Procès de Gbagbo à la CPI: Quelque chose se prépare en France avant la reprise du proces le 9 mai

Procès de Gbagbo à la CPI: Quelque chose se prépare en France avant la reprise du proces le 9 mai

Il se prépare des choses en France, à quelques semaines de la reprise du procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé à la cour pénale internationale. Et pas seulement pour les deux Ivoiriens.

La reprise du procès de Laurent Gbagbo le 9 mai prochain à La Haye sonne comme une étape décisive dans la poursuite du procès de l’ancien président et son ministre de la jeunesse Charles Blé Goudé. Après une première partie au cours de laquelle le procureur de la CPI a eu du mal à étayer son accusation, mis à mal par ses propres témoins, McDonald a plus que jamais le dos au mur. Il compte désormais sur les anciens généraux de LaurentGbagbo qui risquent cependant d’avoir fort à faire lors du contre-interrogatoire.

Ces difficultés du procureur encouragent les partisans de l’ancien président.Ces derniers se mobilisent à La Haye à chaque début de son procès. Mais cette fois-ci, ils vont d’abord sacrifier au rituel de l’organisation de la marche européenne, devenue depuis quelques années un passage obligé pour les patriotes de la diaspora. Ils y participent, chaque année, pour appeler à une prise de conscience du panafricanisme dans chaque pays africain.

Selon les organisateurs, il y aura cette année encore une vraie démonstrationde force dans les rues parisiennes. Chaque ressortissant africain est attendu avec les symboles de son pays et singulièrement le drapeau national.

Les années précédentes, des pays inattendus comme le Brésil, le Costa Rica, le Vénézuéla étaient de la fête. Et comme les années précédentes, l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo sera la tête d’affiche de cette grande marche pour laquelle les Africains viendront de tous les pays d’Europe.

A une semaine de la reprise du procès, cette marche va confirmer la dimension historique du procès de l’ancien président dont la libération est de plus en plus demandée en Côte d’Ivoire par les forces qui y étaient hostiles. Signe des temps, le porte-parole du RDR, Joël N’guessan a montré sa réticence à témoigner contre l’ancien président et les ex-rebelles proches de Guillaume Soro estiment aujourd’hui qu’il faut des actions courageuses pour aller à la paix, accusant en creux Ouattara d’être un frein à la réconciliation.

Mais si l’on se mobilise autant pour Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, leur principal ennemi Nicolas Sarkozy est dans un trou noir, abandonné par ses propres amis. L’un d’entre eux, Jean-Louis Debré, ancien président du conseil constitutionnel l’a attaqué de manière frontale dans son livre intitulé « ce que je ne pouvais pas dire au conseil constitutionnel» qui doit paraître. L’ancien président, ami de Chirac estime que Nicolas Sarkozy n’a pas le sens de l’Etat. Homme d’un clan, «Sarkozy nous joue l’éternel revenant qui s’accroche», affirme Debré pour qui l’ancien président «devrait prendre acte que c’est fini pour lui».

Selon le journal Libération qui revient sur les déboires judiciaires de l’ancien président français, Sarkozy a désormais quelques mois pour que son sort soit scellé par la justice. Cinq ans plus tôt, personne ne pouvait s’imaginer pareil renversement du cours de l’histoire. Avec, d’un côté Laurent Gbagbo, certes emprisonné à la CPI mais plus proche de la sortie et, de l’autre, Nicolas Sarkozy libre mais si proche de la déchéance. Comme quoi, le temps est vraiment un autre nom de Dieu.

Sévérine Blé

Source: Aujourd’hui N° 1098

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