Probable libération du Président Laurent Gbagbo : Emmanuel Macron favorable, si la justice le trouve innocent

Probable libération du Président Laurent Gbagbo : Emmanuel Macron favorable, si la justice le trouve innocent

L’éventualité de la libération est persistante. A en croire des sources généralement crédibles que letempsinfos.com a contactées ce jour, vendredi 7 juillet 2017, plus rien ne devrait maintenir le président Laurent Gbagbo dans les liens de la détention à la Cour pénale internationale (CPI). C’est du moins l’avis qu’aurait émis Emmanuel Macron, le président français.

Le sujet a été l’objet d’une discussion entre Alassane Dramane Ouattara et Emmanuel Macron lors de la visite du chef de l’Etat ivoirien à l’Elysée, le dimanche 11 juin dernier. Entre autres sujets, les deux hommes avaient évoqué le soutien de la France à l’entrée de la Côte d’Ivoire au Conseil de sécurité des Nations unies en 2018 ; les questions de sécurité après le départ définitif de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci) et de lutte anti-terroriste dans la sous région ouest africaine. Le volet économique de leur entretien avait sensiblement porté sur la part de marché des entreprises françaises dans le projet de construction du ‘’métro’’ d’Abidjan d’un coût global d’un milliards d’euros. Projet porté par un consortium d’entreprises dont la française Bouygues…

Les jokers de Ouattara pour convaincre l’hôte de l’Elysée

Mais alors que ces sujets étaient inscrits à l’ordre du jour de la rencontre Ouattara-Macron, le bruit persistant de la probable libération du président Laurent Gbagbo siffle dans les oreilles du chef de l’Etat ivoirien. Ouattara en a souffert, indiquent-on de sources diplomatique françaises. C’est donc tout naturellement qu’Alassane Ouattara glisse entre les sujets économiques et militaires, celui qui lui donne des insomnies, à savoir « l’implication » dans le dossier Gbagbo, sinon « la pression » d’Emmanuel Macron sur les juges en vue de prolonger la détention de son ennemi juré. L’argument qu’aurait avancé le chef de l’Etat ivoirien aurait été que la libération de Laurent Gbagbo ne garantirait pas les intérêts français en Côte d’Ivoire. Les troubles consécutifs à cette libération de l’ancien président déchu, les débordements pourraient mettre à mal la paix sociale et l’équilibre des institutions de la République, auraient été entre autres arguments mis sur la table des discussions par le président du Rdr.

Pour toutes ces raisons avancées et pour bien d’autres, comme par exemple une éventuelle remise en question par Gbagbo de nombreux accords de coopération entre la Côte d’Ivoire et la France, qui font de l’ancienne puissance coloniale son premier partenaire économique dans la zone Cedeao devant le Nigeria, mais aussi l’inquiétante percée de la Chine …pour Alassane Dramane Ouattara, le président français Emmanuel Macron ne devrait pas rester les bras croisés. Avant que le « pire » (libération de Laurent Gbagbo) ne survienne, Macron doit agir et vite, si vraiment, il estime être la garant des intérêts français à l’étranger en général, en Côte d’Ivoire en particulier. Comme on le voit, cela fait beaucoup dans la balance en 45 minutes d’audience.

Réaction d’Emmanuel Macron

Mais face à cette doléance pour le moins inhabituelle dans une démocratie supposée, le nouveau président français, serait resté calme un moment, le temps que son hôte reprenne halène. Au finish, Emmanuel Macron a opté pour la « non ingérence » dans les affaires « judiciaires », relèvent une autre source contactée par letempsinfos.com, ce même vendredi 7 juillet, soit un peu moins d’un mois après la visite d’Alassane Ouattara au locataire du palais de l’Elysée. Le chef de l’Etat français arguant que si les juges ne trouvent rien à reprocher à Laurent Gbagbo, il ne reste plus qu’à dire le droit, dans l’équité. Emmanuel Macron selon toujours nos sources, ne verrait aucun inconvénient à la libération de quelqu’un, fut-il Laurent Gbagbo, surtout lorsque la justice le trouve innocent. En gros, le nouveau président français aurait plutôt montré de la méfiance vis-à-vis d’un tel dossier extrêmement sensible. Des sources proches africaines de l’Elysée ont bien peur que l’ingérence d’Emmanuel Macron ne fasse d’innombrables dégâts politiques qui en viennent à entacher un début de mandat porté sur des chapeaux de roue. Surtout que tous les regards sont tournés vers ce jeune chef d’Etat en cette période trouble où des personnalités proches de lui sont mises en mises.

