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Présidentielle 2015 en Côte d’Ivoire: Banny aura-t-il le courage d’affronter Ouattara ?

Présidentielle 2015 en Côte d’Ivoire: Banny aura-t-il le courage d’affronter Ouattara ?

Il se dit et s’écrit de plus en plus que Charles Konan Banny, président de Commission dialogue vérité et réconciliation (Cdvr), s’apprête à déposer sa démission en vue de rendre publique son ambition pour la présidentielle de 2015. Un tel projet est légitime, comme tout rêve, pour tout être humain. Mais la personnalité de l’ancien Gouverneur de la Bceao, telle que nous l’avons cernée depuis qu’il est entré en politique, en tant que Premier ministre sous Laurent Gbagbo jusqu’à son actuel poste, nous permet-elle de croire au miracle ?
Si nous nous référons à l’appétit inextinguible du pouvoir de Banny, qu’il a d’ailleurs gauchement manifesté sous Gbagbo, alors qu’on l’avait appelé, non pas pour lui-même, mais pour sauver le pays, on peut se dire « cet homme sait ce qu’il veut et a le courage de l’adversité ». Mais la question c’est de savoir si Banny peut faire à Ouattara ce qu’il a fait à Gbagbo. A ce dernier, il a montré un type d’irresponsabilité, de méchanceté et d’incompétence reconnue par la communauté internationale qui l’avait présenté comme l’homme de la situation et parachuté à la Primature. Où il a passé son  temps à « tacler » son chef, le Président de la République. Dans son souci de prendre le pouvoir parcelle par parcelle, en voulant placer coûte que coûte, ses hommes aux meilleurs endroits de l’administration, en bloquant l’appareil d’Etat par son incivisme et son opposition puérile aux décisions du Président, il n’a pas rendu service à la Côte d’Ivoire. Il n’a pas atteint l’objectif de sortie de crise qui lui était assigné.
A peine, a-t-il goûté au pouvoir que Banny s’est mis résolument à jouer sa carte personnelle et non celle de la paix ivoirienne. Au lieu donc d’être un apporteur de solution, l’ex-Gouverneur était devenu un problème dans le problème. Mais l’opinion avait clairement compris que, même si Banny s’agitait de la sorte pour lui-même, Alassane Ouattara le vrai pion de la communauté international était l’instigateur de ces intrigues. Banny était en pleine illusion. Maintenant que Ouattara est au pouvoir, pour le récompenser de l’avoir aidé à « mélanger » à sa manière le pays, mais aussi pour le paralyser de toute velléité d’indépendance et de concurrence, il l’a nommé à la tête de Cdvr. Une structure qui demande l’impartialité et une certaine tenue.
Ainsi, Banny a regardé sans brocher, le régime Ouattara, violer les droits de l’Homme, emprisonner massivement des pro-Gbagbo, jeter d’autres milliers à l’exil, massacrer des populations (Nahibly), envoyé Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé à la Cpi. Il n’a donc rien dit et rien fait, alors que Ouattara sabotait royalement la réconciliation dont il a la charge. Banny sait que Ouattara n’a pas la même notion des droits de l’Homme et de la démocratie que Laurent Gbagbo. Son ancien patron contre qui il pouvait  jouer la canaille sans s’attendre à un coup de massue quelconque. Charles Konan Banny a eu deux belles occasions de démissionner honorablement. Il ne l’a pas fait. C’est lorsque Gbagbo a été déporté à la Haye et quand le régime Ouattara n’a pas hésité à y envoyer encore Charles Blé Goudé. Il serait entré dans l’histoire. Mais il n’a pas voulu affronter Ouattara et s’est pelotonné dans son fauteuil juteux. Sa structure, la Cdvr, a brillé par un échec total, tout comme il a montré ses limites pendant son passage à la Primature. A-t-il vraiment le courage d’affronter Ouattara, ne serait-ce qu’en candidat libre, en 2015 ?
S’il s’est fait suffisamment de trésor de « guerre » à la Cdvr, et veut démissionner pour tenter sa chance à la présidentielle, cela  est possible. Il ne faut jamais parier sur « jamais ». On comprendra alors que c’est lui qui manipulait une partie des voix qui s’élèvent contre l’ancêtre Henri Konan Bédié. Ce qui ne serait pas une mauvaise chose vue la tendance du vieillard à liquider le parti d’Houphouët-Boigny. Mais dans ces conditions, on ne va pas à une élection, en campagne avec ses beaux yeux. L’homme en a. Mais, on y va avec ses atouts plus utiles pour le peuple.
Qu’a-t-on prouvé par le passé ? Quel a été notre bilan, lorsque la nation nous avait confié une responsabilité ? A ces questions, qu’aura à répondre Banny qui a échoué à la Primature et à la Cdvr ? Il ne s’agit pas de répéter « J’ai été Gouverneur de la Bceao ». Soit. Mais en quoi cette expérience de Gouverneur de la banque des banques lui a-t-elle permis d’être performant à la Primature et à la Cdvr ? Et si à ces deux essais, il n’a pas satisfait les attentes du peuple, pourquoi celui-ci serait-il tenté de lui confier la Côte d’Ivoire entière ? La question est donc centrale. Banny aura-t-il le courage d’affronter Ouattara ? S’il y parvient, le peuple lui pardonnera-t-il ses deux essais qui ont été deux échecs  cuisant ?
Germain Séhoué
Source: LE TEMPS DU 29 SEPT 2014

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