la RAM. Cette mesure Ouattaresque aura pour effet de dévoiler les origines des habitants de la Côte d’Ivoire, dans un pays dont
l’hospitalité légendaire faisait que l’on ne cherchait pas à connaître votre origine, et où tous les habitants vivaient en bonne intelligence.

Deuxième grief avec le peuple ivoirien et tous les africains.

Fin décembre 1993, le président Houphouët meurt, après 33ans de règne. Malgré la disposition de la constitution ivoirienne en son article 11 qui, en cas de vacance du pouvoir fait du président de l’assemblée Henri Konan Bédié le successeur constitutionnel du président de la république , Monsieur Ouattara tente le coup de force. Mal lui en prend, il se retrouve forcer de quitter la Côte d’Ivoire pour un instant.

Troisième grief avec le peuple ivoirien.

Monsieur Ouattara se retrouve par la suite fin 1993 au FMI comme directeur général adjoint. Avant cela, en tant que premier ministre de la Côte d’Ivoire il s’est attelé à préparer la dévaluation du franc CFA qui interviendra le I4 Janvier 1994, un peu plus d’un mois après la disparition du Président Félix Houphouët- Boigny. Dévaluation, dont les conséquences dramatiques se ressentent encore de nos jours dans toute l’Afrique francophone. Au FMI monsieur Ouattara devient le chantre du programme d’ajustement structurel des économies africaines, qui a crée la désolation partout en Afrique. Et, donc le FMI reconnaîtra un décennie plus tard l’inefficacité, l’inadaptation et les méfaits sur les économies des pays qui l’ont appliqué.

Quatrième grief avec les ivoiriens et les africains.

Juillet 1999, Monsieur Ouattara met fin a son séjour au FMI et retourne en Côte d’Ivoire pour se porter candidat aux élections présidentielles de 2000 en préparation. Entre temps, son ami de longue date Monsieur Konan Bédié devenu son ennemi du fait du conflit qui a marqué la succession de feu le président Houphouët Boigny, a lancé son concept empoisonné d’ivoirité pour l’écarter de la course au pouvoir. Car se connaissant bien (ce depuis leurs années d’études aux états-unis dans les années 60), Monsieur Bédié
sait que Monsieur Ouattara s’est toujours fait connaître comme Burkinabé.

Amère de se sentir visé par cette loi sur l’ivoirité, Monsieur Ouattara ayant été sollicité de prouver sa nationalité ivoirienne se refugie en France, après avoir présenté des documents « douteux ». Il affirme que « Monsieur Bédié ne veut pas que je sois candidat parce que je suis du Nord et musulman », surfant ainsi sur la corde tribale et religieuse. Un mandat international pour faux et usages de faux ayant été lancé contre lui par le régime de Monsieur Bédié, Monsieur Ouattara dira : « Je frapperai ce régime moribond, il tombera comme un fruit mûr », quelques temps après le régime de Monsieur Bédié était renversé, lors du fameux coup d’état de décembre 1999 , qui vit l’arrivée au pouvoir de feu le général Guéi. Coup d’état perpétré par des soldats dont la plupart faisait partie de la garde rapprochée de Monsieur Ouattara, quand il était premier ministre de la Côte d’Ivoire. Premier coup d’état dans un pays qui jusqu’à lors s’était fait connaître dans le monde entier pour son pacifisme légendaire. Ceci marque l’introduction de la violence dans la politique en Côte d’Ivoire.

Cinquième grief avec le peuple ivoirien.

Arrive l’an 2000, des élections présidentielles se déroulent dans des « conditions calamiteuses » aux dires du Monsieur Laurent Gbagbo, qui arrive par la même occasion au pouvoir par un soulèvement populaire qui pousse le général Guéi à céder le pouvoir. Monsieur Ouattara réclame qu’il y ait de nouvelles élections présidentielles. Car, le poison de l’ivoirité aidant, le général Guéi s’est arrangé à travers une constitution faite sur mesure à l’écarter de nouveau. Devant le refus de Monsieur Gbagbo devenu président de procéder à de nouvelles élections présidentielles, Monsieur Ouattara dans un accès de colère dont lui seul a le secret déclare : « Je n’attendrai pas 2005 pour rebondir… Je rendrai ce pays ingouvernable ».

