Qu’en est-il du “complot des extrémistes burkinabè et ivoiriens contre les régimes Compaoré et Ouattara” dénoncé par Franklin Nyamsi?

Qu’en est-il du “complot des extrémistes burkinabè et ivoiriens contre les régimes Compaoré et Ouattara” dénoncé par Franklin Nyamsi?

Le génie professeur de philosophie Franklin Nyamsi a publié une contribution en février 2014 dans laquelle il dénonçait une « La construction d’une alliance transfrontalière funeste» entre des ivoiriens et des burkinabè contre Compaoré et Ouattara. Sans se poser la question de savoir ce qui pousserait des individus issus de ces deux peuples frères à avoir la même réaction contre les régimes de ses mentor, le sieur Franklin Nyamsi a versé directement dans les injures, traitant les ivoiriens pro-Gbagbo et les burkinabè pro-Sankara de “bêtes”. Assurément, notre génie en philosophie n’a pas pris le temps d’analyser les signes du temps.

De février 2014 à octobre 2014, seulement huit mois se sont écoulés. Ce que Franklin Nyamsi réfusait de voir arriver s’est produit. L’un de ses mentors a été chassé du pouvoir par ces gens qu’il traitait abusivement d’extrémistes burkinabè. Mais notre philosophe de maison n’a toujours pas régit à l’actualité du moment. Peut-être s’est-il convaincu qu’il ne s’agit là que d’un simple fait banal.

Nous vous proposons de relire les énormités du professeur.

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Le complot des extrémistes burkinabè et ivoiriens contre les régimes Compaoré et Ouattara

1ère partie : « La construction d’une alliance transfrontalière funeste : ses lieux, ses acteurs, ses thèmes et ses moyens »

La bêtise, par-delà les frontières, attire ses pareilles. Inimitable dans sa façon canine de s’asseoir, elle réunit ses dévots par l’aimant des ressemblances funestes. Le mal ne guérit pas seulement le mal. Il l’attire et l’attise de plus belle, à la gloire de la descente aux enfers qui constitue son apothéose indiscutable. L’actualité géopolitique ivoiro-burkinabè ne nous offre-t-elle pas une nouvelle occasion de nous en convaincre ? Voyons. Telle une hydre à deux têtes, la plus ignoble des machineries politiques se prépare actuellement sur les deux rives de la frontière ivoiro-burkinabè.

Déterminés, pour les uns, à restaurer contre vents et marées, le sankarisme pur et dur au Burkina Faso, tout comme pour les autres, à réussir une re-gbagboisation au forceps de la Côte d’Ivoire, les anticolonialistes dogmatiques des deux pays viennent de formuler ouvertement les termes de leur alliance objective contre les régimes Compaoré et Ouattara, accusés d’être les agents serviles de la tristement célèbre Françafrique.

Il s’agit précisément pour nous dans la présente série d’ analyses, de décrire d’abord la construction de cette alliance funeste, combinant des thèmes idéologiques bien rebattus, des acteurs politiques au chauvinisme de zélotes, des médias dopés d’unilatéralisme, des relais aveugles dans les mouvements de jeunesse, et des appuis militaires plus ou moins officieux aux deux rives de la frontière ivoiro-burkinabè. Dans un second moment, nous tenterons de cerner la tactique et la stratégie des comploteurs chauvinistes burkinabè et ivoiriens, afin de comprendre la logique de dominos qui préside à leur funeste projet d’ensanglantement de la scène politique de Ouaga à Abidjan.

Enfin, il s’agira d’indiquer les bonnes raisons de penser que les démocraties burkinabè et ivoirienne briseront les reins à cette énième imposture, en vertu de la clairvoyance tactique et stratégique qui préside à leurs destinées respectives. On comprendra ainsi pourquoi bientôt, au sortir des élections présidentielles de 2015 qui redonneront pleinement la voix aux souverainetés populaires des deux pays, sans coup férir, le complot des extrémistes burkinabè et ivoiriens contre les régimes Compaoré et Ouattara aura résolument fait long feu.

