Procès des pro-Gbagbo aux assises d’Abidjan: Simone Gbagbo fait trembler la Cour

Procès des pro-Gbagbo aux assises d’Abidjan: Simone Gbagbo fait trembler la Cour

Comme il fallait s’y attendre, Simone Gbagbo est passée au procès en Assises des pro-Gbagbo. Il est venue, elle a dit ses vérités au régime et à ses soutiens extérieurs. En somme, Simone reste la femme digne que les ivoiriens ont toujours aimée.

La comparution de Simone Gbagbo devant la Cour d’Assises ce lundi 23 février 2015 a été la plus longue de toutes les audiences. Car, elle a duré près de 10 heures. Débutée à 11 heures avec du retard, elle s’es achevée à 21h 30. Arrivée dans la salle autour de 10 heures 50, Mme Gbagbo s’est vêtue d’une robe verte fleurie assortie de designs marrons, tenant la main de Me Dadjé Rodrigue qui avait à sa droite, Me Habiba. Mme Gbagbo a salué les cadres du Fpi et collaborateurs du Président Gbagbo qui sont venus la saluer. Notammlent, Douati Alphonse, Kuyo Téa Narcisse, Dacoury Tabley Philippe, Jean Jacques Béchio, Michel Gbagbo, Gnamien Yao, Ettien Amoikon, Odette Lorougnon, Sokouri Bohui, Dassé et des militants anonymes.

Avant le début de l’audience, la défense a déposé des conclusions à la Cour. Conclusions relatives à l’immunité parlementaire dont bénéficie sa cliente en sa qualité de député de la Nation. Il s’appuie sur les articles 315 et 316 du Code de procédure pénale et les articles 68 et 59 de la Constitution. Pour dire que Mme Gbagbo ne peut être poursuivie que sur autorisation du bureau de l’Assemblée nationale. « Le 16 décembre 2000, élue député d’Abobo, et le 19 septembre 2002, il y eu un coup d’Etat. Alors que le 15 décembre 2005, le Conseil constitutionnel a décidé que l’Assemblée nationale demeure en fonction jusqu’aux prochaines élections. (…) il faut donc que la Cour annule les poursuites judiciaires engagées contre la député. Et ordonner sa mise hors de cause d’autant que de décembre 2000 au 11 décembre 2011, elle était toujours député », a plaidé Me Dadjé. Qui malheureusement n’a pas été suivi par le président de la Cour, Tahirou Dembélé. Qui avait suspendu l’audience pendant 45 minutes avant de prendre sa décision. Pendant cette suspension, Mme Gbagbo a reçu les salutations des personnalités citées plus haut. Elle a même tapoté les joues du ministre Douati. Lui disant qu’il avait pris un peu plus de poids. Tenez-vous bien, un garde pénitentiaire s’est même mis dans le rang pour lui faire ses civilités. «Je vais très bien. Et vous allez m’entendre à satiété. Je dirai ma part de vérité», a dit Mme Gbagbo à certains journalistes qui sont venus la saluer également.

Le cours magistral de Simone Gbagbo Effectivement, Simone Gbagbo parlé sereinement et a dit sa part de vérités. Qui d’ailleurs, si on était dans un Etat de droit et un pays démocratique, vaut son pesant d’or dans la résolution de la crise postélectorale de 2010. D’entrée, l’ex-Première Dame note que les accusations portées contre elle, ne coïncident pas avec ceux évoqués par le président de la Cour. Ce que ce dernier reconnait tout honteusement. Se confondant en excuses pour soutenir que : « La Cour a commis cette erreur en ajoutant les faits de tribalisme, xénophobie et usurpation de titres». Cette mise au point faite, Mme Gbagbo en chrétienne pieuse, a partagé les douleurs des Ivoiriens. « Depuis 4 ans, c’est la première fois que je prends la parole. Je salue la mémoire de toutes les victimes décédées durant cette période douloureuse que traverse encore notre pays. Je compatis à la douleur des blessés, des personnes qui ont perdu leurs biens. Je salue tous ceux qui aujourd’hui sont en exil à cause de la crise postélectorale de 2010 », s’est sagement exprimée l’ex-député d’Abobo. Poursuivant, elle se dit ravie de comparaître aujourd’hui afin dire sa part de vérités.

