Procès Laurent Gbagbo: Quand Brédou M’Bia dévoile qu’il travaillait avec les forces rébelles et françaises en Côte d’Ivoire

Procès Laurent Gbagbo: Quand Brédou M’Bia dévoile qu’il travaillait avec les forces rébelles et françaises en Côte d’Ivoire

L’histoire retiendra d’abord que lorsqu’à l’issue d’une erreur technique, le substitute du procureur Eric Mac Donald balança au public que Brédou M’Bia, l’ex directeur général de la police nommé par Laurent Gbagbo, figurait sur la liste des témoins à charge contre lui, l’ancien patron de la police ivoirienne s’est empressé de démentir l’information.

«Je ne suis pas invité à la CPI. Ils ne m’ont jamais appelé, les gens de la CPI. Les gens racontent beaucoup de choses, mais je ne suis pas au courant de ce que je dois aller témoigner à la Cpi. Je suis à Abidjan, et personne ne m’a appelé. Donc, je n’ai rien à dire là-dessus, puisque c’est une affaire dont je ne suis pas au courant», a affirmé, la main sur le cœur, le général Brédou, Dg de la Police nationale sous Laurent Gbagbo.

Les mois ont passé. Puis on s’est rendu compte que Brédou M’Bia a menti aux Ivoiriens puisque depuis le 15 février 2017, il est assis devant la CPI pour témoigner contre le président Gbagbo. Par moment, il a senti la forte pression que ses propres mensonges font peser sur lui. Alors il se met à couler des larmes.

«Une fois j’étais mon bureau et les enquêteurs de la CPI m’ont appellé, me disant qu’ils enquêtent sur l’Etat de Côte d’Ivoire plus précisément sur la dernière crise passée. J’ai donc rendu compte à mon supérieur hiérarchique, qui est le ministre Hamed Bakayoko, lui qui m’a dit de répondre à la convocation. J’ai donc répondu a leur convocation et ce jour ils m’ont interviewé en audio. Toutes les fois furent en audio et c’est a une semaine que je devrais me rendre à la Cpi qu’ils m’ont envoyé la déposition écrite. Mais pendant ce temps, il m’avait dit de ne pas dire à quelqu’un que je temoignerais à la CPI. Ils m’avaient dit de garder le silence. Chose que j’ai faite. Ils sont venus à mon bureau, je leur ai donné tous les documents nécessaires, aujourd’hui je suis étonné de certains documents provenant d’autres collaborateurs que je n’ai même pas indiqué. Peut-être qu’à eux aussi ils leur ont dit de ne pas en parler à quelqu’un. Mais ces personnes, parmis lesquels figure un photographe, leur ont remis des documents sans mon consentement. C’est ce qui m’étonne à la CPI. C’est ici je me suis rendu compte de ce sale coup…..», regrette l’ex chef de la police nommé par Laurent Gbagbo

Les mensonges du général Bredou M’Bia pour enfoncer le président Gbagbo

En effet, alors qu’une vidéo le montre entrain d’instruire se éléments de prendre position pour le président Laurent Gbagbo parce que ce dernier a été déclaré president par la Cour Constitutionnelle de Côte d’Ivoire, monsieur Brédou M’Bia (62 ans), directeur général de la police nationale de 2008 sous Laurent Gbagbo jusqu’à son récent limogeage en janvier 2017 par Alassane Dramane Ouattara, affirme devant la CPI qu’il a fait cela par « mimétisme » avec les autres haut-gradés. Car le général Philippe Mangou, alors chef d’Etat-Major le lui aurait exigé.

« Le général Bi Poin et moi avons dit que ce n’était pas normal, que nous n’étions pas d’accord, et nous sommes repartis à nos bureaux. À 18h, on nous a rappelés en nous disant qu’on ne nous demandait pas notre avis mais de faire allégeance», soutient le général Bredou M’Bia. Et de préciser que l’ensemble des haut gradés du système de sécurité de Gbagbo lui ont demandé de quitter le pouvoir pour éviter les difficulté.

« Nous avons rencontré le président de la République et le ministre de la Jeunesse à l’époque, M. Blé Goudé, le ministre des Affaires étrangères, le ministre de l’Intérieur, le ministre de la Défense et les grands commandements. (…) Notre proposition était, si possible, de se retirer (…) pour éviter les difficultés. (…) Il n’a pas répondu, mais il a dit j’ai compris», a expliqué l’ex-Directeur général de la police sous Gbagbo

Bredou M’Bia révèle ses accointances avec le camp Ouattara et l’armée françaises

Le général Bredou M’Bia a également révélé avoir désobéit aux ordres du président Gbagbo lorsque celui-ci lui a demandé de limoger Youssouf Kouyaté en janvier 2011, alors adjoint du préfet de police d’Abidjan, pour ces accointances avérées avec le chef rébelle Chérif Ousmane.