I. La construction d’une alliance funeste

Les extrémistes burkinabè et ivoiriens ont un certain nombre de caractéristiques communes : cela va des lieux de leurs rassemblements aux programmes politiques qu’ils se donnent, sans oublier les figures complices qui les incarnent, par-delà les deux bords de la frontière ivoiro-burkinabè et grâce à l’enchevêtrement des diasporas africaines. Pour comprendre comment s’organisent ces manants, il conviendra donc de reconstituer leur géographie, leur leadership, leur idéologie et leurs perspectives d’action.

L’extrémisme ivoiro-burkinabè est une alliance de raison, et non de cœur. De 2000 à 2011, des militants, miliciens et soldats pro-Gbagbo ont allègrement tué des burkinabè en Côte d’Ivoire et tous les opposants burkinabè, y compris les plus discrets, l’ont en travers de la gorge. Mais quand on se noie, n’est-on pas prêt à s’accrocher au besoin à la queue secourable d’un serpent ? En perte massive de crédibilité en raison de son passé au sein du parti au pouvoir à Ouaga, une bonne partie de l’opposition socio-démocrate et libérale du Faso déchante devant la sérénité du président Blaise Compaoré.

La raison qui fonde cet extrémisme complice des deux coteries est en fait une visée politique commune et immédiate, frappée au coin du réalisme le plus âpre : reprendre le pouvoir par tous les moyens, pour ce qui est des démissionnaires du CDP et des sankaristes burkinabè, tout comme pour les radicaux prophètes du retour de Gbagbo au pinacle de la Côte d’Ivoire. De part et d’autre, les gauchistes ont donc choisi de mettre provisoirement leurs rancoeurs historiques sous l’éteignoir, sous réserve de règlements de comptes à venir.

Pour faire tomber les présidents Blaise Compaoré et Alassane Ouattara, aucune compromission ne sera de trop, estiment nos agents de l’intox, qui manquent cependant de prudence en nous révélant par excès de zèle leur géographie stratégique. Il faudra clairement retenir que le Ghana et l’Occident, mais aussi la presse bleue et la presse des socio-démocrates démissionnaires avec leurs nouveaux alliés sankaristes, sont devenus les lieux de prédilection de ces nouveaux associés pour le meilleur et le pire.

Décrivant avec appétance la crise opposant l’opposition au pouvoir au Burkina Faso ces dernières semaines, Marcel Amondji, l’une des têtes de l’hydre bicéphale que nous dénonçons, s’exprime dès lors à partir d’Accra, où une forte communauté d’exilés ivoiriens a rejoint les représentants de l’opposition radicale burkinabè, de longue date en hibernation dans les mêmes lieux :

« Certes, c’est aux Burkinabè d’abord que ces questions-là sont actuellement posées très sérieusement par leur propre histoire, et c’est donc à eux seulement qu’il appartient d’y répondre. Mais leur réponse nous intéresse aussi, nous autres Ivoiriens car, selon qu’elle sera négative ou positive, selon qu’elle autorisera certaines gens à revenir triomphalement dans l’arène ou les en bannira définitivement, leur décision aura pour notre pays des retombées heureuses ou malheureuses. »[1]

Point besoin d’avoir le don de lire entre les lignes pour comprendre ce qui précède. Marcel Amondji, l’un des penseurs les plus actifs de la déstabilisation des institutions ivoiriennes issues de la présidentielle de 2010 affirme sans ambages, depuis le Ghana, après moult conciliabules avec l’opposition radicale burkinabè, que la chute de Compaoré au Burkina, et son remplacement par un régime sankariste seraient de bonnes nouvelles, voire des conditions sine qua non pour le retour des frontistes au pouvoir en Côte d’Ivoire, puisque de fait, ils pourraient résolument compter sur l’alliance avec Ouagadougou.