Ouattara et le ‘’bagage Gbagbo’’ chez Merkel

C’est donc tout déboussolé qu’Alassane Ouattara s’est rendu à Hambourg en Allemagne, le lundi 10 juillet dernier. Aucune source n’indique si oui ou non, le chef de l’Etat ivoirien s’est pas déplacé avec son ‘’dossier Gbagbo’’. Cependant, l’on sait que la Grande Chancelière qui recevait les dirigeants Africains en perspective du Sommet du G20 qu’elle préside, a lancé à la figure des chefs d’Etat africains dont l’Ivoirien Alassane Ouattara que : « S’il y a trop de désespoir en Afrique, alors évidemment des jeunes vont se dire qu’ils vont aller chercher une nouvelle vie ailleurs ». Avait en effet déclaré La Chancelière Angela Merkel appelant à  « un partenariat économique avec l’Afrique et à œuvrer à la paix et la sécurité sur le continent ». C’était à deux jours de la conférence des responsables Africains et investisseurs invités à œuvrer de concert « pour stimuler l’investissement privé dans le cadre d’une initiative du G20 baptisée « Compact with Africa ». » Comme on le voit, les dirigeants européens ont d’autres chats à fouetter et pour eux chaque dirigeant africain devrait se concentrer sur des questions vitales plutôt que d’empêcher la justice de faire son travail.

Ouattara sonné par ses avocats JP Benoit et JP Mignard

Alassane Ouattara revient donc en Côte d’Ivoire tout désillusionné à l’issue d’une mission soldée par un chou blanc. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, les avocats de l’Etat de Côte d’Ivoire et les siens aussi vont pondre des déclarations sur cette éventualité tant redoutée, à savoir la libération de l’otage de la Cpi. Me Jean-Paul Benoit et Me Jean-Pierre Mignard, avocats de la Côte d’Ivoire s’ouvrent à Jeune Afrique, le lundi 3 juillet dernier et font des révélations fracassantes sur l’issue du procès de Laurent Gbagbo devant la CPI. Parlant notamment de la libération probable de l’ancien président ivoirien, Jean Pierre Mignard dit ceci : « Le débat est ouvert. Le but n’est pas de faire souffrir M. Gbagbo, mais de faire en sorte qu’il reste à la disposition de la justice. La chambre d’appel prendra sa décision sur des critères objectifs. »

Il est adoubé par son collègue Jean Paul Benoit : « j’imagine que l’on s’orienterait non pas vers une libération conditionnelle mais plutôt vers une assignation à résidence surveillée. C’est ce que la Cour et le procureur pourraient envisager. Mais, à mon avis, si une assignation à résidence était décidée, elle devrait être très encadrée, garantir la représentation de Laurent Gbagbo devant la Cour et sa sécurité et qu’elle ne provoque pas des troubles graves à l’ordre public dans un certains nombres de pays africains, notamment en Côte d’Ivoire. » Deux jours après leurs propos dans le journal Jeune Afrique, les deux avocats français sont sommés par le régime ivoirien d’édulcorer leurs révélations qui sonnent comme une « victoire » pour Laurent Gbagbo et ses partisans. Mais aléa jacta este (le sort est jeté) et rien n’y fera. Alassane Ouattara qui est en train de boire le calice jusqu’à la lie devrait s’apprêter à assumer ses actes. Tous ses actes !

Par Simplice Allard-Guigrei

Source: letempsinfos.com

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