«Pendant la période de guerre, le commissaire Kouyaté avait perdu son père. Il n’a pas pu se rendre à Bouaké, compte tenu de la situation de guerre. Et il a été représenté aux obsèques de son père par le commandant Chérif Ousmane qui était le chef de guerre de Bouaké. Et donc, tout de suite, ils ont établi une relation entre Kouyaté Youssouf et Chérif Ousmane. Voilà la raison qui m’a été donnée pour qu’il soit démis», a révélé le chef de la police de Gbagbo avant d’ajouter qu’il a réfusé d’exécuté cet ordre car selon lui, Kouyaté Youssouf n’avait « commis aucune faute ».

Sous le feu des questions de Maître Emmanuel Altit, le général Bredou M’Bia révéla comment il a déserté le système de sécurité de Laurent Gbagbo pour se mettre d’abord sous la protection de l’armée française avant d’aller faire allégeance à Ouattara.

«Le 31 mars 2011 j’étais au bureau et en insécurité. J’ai appelé Mangou mais en vain. Je suis donc sorti de mon bureau et j’ai marché dans tout le Plateau. Je voulais me rendre à mon domicile, mais là encore je serai en difficulté. J’ai donc téléphoné à un colonel de la gendarmerie française qui était le directeur de la DCI. Il a donc proposé de venir au 43eme BIMA. Chose que je fis. A mon arrivée, on m’a mis dans une salle où je suis resté pendant 3 jours et où je n’avais pas le droit de sortir. Mais pendant ce temps , l’armée française bombardait les chars de l’armée ivoirienne et les rebelles au golf attaquaient les positions des policiers. J’en recevais l’écho. Le 04 mars 2011, le général du 43 ème bima est venu me dire qu’il voulait qu’on parte au golf. J’ai refusé. Ils m’oint donc pris et m’ont déposer derrière l’aéroport. Je me suis donc réfugie. C’est ainsi que le 11 avril j’ai appelle le général Nicolas , ancien aide de camp de Bédié et directeur du CCI, et je lui ai dit que je voulais rejoindre le golf, il m’a donc envoyé un élément et une voiture . Lorsque je suis arrivé , il y avait assez de rebelles au Golf…. », a révélé l’ex patron de la police ivoirienne sous Gbagbo.

Le général Bredou M’Bia contredit la thèse du plan commun du procureur

Lorsqu’il fut visité par quelques spectres de lucidité, le général Bredou M’Bia a corrigé les contrevérités véhiculées par l’Accusation. C’est les cas lorsqu’il a courageusement affirmé lundi devant la CPI que le président Laurent Gbagbo n’avait pas signé de décret déclarant la commune abidjanaise d’Abobo « zone de guerre », pendant la crise post-électorale, contrairement aux accusations infondées du bureau du procureur.

«Je ne pense pas que le président Gbagbo ait signé un décret déclarant Abobo, zone de guerre», a déclaré Bredou M’Bia.

Monsieur M’Bia a également démenti les fausses informations véhiculées par le bureau du procureur, selon lesquelles le régime Gbagbo avait inondé les services de sécurité de miliciens. Il a en effet expliqué au substitut du procureur Eric Mac Donald qu’il n’y avait pas de miliciens, à la solde de Gbagbo, dans les rangs de la police ivoirienne. Mieux, l’ex patron de la police ivoirienne a indiqué à la Cour que la guérilla pro-Ouattara baptisée «commando invisible» a tué “près de 40 policiers’’ à Abobo pendant la crise postélectorale.

Revenant sur la marche du 16 décembre 2010 sur la Radio télévision ivoirienne (RTI), le général Bredou M’Bia a indiqué que ce n’était pas une marche normale puisque des policiers ont été tués ce jour-là.

«Des policiers ont été tués par des armes à feu, donc ce n’était pas une manifestation normale», a déclaré monsieur M’Bia, qui a par ailleurs précisé que la police n’a eu le temps pour préparer la sécurisation de cette marche.

«On a eu cette information le jour-même. (…) ceux qui avaient initié la marche n’avaient pas prévenu les forces de police. Mais comme nous avons eu vent d’un événement, on ne pouvait pas rester les bras croisés et nous avons pris des dispositions», a souligné l’ex patron de la police ivoirienne.

Voulant absolument entendre le général Bredou M’Bia affirmer que les forces de sécurité de Gbagbo ont commis des atrocités contre les manifestants ce 16 décembre 2010 et cacher le caratcère intentionnellement violent de la marche du RHDP, le substitut du procureur Eric Mac Donald a demandé à l’ex chef de la police ivoirienne si des journalistes internationaux ont été agressés par les forces de l’ordre pendant la marche. «Non c’est le contraire, ce sont des marcheurs qui ont agressé un journaliste que la police a accompagné à l’hôpital», a répondu le général Bredou M’Bia.

Procès Gbagbo et Blé Goudé du 20 Févrir 2017 (1ère Partie)

Procès Gbagbo et Blé Goudé du 20 Févrir 2017 (2ème Partie)

Procès Gbagbo et Blé Goudé du 20 Févrir 2017 (3ème Partie)

Procès Gbagbo et Blé Goudé du 20 Févrir 2017 (4ème Partie)

Procès Gbagbo et Blé Goudé du 20 Févrir 2017 (5ème Partie)

Procès Gbagbo et Blé Goudé du 20 Févrir 2017 (6ème Partie)

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