Ainsi s’affiche, sans sourciller, la théorie des dominos des nouveaux alliés du radicalisme gauchiste burkinabè et ivoirien : faire tomber Compaoré, c’est se donner de fait les moyens de faire tomber Ouattara, et vice-versa, pense-ton. La chute du régime du CDP à Ouaga devrait inéluctablement entraîner celle du RHDP à Abidjan… Ainsi, c’est la règle du « aide-moi et ainsi tu t’aideras toi-même » qui semble être devenue la maxime fondamentale de la Realpolitik des oppositions radicales de Côte d’Ivoire et du Burkina Faso.

Les médias de l’opposition radicale burkinabè, les nuées de sites web plus ou moins hétéroclites qu’elle mobilise avec plus ou moins de succès, ont ainsi été fusionnés avec les plateformes des activistes des médias de l’opposition radicale ivoirienne, avec la presse bleue en relais systématique de tous leurs mots d’ordre et slogans. La meute des haineux de Côte d’Ivoire et du Burkina a mis ses moyens d’audience en commun et en réseau. Les uns veulent venger Gbagbo, les autres Sankara.

Tous ne croient qu’en un seul programme politique : la vengeance, la rancœur et les règlements de comptes infinis, qui de longue date font la politique archaïque de tous les temps. Sans la moindre obligeance de comprendre les complexités de la révolution burkinabè ou des luttes citoyennes ivoiriennes, les extrémistes ivoiriens et burkinabè vont jusqu’à mobiliser des hordes d’analphabètes et de semi-analphabètes détenteurs de claviers qui pondent le tout-venant de leurs élucubrations stupides dans la médiapshère. On a vu naître des sites facebook d’incitation au sacrifice et au crime au Burkina comme en Côte d’Ivoire, tels le CIBAL, soi-disant balai citoyen burkinabè qu’animent massivement aux côtés de quelques excités de l’opposition burkinabè, les activistes de la Refondation éparpillés à travers le monde, et sur lesquels se sont massivement inscrits les crieurs des marches pro-Gbagbo d’Europe, dans l’espoir d’y trouver un front de fragilisation latérale du régime Ouattara.

On a ainsi vu s’agglutiner sur la question burkinabè, sous les ordres de l’élite sanglante du FPI embusquée au Ghana, toute la pègre du web africain rassemblée par les sieurs Kouamouo, Toussaint Alain, Claudus Kouadio, Doumbia Major, et autres amateurs de fables anticolonialistes à deux sous, qui se repaissent pourtant au quotidien des facilités de cet Occident qu’ils chargent allègrement de tous les péchés d’Israël. Tous ces gens ont leurs sites favoris, où roue libre, ils répandent à foison le poison de leurs calomnies sans lendemains qui vaillent, espérant sans cesse attirer dans leur repaire de mensonges et de suffisance labile, les derniers venus dans l’observation de la scène politique ivoiro-burkinabè.

Mais le fond de toute cette conspiration n’est-il pas à chercher du côté des entrées revendiquées par les extrémistes burkinabè et ivoiriens parmi leurs militaires respectifs ? Quand des opposants extrémistes haussent régulièrement le ton en Afrique, il y a fort à parier qu’ils croient avoir un bon gourdin sous le coude, contre les pouvoirs qu’ils veulent renverser. Et certes de 2011 à 2012 notamment, on a vu l’aile militariste du FPI attaquer et harceler les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire à partir du Ghana et du Libéria.

Durant cette période tragique, l’armée ivoirienne a perdu un peu plus d’une centaine d’hommes dans la défense des institutions souveraines, légitimes et légales du pays durant ces deux années de virulent harcèlement. Echaudé par ses défaites, le FPI ne se rabat-il pas aujourd’hui sur l’espoir d’une insurrection militaire burkinabè qui croit attisée par les mutineries que le pouvoir Compaoré a également régulièrement essuyé ces trois dernières années ?

