Procès des pro-Gbagbo: Venu témoigner contre un accusé, Traoré Ibrahim, un ex-combattant se déchaîne contre Guillaume Soro

Procès des pro-Gbagbo: Venu témoigner contre un accusé, Traoré Ibrahim, un ex-combattant se déchaîne contre Guillaume Soro

Venu témoigner contre un accusé qui aurait commis le 26 février 2011 des exactions contre les populations d’Abobo Avocatier Château, Traoré Ibrahim a affirmé ce lundi à la barre que l’épouse de l’ex-chef de l’Etat ivoirien aurait tenté de le corrompre au deuxième tour de l’élection présidentielle 2010.

Responsable de la sécurité des urnes du RDR d’Avocatier à PK18, Simone Gbagbo lui aurait remis une enveloppe qu’il a refusé.

Traoré Ibrahim a également révélé qu’il a combattu aux côtés des Forces nouvelles en 2002 et qu’il était l’élément d’un des chefs de la rébellion du nom de Kass.

Tout en reconnaissant qu’il n’avait jamais assisté à des exactions commises par l’accusé, N’Guessan N’Guessan Venance alias jumeaux, le témoin a déclaré.

“Jumeaux ne m’a rien fait. J’ai même sauvé sa vie. (…) Madame Gbagbo m’a remis une enveloppe d’argent que j’ai refusé. J’ai juré sur le coran de ne pas trahir mon parti, donc je ne pouvais pas prendre cet argent. C’est son aide de camp qui m’a remis l’enveloppe, ” a-t-il expliqué.

Député d’Abobo au moment des faits Simone Gbagbo a voulu acheter son silence parce qu’elle voulait selon lui faire voter des personnes qui ne figuraient pas sur la liste électorale.

“Il y avait deux listes électorales. J’ai refusé que certaines personnes ne votent. Après le vote les urnes devaient être convoyées au Collège moderne d’Aboko. C’est ce que j’ai fait avant de me rendre au Golf,” a ajouté Traoré Ibrahim, précisant au passage qu’il était menacé de mort dans son quartier pour l’acte qu’il avait posé.

A la question de la défense pourquoi il s’ était rendu au Golf, le témoin a poursuivi.

“J’ai pris les armes en 2002. J’étais sous les ordres de Kass. A sa mort je suis revenu à Abidjan pour gagner ma vie. Quand j’ai déposé les urnes au Collège moderne d’Abobo. Je me suis rendu au Golf parce que ma vie était menacé et mon unité m’avait fait appel. Une fois au Golf on nous a distribué des armes.”

Pourquoi avez vous pris les armes? Embarrassé certainement par cette question de la défense, le témoin a craqué.

Je voudrais que les avocats demandent à Soro Guillaume pourquoi, il nous a donné les armes,” a répondu Traoré Ibrahim.

En plus de jumeaux, un sergent de police a également comparu à la barre ce lundi. Du nom de Mel N’Da Guy, il est reproché a ce dernier d’avoir contribué à l’enlèvement de sep membres d’une même famille à Yopougon Niangon Accademie le 10 avril 2011, c’est à dire à la veille de l’arrestation de l’ex président ivoirien Laurent Gbagbo qui sont à ce jour introuvables

Le sergent de police a nié les faits qui lui sont reproché en dépit des témoins qui ont essayé de le confondre dans leurs différentes déclarations.

Des accusés décrient les pratiques de détention à DST et à l’école de police

Depuis l’ouverture des assises d’Abidjan les déclarations des accusés ayant transité à la Direction de la surveillance du territoire (DST) diffèrent de celles du juge d’instruction.

En tout cas, tous ceux qui sont passés à la barre jusqu’à ce jour ne reconnaissent pas les procès verbaux qu’on leur a fait signer pendant leur détention à la DST.

On a l’impression que tous les accusés qui sont passés à la barre et qui sont dans cette situation ont été contraints de faire certaines déclaration au risque de leur vie.

Cette situation a été soulevée par la défense qui a suggéré au président de la cour d’assises, le juge Dembélé Tayrou de ne considérer que les déclarations faites au cabinet d’instruction puisque tous les accusés s’ accordent à dire que des aveux leur sont arrachés à la suite des tortures.

“Certains accusés font des aveux à des heures tardives et ont les oblige de signer les procès verbaux au péril de leur vie. Ils sont obligés de dire ce que l’officier veut entendre,” a déploré un avocat.

Le juge a pris acte de l’observation faite par cet avocat  et a promis se prononcer sur ce sujet le 28 de ce mois.

Des accusés dénoncent également les conditions de détention à l’école de police nationale, comme c’est le cas du sergent de police qui a été entendu ce lundi.

Ce dernier a affirmé que les droits élémentaires des détenus sont bafoués. Selon lui depuis qu’il est en détention dans ce lieu, il n a jamais reçu la visite d’un proche encore moins sa compagne qu’il a abandonné avec son enfant au moment de son arrestation.

Par ailleurs koaci.com a constaté depuis l’ouverture du procès aux assises que le tribunal ne s’est pas attaché les services d’un interprète alors que des témoins ont du mal à s’ exprimer en français, comme c’était le cas aujourd’hui.