Son exposé concerne le déroulement des élections, la crise postélectorale de 2010, la prise du pouvoir par Ouattara, les conditions de mon arrestation et les chefs d’accusation. Sur le premier point, Mme Gbagbo évoque qu’à la veille du deuxième tour, Ouattara et le Président Gbagbo se sont engagés par écrit à accepter le verdict des urnes tel que proclamé par la Cei et le Conseil constitutionnel. « La Cei avait 3 jours jusqu’au 1er décembre 2010 pour proclamer les résultats provisoires. Sinon, elle serait forclose. Le premier décembre 2010, Youssouf Bakayoko a confirmé cela en disant qu’il poursuit son travail et qu’il n’a communiqué aucun résultat parce que son travail n’est pas achevé. Les résultats tardaient à venir. Et pour cela, Ouattara a écrit au président de la Cei ce premier décembre 2010. Le Président de la France, Nicolas Sarkozy va également s’autoriser à adresser une correspondance au président de la Cei. Il l’exhorte au prononcé du verdict des urnes et que lui et l’Union européenne allaient le soutenir et faire respecter la volonté du peuple ainsi que sécuriser les nouvelles autorités qui prendraient fonction », s’étonne Mme Gbagbo. Qui précise également que Sarkozy reconnait que les résultats dont il demande la publication rapide par Youssouf Bakayoko, ne sont que provisoires.

Cependant : « Comment sait-il ce qui va se passer en Côte d’Ivoire quand il parle de nouvelles autorités ? Lui seul le sait. Sans proclamer de résultats provisoires, le président de la Cei transmet le dossier au Conseil constitutionnel. Sans proclamer les résultats provisoires, je suis formelle », s’interroge-t-elle. Poursuivant, elle rappelle que le 2 décembre 2010, le Conseil constitutionnel a dessaisi la Cei. Et de marteler que « C’est erroné de dire que le Conseil constitutionnel s’est autosaisi ». Ce même 2 décembre 2010, grande a été la surprise de Mme Gbagbo de voir Youssouf Bakayoko aller proclamer des résultats provisoires au quartier général de campagne d’un candidat. « De manière surprenante, M. Bakayoko est allé proclamer ces résultats devant la presse française au Qg de campagne de Ouattara. Cette déclaration intervient trois jours après la clôture du scrutin. Et hors de la Cei. Pourtant, elle avait transmis les procès verbaux et dépouillement au Conseil constitutionnel. Sa déclaration au Quartier général d’un candidat est donc nulle. Il n’a jamais justifié d’un procès verbal», insiste Simone Gbagbo.

Ces résultats d’ailleurs provisoires produits par le président de la Cei, ne peuvent servir de base pour déclarer un candidat vainqueur des élections, ajoute-t-elle. « Le 03 décembre 2010, le Conseil constitutionnel a déclaré Laurent Gbagbo vainqueur des élections conformément aux textes. Et l’article 98 de la Constitution stipule que les décisions du Conseil constitutionnel ne sont susceptibles d’aucun recours. Elles s’imposent aux pouvoirs publics, aux autorités administratives, juridiques et militaires. Le débat sur le vainqueur de la présidentielle est clos avec la décision du Conseil constitutionnel. Et c’est Laurent Gbagbo est le vainqueur des élections. Le seul gouvernement légitime était celui mis en place par Laurent Gbagbo. Parce qu’il avait déjà prêté serment. Quelque soit le gouvernement de Ouattara, il ne pouvait être valable qu’après sa prestation de serment», signe l’ex-député. Au niveau de la crise elle-même, Mme Gbagbo informe la Cour qu’elle est née du « refus de respecter le choix du peuple et la décision du Conseil constitutionnel».

Elle met en exergue ici, les interventions abusives et intempestives de la communauté dite internationale. Notamment sur le cas de la certification de l’Onu sur les élections. « Le secrétaire général de l’Onu a dit que le rôle de l’Onu, n’est pas de se substituer aux prérogatives des Institutions ivoiriennes concernant les différents aspects du processus électoral. Cette certification porte sur les différents aspects du processus. Elle ne vient que se greffer sur l’ensemble des dispositions. La certification avait une mission d’évaluation des différents aspects selon les normes internationales. En aucun cas, M. Choi n’a ni la compétence pour dépouiller, ni pour proclamer les résultats. Ses déclarations ne prévalent pas sur les prérogatives des Institutions nationales. Choi a transgressé ses prérogatives et a fait déraper tous les débats en Côte d’Ivoire », assène Mme Gbagbo. Quant à la France, elle a pris ouvertement partie dans la crise, note-t-elle. «Comme il fallait s’y attendre, Simone Gbagbo est passée au procès en Assises des pro-Gbagbo. Il est venue, elle a dit ses vérités au régime et à ses soutiens extérieurs. En somme, Simone reste la femme digne que les ivoiriens ont toujours aimée.