Cela ne fait aucun doute. Partant du présupposé que le Faso fut hospitalier envers les exclus de l’armée ivoirienne qui finiraient par porter une rude estocade au pouvoir illégitime de Laurent Gbagbo en 2002, les extrémistes ivoiriens font le calcul qu’un Faso débarrassé du président Compaoré correspondrait à un équilibre militaire plus favorable pour des insurgés futurs du FPI contre le pouvoir du président Alassane Ouattara.

Que valent ces préparatifs explosifs ? Affaire à suivre dans la deuxième partie de la présente série de tribunes sur LE COMPLOT DES EXTREMISTES IVOIRIENS ET BURKINABE.

Une tribune internationale de Franklin Nyamsi

Professeur agrégé de philosophie

Paris, France

[1] Marcel Amondji, haut cadre du Front populaire ivoirien réfugié au Ghana depuis la chute de Laurent Gbagbo en avril 2011, dévoile ici la convergence stratégique entre les oppositions radicales burkinabè et ivoirienne.

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Le complot des extrémistes burkinabè et ivoiriens contre les régimes Compaoré et Ouattara

2ème partie : « Des limites d’une stratégie du pire »

Les extrémistes impatients de tous les temps ont une bien ordinaire stratégie. Ils croient pouvoir opposer la quantité de leurs imprécations creuses à la qualité de l’analyse qui les démasque, déconstruit et disqualifie durablement dans le champ politique. Or, c’est une loi de la matière, c’est aussi une loi de l’esprit : l’excès de quantité ne saurait remplacer la rareté de la qualité.   Il n’y a qu’à lire quelques commentaires de ces prétendus démocrates en herbe pour se convaincre de leur incompatibilité consubstantielle avec l’espace démocratique moderne. Très courageux sous pseudonymes et xénophobes à souhait, ils rasent les murs avec leurs identités réelles, alors que j’assume pour ma part, en mes noms, titres et qualités, la production de mes idées. A force de remuer la boue, on n’en fera point de l’or. Pure comme l’or, la vérité se lève quant à elle parmi les bruits de foule comme une inextinguible aurore, s’impose en faisant fi des nuages passagers de l’opinion, pour se faire force et référence du débat sensé. N’est-ce pas ainsi que la moindre de mes tribunes éveille la blogosphère burkinabè ? La force du vrai, comme une torpille, assomme les illusionnistes, enrage les obscurantistes, écoeure les incultes. Telle est la rançon de l’adversité pour l’intellectuel engagé. On a beau, dans la totale ignorance de mes arguments et analyses, m’affubler de tous les noms d’oiseaux, qui ne voit pas qu’il y a et il y aura un avant –Franklin Nyamsi et un après-Franklin Nyamsi dans le débat politique contemporain sur l’avenir politique du Burkina Faso ? J’assume pleinement cette fonction paradigmatique de torpille intellectuelle. Et ce n’est donc pas un hasard si l’on se bouscule pour me répondre, car les réponses des uns continuent de laisser les autres insatisfaits. J’ai cassé, en réalité, le rouleau compresseur du dogmatisme ivoiro-burkinabè et de l’anticolonialisme dogmatique africain en général. Dans la bataille des idées, où les armes de la critique sont supposées exorciser la critique des armes, les quolibets, l’ironie, les insultes des mouches du marché rassurent sur la faiblesse de la contradiction sociopolitique qu’ils représentent.

Pour ma part, et contre toutes les injonctions violentes au mutisme que les dogmatiques locaux et internationaux m’adressent, je poursuivrai inéluctablement mon chemin de pensée dans la production d’une pensée critique, courageuse dans l’adversité, mais tout aussi déterminée à aboutir à une configuration précise de l’ordre de la cité africaine. Bien sûr, je garderai pour moi, le record de lettres ouvertes publiées pour me répondre. Je ne les honorerai point toutes de ma plume en retour. On ne jette pas des perles aux pourceaux. C’est dans cet esprit serein que me fondant sur les déclarations abondantes des extrémistes des oppositions radicales burkinabè et ivoirienne, j’ai tiré la sonnette d’alarme sur la menace tangible et tangente d’un complot des fanatiques ivoiro-burkinabè contre les démocraties émergentes dans les territoires qui constituèrent autrefois la haute et la basse Côte d’Ivoire. Dans la présente tribune, je persisterai sur la tangibilité de ce complot idéologique transfrontalier avant de m’appesantir sur les raisons certaines de son échec à venir.

