Quand Soro Guillaume évoquait les largesses de Gbagbo: «Gbagbo m’a beaucoup soutenu en 1995, quand Bédié m’a mis en prison… Gbagbo possédait une avance certaine sur les autres»

Quand Soro Guillaume évoquait les largesses de Gbagbo: «Gbagbo m’a beaucoup soutenu en 1995, quand Bédié m’a mis en prison… Gbagbo possédait une avance certaine sur les autres»

L’actuel président de l’Assemblée nationale ivoirienne, l’ex-chef de la rébellion, Soro Guillaume Kigbafory a une forte idée des hommes politiques ivoiriens, notamment Laurent Gbagbo ou encore Henri Konan Bédié. Ce qu’il pense de chacun de ces figures de la vie politique ivoirienne…

«…Je suis né le 8 mai 1972 dans une petite localité du nom de Diawala qui se trouve dans le nord ivoirien. Je suis le premier fils d’une famille polygame…De par mon jeune âge, je suis un peu le fils des hommes politiques ivoiriens, du moins de la génération des 50 ans et plus.

J’ai rencontré monsieur Laurent Gbagbo en 1994. Il me trouvait très prometteur, j’avais un véritable respect pour lui. Pour nous il incarnait à cette époque le changement. Nous étions proche l’un de l’autre. Je crois qu’il m’avait en quelque sorte adopté. Je me rendais régulièrement chez lui, nous partagions le même repas.

Nous étions proche l’un de l’autre ; Je crois qu’il m’avait en quelque sorte adopté

Ce qui me façonnait chez le personnage, c’était d’abord son langage. C’était le langage du changement, qui ne pouvait manquer de me séduire. Mon père était né sous le premier président de la Côte d’Ivoire indépendante, Félix Houphouët-Boigny : moi-même je n’avais pas envie de mourir sous le régime d’Houphouët-Boigny ! Je voulais qu’un changement se produise, quel qu’il soit. On a beau être compétent, intelligent et formidable, il faut tout de même passer la main à un moment donné pour que d’autres ‘’ ressources’’ s’essayent à la gestion des affaires de l’Etat.

Si simpliste que cela soit, je considérais qu’Houphouët-Boigny devait passer le témoin, et que Gbagbo pouvait fort bien gérer le pays. Gbagbo me fascinait pour ça : parce qu’il avait le discours de celui qui estime que le temps du changement est venu…

Très impliqués dans la contestation estudiantine, nous pensions avoir la même vocation au changement politique que celle dont Gbagbo se voulait le porte-flambeau. Toute contestation de la politique éducative d’ Houphouët-Boigny semblait convenir à Gbagbo.

Je n’ai pas personnellement connu Houphouët-Boigny. Mais en tant que représentant de la FESCI, je me suis rendu à ses obsèques. Nous avions bien sûr souvent contesté son règne. Mais à sa mort, nous avons tous été saisis par cette atmosphère de ferveur pieuse qui traversait tout le pays.

Nous sommes venus nous incliner devant sa dépouille. Houphouët-Boigny était un homme d’un autre âge, d’un autre gabarit que le nôtre. Nous n’éprouvions aucune joie à la mort de grand homme. Nous avons compati. Nous aurions qu’il passe le témoin et reste la légende vivante qu’il était. Personne ne pouvait se réjouir de cette mort.

Gbagbo possédait une avance certaine sur les autres

J’ai donc fréquenté la famille Gbagbo, où j’avais mes entrées. Je connais très bien son épouse. Nos relations étaient sans ombre. Nous nous sommes croisés quelques fois en dehors de la Côte d’Ivoire. Nous parlions beaucoup de politique.

Les jeunes des années 1990, comme nous qui conduisions la contestation universitaire et estudiantine, étaient encore très influencés par l’émergence de la gauche et des idées généreuses du socialisme. De là à dire que je suis de ‘‘la génération Gbagbo’’, il y a un pas que je ne souhaite pas franchir. Il y avait dans les années 1990 d’autres grands leaders de la gauche démocratique ivoirienne. Dans ces années là, Gbagbo ne représentait pas l’ensemble de ces leaders, il n’était pas le tribun du socialisme.