Simone Gbagbo fait trembler la Cour, Mme Gbagbo a fait une véritable leçon de Droit à la Cour.

La France s’est ingérée dans le débat ivoirien de mille manières. A travers notamment la lettre de Sarkozy. De quoi se mêle-t-il ? C’est un débat ivoirien. L’ingérence de la France s’est vue aussi avec les bombardements de ses aéronefs. Elle a assisté la rébellion dans ses attaques contre l’armée ivoirienne. Elle a accentué la crise en encourageant Ouattara à user de la violence et en incitant à la prise de résolutions onusiennes et européennes visant à établir des embargos. La France a également bombardé la résidence présidentielle alors qu’aucune résolution de l’Onu ne lui donnait ce pouvoir. La France voulait éliminer physiquement Laurent Gbagbo. Tout cela était prémédité », révèle Mme Gbagbo. Elle fait cas notamment du livre intitulé « Ca reste entre nous hein ! », sorti en France. Et dans lequel, Sarkozy fait des confidences sur l’action de la France en Côte d’Ivoire durant la crise postélectorale de 2010. Pour la gouverne de la Cour, elle lit sa citation : « Quand j’ai pris le soin à intervenir en Côte d’Ivoire. On a sorti Laurent Gbagbo, on a installé Alassane Ouattara sans aucune polémique, sans rien », finde citation.

Mme Gbagbo épingle également le refus de Ouattara. « Il a signifié un premier serment au Conseil constitutionnel par écrit. La loi ivoirienne prescrit la prestation de serment devant le Conseil constitutionnel qui se réunit en session solennelle. Le 22 décembre 2010, le Conseil constitutionnel a déclaré nul et de nul effet la prestation de serment par écrit de Ouattara et que ses actes n’engagent pas la Côte d’Ivoire. Les rebelles de Ouattara et de Soro aidés par l’Onuci et la force Licorne ont fait des descentes sur Abidjan. Pour massacrer les populations et piller et incendier les villas. Nous avons aussi constaté les embargos économiques », indique- t-elle.

Comment Ouattara a pris le pouvoir ?

Mme Gbagbo a développé cet aspect dans son exposé. «Après notre avoir capturée Gbagbo et moi, le Conseil constitutionnel proclame Ouattara Président de la République. Pourtant, le Conseil constitutionnel n’a pas été saisi selon l’article 59 de la Constitution. Donc comment peut-il rendre une décision sans être saisi au préalable ? Le Conseil constitutionnel ne s’est pas dédit par rapport à sa décision du 03 décembre 2010 déclarant Gbagbo vainqueur des élections de 2010. Alors que dans sa décision du 4 mai 2011, il a pris acte d’une situation et proclamé Ouattara Président de la République », fait remarquer Mme Gbagbo. D’autant que le Conseil constitutionnel en vertu de l’article 94 ne proclame pas quelqu’un Président de la République. Le 4 mai 2011, c’est une décision politique de légitimation du candidat perdant soutenu par la communauté internationale», persiste Mme Gbagbo. À partir de ce moment, elle s’interroge de savoir comment peut-elle être poursuivie sur la base d’une décision politique ? Une décision « qui ne conteste pas d’ailleurs la victoire du Président Gbagbo et la légitimité de son gouvernement », ajoute Simone Gbagbo. Comment peut-elle être poursuivie alors qu’elle a respecté la décision du Conseil constitutionnel, se demande-t-elle encore.

Mme Gbagbo démontre que Ouattara a abusé des dispositions constitutionnelles. « Ouattara a encore prêté serment le 06 mai 2011 devant le Conseil constitutionnel en une session solennelle. Le 21 mai 2011, il s’est fait investi. S’il avait donné une valeur à sa première prestation de serment par écrit, pourquoi prête-t-il de nouveau serment le 6 mai 2011 ? Pourquoi ? Pourquoi ? La deuxième prestation de serment est superfétatoire si le premier serment par écrit était valable », enseigne-t-elle. Elle ne comprend pas pourquoi « parce que brusquement la même Institution avec les mêmes hommes fait prêter serment à Ouattara, cela devient crédible devant la communauté internationale lorsqu’elle proclame Ouattara Président ».

