Procès en assises des pro-Gbagbo: Les avocats de l’Etat requièrent la détention à vie et 2000 milliards de dommages et intérêts

Des peines allant de 5 à 20 ans et même jusqu’à la prison à vie pour certaines infractions constitutives d’atteinte à la sureté de l’Etat. Des dommages et intérêts s’élevant à deux [2] mille milliards de FCFA (environ 3 milliards d’euros) que les accusés doivent payer solidairement. Telles sont les réquisitions du parquet général à l’encontre de Simone Gbagbo et de ses coaccusés dont Affi N’guessan, Sangaré Abou Drahamane, Joseph Marie Aké N’gbo, premier ministre du dernier gouvernement de Laurent Gbagbo. C’était ce lundi à l’ouverture de la phase des plaidoiries dans le procès de la crise postélectorale.

Deux heures et demie, c’est le temps qu’il a fallu pour en arriver là dans une audience qui a commencé avec trois heures de retard dues à des problèmes organisationnels. La cour a entendu la plaidoirie des avocats de l’Etat conduits par Me Soungalo Coulibaly connu publiquement comme l’avocat du Rdr. C’est d’ailleurs ce dernier qui a ouvert les débats dans une plaidoirie à relent politique retraçant le passé de la Côte d’Ivoire sous des angles choisis. L’homme à la toge voulait ainsi faire comprendre à l’auditoire le contexte historique du procès actuel. Aussi sa prestation était-elle empreinte de nostalgie quand il évoque la ‘’Côte d’Ivoire des infrastructures’’, la ‘’Côte d’Ivoire du café cacao’’ qui de son avis ont laissé la place à la Côte d’Ivoire de la violence depuis le discours de la Baule en 1990 suivi des revendications politiques en Côte d’Ivoire. Pour lui, il faut que la cour prenne une décision exemplaire pour que la Côte d’Ivoire redevienne ce pays envié qu’il était et que plus jamais ce qui s’est passé entre décembre 2010 et avril 2011 ne se reproduise.

Pour le reste c’est un long texte qui a été lu et dans lequel les avocats sont revenus sur les charges retenues contre les accusés : leur commission, leur déroulement et les conséquences pénales encourues. Ainsi, selon les avocats de l’Etat, ‘’toutes les infractions (d’atteinte à la sureté de l’Etat) sont bel et bien établies au regard des plaidoiries, au regard des déclarations à la barre, au regard des accusations et des témoignages’’.

Le « oh honte ! » de Simone Gbagbo constitutif de fait de xénophobie

Dans leur plaidoirie, les avocats de l’Etat ont énuméré les infractions et la manifestation de chacune d’elles sur le terrain. Ainsi, à l’encontre de Simone Gbagbo, l’accusation a été beaucoup plus prolixe. L’ex-première Dame aurait engagé sa responsabilité en soutenant directement ou indirectement certains meetings tenus à Abidjan. Plus précisément celui du palais de la culture de Treichville aux côtés de Blé Goudé peu après la formation du gouvernement Aké N’gbo.

Selon l’accusation Simone Gbagbo y aurait tenu des propos dans lesquels elle accablait le président de la France Nicolas Sarkozy (à l’époque des faits) et la Cedeao. « Oh honte Cedeao ! » Cette fameuse formule de Simone Gbagbo a été retenue par le parquet comme un acte de xénophobie car ayant incité, toujours selon l’accusation, les partisans de Laurent Gbagbo à s’attaquer aux ressortissants de la Cedeao. Sur sa lancée l’accusation estime également que les surnoms donnés à Mme Gbagbo comme « dame de fer » ou « dame de sang » font de celle-ci, une femme redoutable et rancunière.

Quant à Pascal Affi N’guessan, on lui reproche d’avoir déclaré avant même la proclamation des résultats que son parti s’opposerait par tous les moyens aux résultats de la Commission électorale indépendante (CEI) en raison des irrégularités. A la charge de Sangaré Abou Drahamane, la cour retient le fait qu’il se soit retranché comme bien d’autres à la résidence présidentielle de Cocody et ses propos selon lesquels, Alassane Ouattara n’a jamais été élu par le peuple de Côte d’Ivoire. Bro Grébé qui selon l’accusation a appelé la population à constituer un bouclier autour de la résidence de Laurent Gbagbo et organisé un meeting devant un camp de l’Onuci à Abidjan Cocody, est poursuivie pour xénophobie, rébellion, attentats contre l’autorité de l’Etat etc.

« C’est un procès de la honte »

Toutes les infractions constitutives d’atteinte à la sureté de l’Etat sont punies par le code pénal et les avocats ont invité la cour à « maintenir dans les liens de l’accusation » Simone Gbagbo et les autres cadres pro-Gbagbo, conformément aux articles 158, 159, 161, 164 et 165 du code pénal ivoirien.

Pour finir les avocats ont annoncé que l’Etat de Côte d’Ivoire se constituait partie civile à ce procès vu qu’il a subi plusieurs préjudices qui l’ont amené à s’endetter à plus de 300 milliards de FCFA pour reconstruire les infrastructures détruites. Quant à la Bceao nationale, elle subissait de son côté un préjudice de 300 milliards de FCFA, toujours selon les avocats. Les plaidoiries reprennent ce mardi avec l’entrée en scène des avocats de la défense. Mais déjà Me Rodrigue Dadjé et Habiba Touré dans une déclaration après la suspension de l’audience, estiment que « c’est un procès de la honte ».

Source: Connectionivoirienne

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