Pourquoi Poutine est absent des commémorations à Auschwitz

Le président russe a renoncé à se rendre aux commémorations du 70e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau, en Pologne, ce mardi. C’est pourtant l’armée soviétique qui avait libéré le camp nazi en 1945.

Le vent de guerre froide qui souffle sur l’Europe se fait sentir aussi à Auschwitz. En effet, le président russe ne participe pas aux cérémonies organisées en Pologne, pour le 70e anniversaire de la libération du camp, où quelque 1,1 million de personnes ont été exterminées, dont un million de juifs européens. Il était pourtant présent en 2005.

Le Kremlin avait fait savoir le 13 janvier qu’un voyage en Pologne “ne figurait pas sur l’agenda du président russe”. Moscou est toutefois représenté aux cérémonies par le chef de l’administration présidentielle Sergueï Ivanov. Une absence complète de représentation russe aurait été inconcevable: c’est l’armée soviétique qui avait libéré le camp nazi en 1945.

Aucune invitation officielle n’a été envoyée

En fait, aucune invitation officielle n’a été envoyée aux responsables politiques : le Musée d’Auschwitz-Birkenau avait décidé d’axer ce 70e anniversaire sur les survivants dont beaucoup sont nonagénaires. Quelque trois cents d’entre eux étaient invités dans l’ancien camp nazi allemand.

Cette formule n’a pas empêché la venue annoncée des présidents français François Hollande et allemand Joachim Gauck, ainsi que de leurs homologues polonais Bronislaw Komorowski et ukrainien Petro Porochenko. Au total 38 pays devaient être représentés, certains, tels la Belgique et les Pays-Bas, par leur roi, d’autres par leurs chef de l’Etat, Premier ministre ou ministre.

Initialement, la partie politique de la commémoration de la libération des camps d’extermination devait avoir lieu à Prague et à Terezin (Theresienstadt), en République tchèque. Vladimir Poutine y avait été invité par son homologue tchèque Milos Zeman. Mais fin décembre, la Fédération des communautés juives tchèques avait fait savoir son opposition à une éventuelle venue du président russe, dont le régime “ne respecte pas les accords internationaux” et “fait preuve d’agressivité à l’extérieur”.

En cause, l’agression de l’Ukraine par la Russie, avec l’annexion de la Crimée au printemps dernier et le soutien de Moscou aux rebelles séparatistes du Donbass. la Pologne est l’un des pays européens les plus en pointe dans la dénonciation de la politique russe en Ukraine.

Poutine fustige toute “tentative de réécrire l’Histoire”

Vladimir Poutine a célébré l’événement, lors d’une cérémonie à Moscou au musée du Judaïsme. Il a profité de l’occasion pour qualifier d'”inacceptable” toute “tentative de réécrire l’Histoire. La semaine dernière, la Russie avait accusé la Pologne d'”hystérie anti-russe”, après les déclarations du chef de la diplomatie polonaise selon lequel les Ukrainiens, et non l’Armée rouge, avaient libéré le camp d’Auschwitz. Ce camp a été libéré le 27 janvier 1945 par des soldats du “Premier Front ukrainien” de l’Armée rouge. Cette armée était composée de soldats originaires des différentes républiques soviétiques, notamment des Russes et des Ukrainiens.

Le président polonais Bronislaw Komorowski a partiellement tenté de corriger le tir, ce mardi, en exprimant “respect et reconnaissance” aux soldats soviétiques qui ont libéré Auschwitz. Il a néamoins profité de l’occasion pour mettre sur un pied d’égalité “les deux totalitarismes”, nazi et soviétique, rappelant l’extermination à Katyn des élites polonaises par les services spéciaux de Staline.

Source: L’EXPRESS.fr

About admin

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

CLOSE
CLOSE