En effet, quelques temps plus tard en septembre 2002, une tentative de coup d’état a lieu en Côte d’Ivoire. Devant son échec, elle se transforme en rébellion armée, sous la houlette des gardes du corps de Monsieur Ouattara cités plus haut. Qui se donne comme leader politique, un ancien leader estudiantin dont l’un des proches parents qui est un ami, me dira en 2004 alors que nous étions en transit à l’aéroport de Bruxelles que : « Guillaume, n’a pas pu finir ses études universitaires. Il s’est fait manipuler pour venir faire la guerre à la Côte d’Ivoire… ».

Cette rébellion, qui coupe de fait le pays en deux, fera des milliers de morts parmi les populations ivoiriennes. Principalement à l’Ouest de la Côte d’Ivoire. Mais aussi parmi les forces armées de Côte d’Ivoire (FANCI), faisant perdre à Monsieur toute possibilité de soutien futur dans l’armée loyaliste de Côte d’Ivoire.

Sixième grief avec le peuple et l’armée ivoirienne.

Enfin, en 2010 au terme du second tour des élections présidentielles dont la proclamation des résultats aboutit à la crise politique que vit la Côte d’Ivoire aujourd’hui, Monsieur Ouattara se fait adouber dans une précipitation sans équivalent par la France dont le cache sexe se nomme « communauté internationale ». Erreur !!!

Méconnaissant le ressentissement du peuple ivoirien vis-à-vis de la France, Monsieur Ouattara en piètre politicien, va afficher ce soutien et s’enorgueillir comme d’un trophée de chasse. Par la suite, il procèdera à la nomination du chef rebelle Soro Guillaume comme premier ministre de son Gouvernement. Confirmant ainsi son statut de parrain de la rébellion qui a endeuillé tant de familles ivoiriennes. Re-Erreur !!!

Ces deux erreurs vont lui faire perdre un frange importante de la force de contestation populaire venant du PDCI et d’autres partis, qu’il aurait pu mobiliser pour bloquer le pays, et forcer au départ de Monsieur Gbagbo. A cela, il faudra ajouter les sorties hasardeuses de Monsieur Sarkozy à travers ses ultimatums et menaces à peine voilées. Pour clouer le tout, Monsieur Ouattara et son chef rebelle Soro Guillaume, vont user de menaces de prison à l’égard des fonctionnaires, banquiers et autres travailleurs ivoiriens qui ne respecteraient pas leur mot d’ordre de grève. Comment un homme qui bataille pour faire reconnaître sa victoire, et se faire accepter par un peuple, peut-il commencer par menacer ce même peuple alors qu’il ne détient pas encore le pouvoir réel ? Il faut qu’il ait en face de lui un peuple de fou, pour que ce dernier suive son mot d’ordre et se mette en ordre pour défendre sa cause.

Qui ici bas est assez con pour donner le fouet à celui qui lui promet la fessée ? Non content de cela, Monsieur Ouattara et son chef Rebelle Soro Guillaume font chaque jour appel à des forces étrangères pour le mener au pouvoir, avec le risque qu’une telle démarche comporte en terme de perte en vies humaines. Quel ivoirien est près à accepter et soutenir un tel homme politique, qui est près à utiliser tous les moyens y compris la force militaire peu économe en vies humaines, pour assouvir ses ambitions ? Erreur fatale ! Echec et Mat !

Septième et dernière grief avec le peuple ivoirien.

Cette grief de trop disqualifie définitivement Monsieur Ouattara à exercer la fonction présidentielle en Côte d’Ivoire, n’en déplaisent à ses soutiens étrangers, qui se couvrent de ridicule en allant jusqu’à interdire de visa européen des ressortissants français et à introduire dans leur liste des personnes sanctionnées le président de la cour constitutionnelle ivoirienne et le Gouverneur de la BCEAO. Devant qui Monsieur Ouattara prêtera-t-il donc de façon effective son serment postal ? Chez qui pourra-t-il exercer le pouvoir de la signature qui lui a été illégalement conféré par la conférence des ministres de l’UEMOA en décembre 2010 ? Non sens, que de non sens ! C’est à croire que le monde marche en l’envers.

Tout ce qui précède justifie ici, pourquoi Monsieur Ouattara a définitivement perdu les élections en Côte d’Ivoire et ne sera pas
président de ce pays.

Patrice Mboma

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