Quand Hollande reprend l’expression “Français de souche” plébiscitée par l’extrême droite

Quand Hollande reprend l’expression “Français de souche” plébiscitée par l’extrême droite

Le chef de l’État a utilisé lundi soir l’expression “Français de souche”, d’ordinaire employée par l’extrême droite, lors de son discours devant le Crif. Ce mardi matin, Bruno Le Roux, un proche du chef de l’Etat, a tenté, avec peine, de le justifier.

François Hollande a-t-il commis une maladresse lundi soir, lors du dîner annuel du Crif ? Lors de son discours, le chef de l’État a condamné fermement l’antisémitisme et est revenu sur la profanation du cimetière juif de Sarre-Union, mi-février. Il a alors utilisé l’expression “Français de souche“, une expression traditionnellement utilisée… par l’extrême droite.

Lors de son discours, François Hollande a ainsi déclaré : “J’étais également la semaine dernière à Sarre-Union, dans ce cimetière dévasté par de jeunes lycéens, ‘français de souche’ comme on dit, ignorants au point de ne pas avoir vu les écritures en hébreu dans ce cimetière”.

“Il y avait les guillemets”

François Hollande semble avoir voulu souligner que dans un contexte tendu, tant au niveau national qu’international, les profanations n’étaient pas l’œuvre de Français issus de l’immigration ou d’étrangers, et qu’il ne fallait donc pas faire de raccourcis.

Problème : cette expression est surtout utilisée par la droite de la droite, et l’extrême droite – fdesouche.com en faisait d’ailleurs sa une ce mardi matin –, comme le soulignait l’été dernier un blog de Rue89. Dès lundi soir, le très droitier député UMP Thierry Mariani ne manquait pas, sur Twitter, d’épingler François Hollande pour l’avoir employée.

 

Interrogé ce matin sur BFMTV, Bruno Le Roux, le patron du groupe PS à l’Assemblée nationale, a peiné pour faire l’explication de texte. Il a même dû sortir les rames, commençant d’abord par affirmer, avec conviction, “qu’il n’emploie jamais cette expression” et qu’il “bloque systématiquement, sur (s)es différents comptes de réseaux sociaux […] ceux qui se revendiquent de ça”.

Interrogé alors sur l’emploi de cette expression par le chef de l’État, la veille, ce proche de François Hollande a dû emprunter un chemin sinueux pour justifier cette utilisation : “Il y avait les guillemets, qu’on ne voit pas dans le discours. ‘Comme on dit’, c’est bien là qu’il y a les guillemets. Cette expression est dans le débat public, on la voit sur les réseaux sociaux. Oui, on dit cela aujourd’hui et je récuse, tout comme lui, cette expression.”

Geoffrey Bonnefoy

Source: metronews.fr

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