Que retenir de la levée de l’anonymat promis à Mangou, Kassaraté et Co?: Les Africains doivent arrêter de vendre les leurs aux occidentaux

Que retenir de la levée de l’anonymat promis à Mangou, Kassaraté et Co?: Les Africains doivent arrêter de vendre les leurs aux occidentaux

Le jeudi 5 février dernier la CPI a diffusé la vidéo d’un huis clos dans laquelle, le substitut du procureur, MacDonal a révélé au monde entier les noms des généraux Mangou, Brindou, Guia-Bi et Kassaraté comme étants quelques uns des témoins à charge contre le président Laurent Gbagbo dans le procès qui l’oppose au procureur Fatou Bensouda.

Je ne suis pas un adepte de la théorie du complot, mais je ne peux m’empêcher de m’interroger sur l’intention que cacherait la diffusion d’une vidéo que l’on est sensé contrôler pendant 30 mn avant sa diffusion. Il se dit que la CPI entend lancer une investigation pour déterminer les raisons qui ont conduit à commettre cette erreur. Mais je ne crois pas que cela effacera dans la tête des Africains la suspicion (légitmie?) que ladite erreur installe dans les esprits.

Passons. Car ce n’est pas l’objet de mon écrit d’aujourd’hui. Je voudrais cette fois tirer deux leçons de la soi-disant erreur technique commise par la CPI.

Premièrement, il faut souligner le lien entre la qualité des témoins cités (Mangou, Brindou, Guia-Bi et Kassaraté) et l’évocation du fameux commandement parallèle dont a parlé le substitut du procureur, MacDonal lors de l’ouverture du procès.

En effet, l’équipe du procureur a insinué qu’un commandement parallèle des FDS existait pendant la crise postélectorale. Cette idée ne peut être née que parce que des généraux de l’armée ivoirienne l’aient mentionnée. Cette hypothèse signifie que les premiers responsables des FDS de l’époque c’est à dire Mangou, Brindou, Guia-Bi et Kassaraté ont certainement avoué que leurs élements auraient bel et bien commis les crimes qui leur sont reproché mais que ce crimes n’ont pas été commis sous leur commandement. Ils ont certainement argué que le président Gbagbo ne leur faisait plus confiance et qu’il ne les associait donc plus aux décisions militaires pour contrer les terroristes de Ouattara. Je rappelle que des journalistes français (certainement au fait du dossier du procureur) ont déjà avancé cette thèse pour déculpabiliser les généraux cités plus haut. Ce sont ces même journalistes qui, sur des plateaux de télévisions françaises nous ont informé de ce que des généraux (deux ont-ils précisé) seraient présents sur la liste des témoins à charges de l’accusation. C’est donc dire que ce fait n’était pas nouveau pour nous qui suivons ce procès de bout en bout. Ce qui est nouveau c’est que le substitut du procureur, MacDonal nous a révélé les noms de plus deux de ces témoins à charge. Et cela n’a rien à avoir avec les activistes pro-Gbagbo sur facebook. Maintenant nous attendons de savoir qui, selons les précieux témoins de madame Bensouda, serait aux commandes dudit commandement parallèle. J’ai bien peur que le general Brunot Dogbo Blé soit malheureusement indexé.

Le nom de Sam l’Africain n’est pas un fait nouveau non plus. Et si monsieur MacDonald ne le sait pas, je voudrais l’informer de ce que le dénommé Mohamed Sam Jichi, dit Sam l’Africain a lui même ébruité sa collaboration avec la CPI lorsqu’il a publié sur sa page facebook l’information de son voyage à La Haye. Sam l’Africain a même publié des photos de son séjour hollandais arguant être allé rendre visite au président Laurent Gbagbo. Or tout le monde savait que Sam l’Africain n’a pas rencontré le président Gbagbo. A l’époque, nous avions conclu qu’il était allé se constituer témoin à charge pour le compte de l’accusation. Les informations données par monsieur MacDonald ne font que confirmer ce que nous pensions déjà de cette affaire. Le nom de Sam l’Africain sur la liste des témoins à charge est donc un non évènement pour nous.

Deuxièment ce qu’il faut souligner dans cette affaire, c’est que ce n’est pas la première fois que des Africains se rendent coupables de ce type de vil’enies. Hama Ag Mahmoud, ancien chargé des affaires Extérieures de l’Etat de l’Azawad l’a fait contre son pays, le Mali. Quelques années après il s’est plaint d’avoir été trahi par la France. Après avoir aidé à détruire la Libye, Mustafa Abdul Jalil, président du Conseil national de transition à Benghazi en 2011, a par la suite admis que Kadhafi n’a pas ordonné la fusillade qui a été à l’origine de la fausse révolution en Libyenne. Je peux citer des dizaines voir des centaines d’exemples de ce type. Ce que tous ces acteurs ont en commun, c’est qu’ils se sont sentis trahis à leur tour par leurs mandants.

Sommes-nous dans une telle situation aujourd’hui? A en croire les réactions de certains de ceux qui viennent d’être cités dans cette nouvelle affaire, on pourrait être tenté de répondre par l’affirmatif. Espérons que ce fait va pousser les Africains à arrêter de vendre les leurs aux occidentaux. L’expérience montre qu’ils seront à leur tour vendus par ceux-ci

Tanoh

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