Pour l’histoire et l’éclatement de la vérité, Simone Gbagbo reste formelle pour signifier haut et fort que : « Laurent Gbagbo était bel et bien le Président élu de la République de Côte d’Ivoire jusqu’au 6 mai 2011 ». C’est le 11 avril 2011 à la résidence présidentielle qu’elle a été arrêtée dans une violence inouïe. « Après les bombardements pendant 11 jours, sur la résidence par la France, j’ai été arrêtée et battue avec une violence inouïe et envoyée au Golf. Je ne vais pas trop entrer dans les détails, car il faut avancer. Le 22 avril 2011 à 2 heures du matin, j’ai été envoyée au Golf et conduite dans un véhicule jusqu’à Odienné. J’y suis restée enfermée dans une cour jusqu’au 1er décembre 2014. Ma détention était arbitraire du 11 avril au 16 août 2011, jamais je n’ai été assignée en résidence. Parce qu’il faut un décret présidentiel pour signifier cela à la personne concernée», se désole-t-elle.

Mme Gbagbo revient sur la violation de son immunité parlementaire devant cette cour. Elle en a mal le fait d’y penser. « Je persiste et je signe, mon immunité parlementaire a été violée. C’est un acte grave, car c’est un débat qui concerne le pays et va au-delà de ma personne », regrette-t-elle. Concernant les chefs d’accusation, Simone Gbagbo ne s’y reconnait pas du tout. « Aucun fait concret que j’aurais posé ne m’a été présenté. Je ne sais pas quels sont les actes matériels que j’ai posés. Durant l’’instruction qui a duré deux ans, aucun témoin n’a été confronté avec moi. En deux ans, le juge d’instruction ne m’a auditionnée qu’une seule fois. Je suis devant vous à cause d’une seule question relative à une rencontre avec des femmes (elle lit la question)», s’étonne-t-elle.

Poursuivant, Mme Gbagbo soutient que toutes ses rencontres étaient ouvertes et couvertes par la presse. « J’ai dit à ces femmes de résister à la pression des embargos en organisant la solidarité efficacement. Je l’avais déjà fait en 2002. Notamment avec les femmes du vivrier afin d’éviter la famine », précise l’ex-Première Dame. Elle s’interroge encore de savoir comment une telle question peut-elle la conduire devant les Assises pour des crimes assez graves ? Elle clôt son propos par des remerciements à 13 heures 30. Simone face aux questions Face aux questions de la Cour, du parquet général et des avocats de Ouattara, Simone Gbagbo est restée constante et convaincante. Elle martèle au président de la Cour que le Président Gbagbo est le candidat élu et investi selon les normes.

A-t-elle eu connaissance des solutions à la crise ? Simone Gbagbo répond calmement : «Ouattara et la communauté internationale ont demandé à Laurent Gbagbo de quitter le pouvoir. Laurent Gbagbo a proposé le recomptage des voix parce qu’il recherchait des solutions, la vérité des urnes. Le débat n’était pas achevé au moment où les bombardements ont commencé le 30 mars 2011», martèle Simone Gbagbo. Au président, elle soutient que la décision du Conseil constitutionnel proclamant le Président Gbagbo vainqueur, suffisait à elle seule pour régler la crise. Mais malheureusement : «l’adversaire ne voulait pas se soumettre au Conseil constitutionnel. C’est pourquoi, il y a eu les négociations. Laurent Gbagbo ne doutait pas de sa victoire et ne cherchait pas un arbitrage en demandant le recomptage des voix », insiste-telle. Elle indique à la barre que le juge d’instruction lui a fait écouter une bande audio dans laquelle, elle disait « oh honte Cedeao », au cours d’un meeting au Palais de la culture. Mme Gbagbo explique que ce n’était pas un appel à la violence ou à la haine. La résistance qu’elle a menée, a plutôt servi « aux populations de manger».

Simone Gbagbo fait savoir aux avocats de l’Etat de Côte d’Ivoire que leurs questions sont bizarres et insidieuses. « Je trouve vos questions bizarres. Je ne savais pas ce qu’il y avait comme chiffres dans les résultats que le représentant du Fpi a déchiré à la Cei. Quand le Conseil constitutionnel a parlé de quel droit, un Ivoirien peut-il s’y opposer ? Où on va ? Où on est ? Quelle Côte d’Ivoire veut-on bâtir si des juristes contestent la décision du Conseil constitutionnel ? Quelle Côte d’Ivoire ? C’est quand même le Conseil constitutionnel! Je demande pardon, si on ne respecte pas notre fétiche, qui va le faire à notre place ? », s’indigne Mme Gbagbo.