Il n’avait pas pour nous le prestige et l’influence du professeur de lettres Zadi Zaourou, qui, malheureusement, a cédé ensuite aux sirènes clientélistes du pouvoir et a rejoint le gouvernement de Bédié, le chantre de l’ivoirité. Cela a été une véritable erreur de sa part.

Il y avait également le Pr Francis Wodié, du Parti ivoirien des travailleurs (PIT). Certains de ceux qui sont aujourd’hui avec Gbagbo viennent du PIT. On peut également citer Bamba Moriféré, l’ambassadeur Tanoé Désiré, et d’autres. Il existait un ensemble de sommités de la gauche qui toutes avaient de l’influence sur nous.

Gbagbo, l’un des plus jeunes de cette génération, était peut-être le plus fougueux et le plus virulent. Les autres en revanche étaient pétris de savoir. On prenait beaucoup de plaisir à converser avec Zadi Zaourou qui était très cultivé.

Mais Gbagbo possédait une avance certaine sur les autres. Ayant beaucoup retiré de son séjour à Paris au cours duquel il avait compris la nécessité de construire un appareil politique, Gbagbo faisait du FPI une machine bien huilée, dotée d’une base populaire dans l’Ouest.

Gbagbo m’a beaucoup soutenu en 1995, quand je suis allé en prison

Etant moi-même leader étudiant, j’ai naturellement développé une réelle proximité avec l’un des porte-parole de l’opposition politique. D’autant qu’il m’a beaucoup soutenu en 1995 quand je suis allé en prison. Par la suite il y a eu le boycott actif, mais j’étais déjà en prison.

A ce propos d’ailleurs, il était dit par les autorités qu’en me mettant en prison, c’étaient au moins cinq bus d’Abidjan qu’on venait ainsi de sauver.
Je n’avais pas de contact avec Bédié, non seulement je détestais sa passion pour l’ivoirité, mais en plus c’était lui qui m’avait fait prisonnier. Ma famille naturelle restait la gauche ivoirienne.

En juillet 1995, je suis parti à Ouagadougou pour le congrès de l’Union générale des étudiants burkinabé, l’UGEB. Ce même mois de juillet, Gbagbo se trouvait également à Ouagadougou dans le cadre de l’Organisation des parlementaires africains. Et en même temps, s’y tenait aussi le congrès de l’Union interafricaine des droits de l’Homme-UIDH, auquel participait Dégny Ségui, le président de la Ligue ivoirienne des droits de l’Homme. Ce hasard de calendrier sera apprécié différemment par le général Ouassénan Koné. Il y a vu collusion de comploteurs.

A mon retour, la DST m’a suivi et j‘ai été arrêté en septembre. J’étais accusé entre autres charges d’avoir rencontré les étudiants maliens à Ouagadougou. Il est vrai que des étudiants maliens participaient au congrès de l’UGEB, mais on trouvait également là-bas des étudiants nigériens, béninois et beaucoup d’autres. Je suis allé en prison parce que j’étais soupçonné d’avoir préparé un coup d’Etat avec des étudiants maliens.

Ce sont ces souvenirs que je garde de la présidence de Bédié : l’ivoirité et la prison…». Confesse Soro Kigbafory Guillaume dans ‘‘Pourquoi je suis devenu un rebelle’’.

Une sélection d’HERVE MAKRE

Source: 5minutesinfos.net

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One comment

  1. le pere de soro ne sous la presidence de Felix Houphouet Boigny ??? un fieffe menteur ce soro le vieux a ete president de la C.I. de 1960 (07 Aout 1960) jusqu’a sa mort en 1993. meme si le pere de soro est ne en 1960 donc il a 54 ans et soro qui dit etre ne le 08 Mai 1972 a donc 42 ans faisons un petit calcul de CE1 54-42=12. soro veut dire qu’entre son pere et lui il ya 12 ans… laissez moi rires.

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