Quelle mouche a piqué Mr. Boubahra pour sortir ce genre d’accusation ?

Quelle mouche a piqué Mr. Boubahra pour sortir ce genre d’accusation ?

Il s’appelle Boubahra Abderrazak, il est professeur à l’université Djilali Liabes de Sidi Bel Abbes, et il vient de déposer une plainte contre l’islamologue, Saïd Djabelkhir, pour «outrage à l’Islam et au prophète SAW».

Une première en Algérie, après l’Egypte, où elle a causé des dommages sur la liberté d’expression, la liberté de penser, voire la liberté de corriger des croyances qui peuvent être néfastes à la religion, à l’Islam !
C’est que nous sommes arrivés à un point où l’on a sacralisé des faits et gestes d’hommes musulmans au détriment des principes de l’Islam consacrés par le Coran et la véritable Sounna !
M. Boubahra le fait, apparemment, «à l’égyptienne» où les frères musulmans se sont organisés pour ester en justice toute personne, en fait tout intellectuel, qui pense différemment qu’eux !  Faire taire tout avis sur la pensée religieuse différente de la leur en la considérant « délit » « moquerie », « atteinte à la personne du Prophète » «outrage à l’islam et au prophète » etc… susceptible donc de poursuites judiciaires.
Selon le texte de la plainte (que cite Algérie1), il est précisé : «délit de moquerie à l’égard des sciences de la religion et des rites islamiques, et celui de porter atteinte au prophète Mohamed SAW »
1/ Si la religion est une « science » pour M. Boubahra, alors toute science est sujette à avis différents, argumentations, évolution, modification et critique ! Il doit donc admettre la contradiction sans menacer par la loi ! La science repose sur des théories que l’on peut débattre par des arguments pour les confirmer ou les démonter ! La menace par loi pour faire admettre ce que l’on considère «vérités absolues », non soumises à critiques, n’est ni scientifique, ni logique, ni raisonnable ! M. Boubahra doit certainement le savoir !
Notre avis est que la religion n’est pas une “science”. Elle est vue “science” à notre époque et non à l’époque du Prophète ! La considérer ainsi c’est amoindrir sa puissance dans la mesure où la science est issue des découvertes de l’homme qui existent dans l’univers créé par Dieu ! C’est donc toutes les connaissances qui permettent de comprendre et d’expliquer le monde. La science n’est pas un dogme, elle est donc ouverte à la critique. Elle est utile et au service de l’homme, dans cet Univers. La religion est l’ensemble des croyances et des pratiques qui fondent les rapports entre les hommes et le Créateur ; relation entre Dieu et l’homme. Restreindre la religion à une « science » est donc incongru et injuste !
2/ Si la personne « incriminée » est poursuivie pour des faits « d’insulte, d’injure, d’outrage à la religion et/ou au Prophète », alors il appartient à la justice d’apprécier en conformité à la loi ! Si cette personne est poursuivie pour des arguments et avis contraires à la « doxa » forgée, à travers l’histoire de l’Islam, par des hommes – juste après la mort du Prophète et de ses quatre proches Compagnons – il est inadmissible de le poursuivre, car il n’aura, comme ces hommes, donné qu’un avis sur des faits et gestes qui ne peuvent être considérés comme « religion ».
Sinon comment expliquer les « madhahib » et toutes les « Ecoles » qui ont jalonné et marqué l’histoire des musulmans après la mort du Prophète en incluant ses proches compagnons ! Tous les « hadiths » sont sujets à critiques, voire à rejets, s’ils ne correspondent pas ou s’ils sont contraires aux principes du Coran, seul Texte sacré, de référence, chez les musulmans, mais aussi ceux qui touchent la moralité du Prophète que le Coran qualifie, pourtant, de «moralité éminente» !
Les initiateurs des « madhahib » ne sont pas prophètes ; ce sont des hommes, des érudits qui ont réfléchi, analysé, pensé, interprété, donné des avis sur la base du Coran et des hadiths à leur disposition et ce, au moins, après la mort du dernier ‘illustre’ (sur les 10) Compagnon du Prophète.
Le Coran, les faits, gestes et paroles du Prophète authentifiés (suivants les règles admises), donc non en contradiction avec le Coran, sont la Véritable croyance ! Autrement, ce ne sont qu’avis religieux, qui peuvent être discutables, contestables et non « religion » !
C’est son droit de comprendre à sa manière, mais nous invitons M. Boubahra à plus de sagesse et ne pas ouvrir, en Algérie, la voie à des polémiques interminables, inutiles, qui ternissent l’image de l’Islam, entrave l’évolution et qui ne conduisent qu’à l’animosité et aux conflits comme nous le constatons depuis 14 siècles !
Malgré ce que l’on appelle la « Grande Discorde (al-fitna al-kubrâ 655-661)», les schismes qui ont suivi ainsi que les rivalités qui persistent à nos jours, l’Islam et le Coran demeurent et demeureront intacts ! Le Coran dit bien : «En vérité c’est Nous qui avons fait descendre le Coran, et c’est Nous qui en sommes gardien. » (Coran, 15 : 9).
Seuls les hommes sont inconstants !
Amar Djerrad

Source: algerie1.com

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