Il a fallu qu’un journaliste se prête volontiers a ce service pour donner un coup de main à la cour, même si par moment ces interprétations sortaient du cadre de ce que voulait exprimer le témoin.

Certainement que la cour va remédier à cette situation en s’ attachant les services d’un vrai interprète ne serait ce que pour le temps des assises.

Wassimagnon, Abidjan

Source: Koaci.com

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Témoignage contre Simone Gbagbo accusée de « tripatouillage en 2010″

L’un des témoins a avoué, hier, avoir échappé à une tentative de corruption orchestrée par l’ancienne première Dame, Simone Gbagbo, qui voulait tripatouiller les résultats de la présidentielle de 2010.

Ce n’est pas encore son tour de passer à la barre. Mais l’ex-Première dame, Simone Ehivet Gbagbo, a été citée, hier, par Traoré Ibrahim, un témoin qui l’accuse d’avoir tenté de tripatouiller les résultats de la présidentielle 2010. Appelé à la barre, cet ancien responsable de sécurité des bureaux de vote à Abobo a révélé que la Dame de fer, déterminée à tout pour préserver le fauteuil de son époux lui a proposé «une enveloppe».

L’objectif, selon Ibrahim, était de permettre à plusieurs personnes qui n’étaient pas sur les listes électorales de voter. Une manière de faciliter le bourrage des urnes. C’était selon lui, le soir du 28 novembre 2010, après le second tour des élections. Il témoignait contre N’Guessan N’Guessan Venance dit «Jumeau» accusé d’avoir participé à une bande armée, d’avoir extorqué des fonds, blessé et tué des personnes. «Elle est venue me voir parce que c’est moi qui assurais la sécurité des bureaux de vote à Abobo. Je lui ai dit que j’ai empêché des jeunes LMP d’introduire une seconde liste dans les bureaux de vote. Après un tour dans tous les bureaux de vote d’Abobo, elle m’a remis, par l’intermédiaire de son aide de camp, Séka Séka, une enveloppe», explique Ibrahim. Il ajoute avoir refusé de prendre cette enveloppe parce qu’il avait juré de ne pas trahir les responsables du RDR qui l’avaient envoyé pour sécuriser les lieux de vote et assurer le transport des urnes.

«Le lendemain des jeunes de LMP parmi lesquels l’accusé N’Guessan N’Guessan Venance ont saccagé mon kiosque et ma voiture. J’ai même reçu une balle au genou qui heureusement, ne m’a pas transpercé. C’est après cet incident que je me suis retrouvé à l’hôtel du golf», poursuit-il. Malgré cela, indique le témoin, il a trouvé la force de pardonner à celui qu’il désigne comme son bourreau. Allant jusqu’à le protéger lorsqu’il décide de revenir s’installer au quartier, Abobo Avocatier, après la crise. «Il est venu me voir avec sa mère pour me demander pardon. Je lui ai dit que moi je lui avais déjà pardonné mais qu’il parte voir les parents de ses victimes et certaines de ces victimes qui sont encore en vie», ajoute Traoré Ibrahim.

D’autres témoins appelés à la barre ont enfoncé N’Guessan N’Guessan Venance. Keita Ténin l’accuse d’avoir tiré, le 26 février 2011, sur sa fille. « C’est « Jumeau » qui a
tiré et la balle a atteint ma fille qui est encore vivante grâce à Dieu », raconte Ténin. Ouattara Aboubacar indique également avoir reçu une balle.

Selon lui, c’est «Jumeau» qui en est l’auteur. « Je l’ai vu, je l’ai reconnu par ses habillements», charge Aboubacar. Sangaré Mariam lui reproche, quant à elle, de lui avoir extorqué la somme de 600.000 Fcfa avant de tuer un ressortissant malien qui dormait. Le prévenu qui reconnaît la plupart des témoins nie cependant les faits qui lui sont reprochés. Le second accusé appelé à la barre, est un Sergent de Police de la Compagnie républicaine de sécurité (Crs), Mel N’Da Guy. «On vous reproche, avec d’autres camarades en armes, d’avoir fait irruption, le 10 avril 2011, dans une cour à Yopougon Académie où vous avez enlevé 7 personnes. Ces personnes sont portées disparues jusqu’à ce jour. Qu’avez-vous à dire pour votre défense ?», demande le juge, Tahirou Dembélé.

Et le prévenu de répondre : « Je ne reconnais pas les faits». Mais Coulibaly Inza, un témoin qui dit avoir échappé bel et bien à cet enlèvement, n’hésite pas à l’enfoncer. «Ils sont entrés dans la cour, on fait sortir tous les hommes. Ils ont pris tous nos téléphones et nous ont demandé de les suivre. Profitant d’un moment d’inattention, je me suis enfui. J’avais pu identifier Mel N’Da Guy car je le voyais déjà au quartier et il m’avait également arrêté à un barrage d’auto-défense » a-t-il soutenu. Traoré Inan, un autre témoin, confirme ces accusations. Indiquant être la sœur de quatre des personnes arrêtées et la mère d’un enfant de 13 ans qu’ils ont également amené avec eux. Après son témoignage, Inan visiblement bouleversée, s’écroule sur une chaise dans la salle d’audience. En larmes, elle sera soutenue par deux avocats qui la tiennent doucement et
l’aident à quitter la salle.

Ben Ayoub

Source: L’Expression

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