Me Ouattara Sounkalo va être ridiculisé lorsqu’il dit que la certification onusienne a pourtant déclaré Ouattara vainqueur et qu’elle était au-dessus des lois ivoiriennes. La réponse de Mme Gbagbo, cinglante ne s’est pas fait attendre. « Ce n’est pas vrai, la certification n’est pas au-dessus de la Constitution. Que cet avocat parte reprendre ses cours de droit. C’est un conseil d’enseignante», conseille-t-elle à cetavocat qui est coutumier à ce type de dérapages. La salle se surprend à applaudir le conseil de l’accusée. Pour la gouverne de ce dernier qui est passé maître dans l’art de menacer les journalistes en Côte d’Ivoire que : « Le 13è rapport de l’Onu du Conseil de sécurité a bien signifié que la certification de l’Onu ne peut se substituer aux prérogatives qui appartiennent aux Institutions nationales. A aucun moment, la certification ne donne droit à Choi de proclamer les résultats provisoires donnés par Youssouf Bakayoko. Choi est allé trop loin. Ses résultats étaient différents de ceux produits par le président de la Cei. Il ne faut pas que nous-mêmes, nous piétinions la souveraineté de notre nation », conseille Mme Gbagbo à la Cour.

Lisant une citation tirée d’un journal proche de Ouattara, Me Sounkalo tient Mme Gbagbo pour responsable d’un fait grave qu’elle aurait commis selon lui. Ce qui déplait à Mme Gbagbo qui le signifie au président de la Cour. Qui a fait annuler la question. Simone Gbagbo a donc demandé à la Cour ceci : « M. le président, est-ce que votre Cour peut-elle recevoir une plainte en diffamation et pour propos calomnieux contre cet avocat ? », a-t-elle demandé au président qui a répondu positivement. Elle fait comprendre aux avocats de Ouattara qu’elle ne sait strictement rien de ce qui s’est passé à la Cei pendant le déchirement des procès verbaux par un représentant du Fpi. Dans ses réponses, Simone Gbagbo a noté que les élections sont régies par la Constitution et les textes de loi. En demandant à la partie civile de lui fournir la liste des armes lourdes qu’elle aurait trouvées à la résidence présidentielle.

Le slogan « Oh honte Cedeao », explique Mme Gbagbo n’est pas une invite à la haine, la xénophobie ou aux tueries. Car, la Côte d’Ivoire est elle-même membre de cette communauté. On lui reproche d’avoir assisté à un meeting de Blé Goudé. « En quoi assister au meeting de Blé Goudé est une incitation à la violence et aux tueries massives ? Que les avocats de la partie civile prouvent qu’on y a tenu des propos violents. Vous savez, M. le président, je tiens à ma réputation, à celle de mes enfants. Celui qui m’accuse de tueries massives, doit m’apporter les preuves ou qu’il se taise. On n’est pas ici pour faire des incantations », prévient-elle. Abobo était dangereux pour les militants de Lmp, révèle Mme Gbagbo. Elle a donné le cas d’un ambulancier qui a été brûlé vif dans son véhicule à Abobo. Alors qu’il est allé secourir sa famille.

A la résidence présidentielle, il n’y avait en tout que 200 personnes, tranche Mme Gbagbo devant la barre. Des amis du Président Gbagbo, leurs enfants, le personnel de maison, les petits-enfants, leurs gardes rapprochées, Mme Gbagbo et le Président Gbagbo. Simone Gbagbo recadre un des avocats de Ouattara qui soutient que c’est le Président Gbagbo qui a dit qu’il rendrait le pays ingouvernable. « Laurent Gbagbo n’a jamais dit cela. Fouillez bien dans vos archives », conseille-t-elle. Mme Gbagbo rappelle à la Cour que : « Je n’ai pas posé d’actes hostiles à un gouvernement qui n’existe pas ».

Sur ce, la Cour suspend l’audience parce que le parquet général dit détenir des éléments vidéos de meetings de Mme Gbagbo au palais de la culture et au parc des sports de Treichville. Les avocats de la défense s’y opposent. D’autant que ces éléments n’ont pas été versés à l’instruction durant la procédure. Finalement, pour contenter la partie civile, le président de la Cour a autorisé leur diffusion. Demain la suite de l’audience qui a ébranlé le régime Ouattara.

Source : Le Temps

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