Procès du président Laurent Gbagbo: Attendu pour son témoignage à la CPI, le général Mangou Philippe enfermé à Abidjan depuis 10 jours

Procès du président Laurent Gbagbo: Attendu pour son témoignage à la CPI, le général Mangou Philippe enfermé à Abidjan depuis 10 jours

On était bien parti pour faire accélérer le procès de Laurent Gbagbo et Blé Goudé à la Haye. Les témoins se succédaient sans temps mort donnant ainsi un rythme soutenu aux audiences. Mais le séisme qui a secoué la CPI après les témoignages-vérités des généraux Brédou M’Bia et Edouard Kassaraté a fait tellement de dégâts dans le milieu de l’accusation que les supplétifs pouvoir Ouattara, Onu, France pro-sarkoziste, s’activent pour que les prochains témoins-clés à charge soient réellement et foncièrement hostiles à Laurent Gbagbo et son ministre Charles Blé Goudé. D’où le report du procès pour mieux les cadrer.

De fait, il se passe que le prochain témoin s’avère être le général de corps d’armée Philippe Mangou, l’un des éléments clés
du dispositif sécuritaire lors de la crise postélectorale. Ainsi, programmé pour le lundi 27 mars prochain, l’ex-chef d’etat major des armées, aujourd’hui ambassadeur de la Côte d’Ivoire au Gabon, est à Abidjan depuis dix jours en toute discrétion.

Est-il venu pour recevoir un «massage cardiaque», expression utilisée dans un certain milieu pour désigner des «consignes fermes» en vue de rendre un témoignage foncièrement hostile aux célèbres accusés de la Haye? Ou simple visite en famille avant le grand rendez-vous de la Haye. Toujours est-il que son départ pour la Haye ne saurait tarder, selon certaines indiscrétions qui indiquent qu’il attendait le retour du Général Kassaraté. Or celui-ci devrait être de retour en terre ivoirienne hier ou aujourd’hui.

Le témoignage tant attendu Le général Philippe Mangou sera donc à la Haye pour témoigner.

Le général Philippe mangou va donc dire sa part de vérité face à ces millions d’individus qui suivent le procès le plus médiatisé du monde. Le général Philippe Mangou va parler. Et c’est là que tout le monde l’attend.Tout le monde, c’est d’abord le pouvoir Ouattara et ses supplétifs qui ne cessent de prier pour que une seule occasion soit donnée à la procureure de montrer ce fameux plan commun pour lequel le président Laurent Gbagbo a été conduit devant la CPI. Et le dernier espoir demeure le témoignage de Philippe Mangou dont la dernière rencontre avec le Président Gbagbo est restée dans le mystère.

Tout le monde, c’est aussi et surtout tous ceux qui connaissent bien l’homme Gbagbo, incapable de faire du mal à son prochain. Le peindre autrement serait faire acte de mauvaise foi. C’est ainsi que malgré toutes les pressions qu’ils ont subies, Brédou M’Bia et Edouard Kassaraté sont restés constants dans leurs témoignages sur les bonnes dispositions humaines de Laurent Gbagbo pendant la crise : «Faites l‘effort de protéger les biens et les personnes».

En février 2016, quand le nom du général Philippe Mangou a été malencontreusement cité par le bureau du procureur comme faisant partie des prochains témoins, une réaction internationale s’était fondée à considérer l’ex-Cema comme un traitre. Ce qui a poussé le général mangou à réagir lui aussi. «Je reste serein et calme. J’avais moi-même envisagé de témoigner sans camouflage, car quand on a la vérité à dire, on ne se cache pas. Je veux parler, non pas pour faire condamner qui que ce soit, mais pour permettre aux Ivoiriens et à l’opinion internationale de connaître la vérité. Beaucoup de gens parlent sans savoir ce qui s’est réellement passé », avait-il déclaré avant de dévoiler, déjà, un pan de son témoignage : «Si encourager Monsieur Laurent Gbagbo le 11 mars 2011, à démissionner au moment où lui-même demandait mon avis sur la question, pendant que l’armée était à cours d’armes et de munitions, que les Ivoiriens mouraient et qu’ils ne pouvaient ni manger ni se soigner, c’est trahir, alors j’ai trahi». Et de tenter de se rattraper : «Qu’ils ne me jugent pas avant de m’avoir entendu ».

Qu’il en soit donc ainsi. Mangou a donc décidé de déposer «volontairement ». Même si, comme le souligne le conseiller en coopération internationale auprès du bureau de la procureure, Richard Nsanzabaganwa, «volontairement » est parfois relatif.

Parce qu’on a entendu des témoins déclarer avoir été contraints de témoigner «volontairement », sous la menace du bureau de la procureure.
Seulement, voilà! Ses prédécesseurs en qualité de témoins clé dans les aspects sécuritaires, que sont Brédou M’Bia et Edouard Kassaraté, ont déjà témoigné de ce qui a pu se passer durant la crise postélectorale. Kassaraté a même déclaré que c’est à mangou que tous les généraux rendaient compte en sa qualité de coordonnateur de toutes les opérations.

Le 27 mars prochain, si aucun grain de sable ne vient enrayer la machine de la CPI, Mangou va parler. Contrairement aux jeux olympiques, l’essentiel n’est pas de témoigner, mais de dire la vérité, rien que la vérité, pas des propos débités sous contrainte.

Un seul objectif : que la vérité soit connue

Source: La Voie Originale

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*