Une alliance médiatico-idéologique funeste 

Il y a de bonnes raisons de défendre la thèse d’un complot  des extrémistes burkinabè et ivoiriens contre les régimes Compaoré et Ouattara. Les supputations hasardeuses sur les théories du complot suffisent-elles à disqualifier l’existence démontrée d’un complot ? Que nenni. Je vais les énoncer synthétiquement, mes raisons, afin que les aveugles politiques de bonne foi émergent définitivement de leur cécité. Cela faisant, il ne restera plus, dans le camp du complot, que les meneurs et/ou suiveurs conscients de ce à quoi ils s’exposent, car ma démarche, contrairement à la propagande des comploteurs haineux, consiste précisément à œuvrer pour que le Burkina Faso échappe à la tragédie d’une lutte fratricide de ses filles et de ses fils pour la gestion du pouvoir d’Etat.

La  preuve évidente du complot des extrémistes ivoiro-burkinabè, c’est la mise en réseau médiatique et idéologique des fanatiques pro-Gbagbo et des extrémistes radicaux burkinabè. Le fonds commun des deux groupes est la haine à peine cachée de la France, qu’ils chargent aveuglément de tous les péchés d’Israël en Afrique, la rendant évidemment responsable de la disparition de Thomas Sankara comme de la chute de Laurent Gbagbo, que les plus naïfs présentent comme l’héritier de Sankara. Dans cette démarche, où les groupes dits « Balayeurs Citoyens » se comportent désormais dans les rues du Faso comme autrefois les milices patriotiques pro-Gbagbo à travers les rues de Côte d’Ivoire, il est évident qu’il y a eu transfert de technologies de lutte entre les anti-Ouattara et les anti-Compaoré, au nom d’un raisonnement idéologique fort ancien, avec un corollaire stratégique évident : Si Blaise Compaoré est supposé être le représentant de l’ordre français dans la sous-région, et si Alassane Ouattara ne devrait son pouvoir qu’à l’intervention française, alors la chute de Blaise Compaoré fragiliserait Alassane Ouattara et engagerait l’émancipation de toute la sous-région de l’ordre  tutélaire français…

On peut lire et entendre à foison les Amondji, Kouamouo, Grégory Protche, Koudou Claude, Ongoundou, Damana Pickass, Abel Naki, Alain Toussaint et compagnie. On verra que cette nébuleuse de criminels de l’intox est à l’œuvre aux côtés des extrémistes burkinabè qui les fréquentent indirectement et directement de manière de plus en plus intense. Sur cameroonvoice, civox.net, eburnienews.net, jacquesrogershow.net, nouveaucourrier.net, eburnea.information.over-blog.net, on lira force articles par lesquels les pro-Gbagbo haineux s’activent à jurer que la perte du pouvoir Compaoré changerait la donne sur le terrain politique ivoirien. Côté burkinabè, les thèses et méthodes anti-Ouattara des pro-Gbagbo sont recopiées à merveille : « valet de la France » ; « antipatriote » ; « dictateur rusé » ; « pseudo-médiateur » ; « antidémocrate », tels sont les clichés servis pour décrire le président démocratiquement élu du Faso.

On en est même, contre le pouvoir Ouattara, à faire valoir les mensonges du Camp Gbagbo pour discréditer l’offre de dialogue et de paix faite en janvier 2014 par la Côte d’Ivoire officielle entre les frères burkinabè.  Il faut aller voir les pages des sinistres « Balai Citoyen » sur www.facebook.com/citoyenbalayeur, le site d’un certain mythomane nommé Souleymane Ouedraogo dit Basic Soul (demain2015.blogspot.fr), et toutes les officines de désinformation qui répètent leurs thèses foireuses. La collusion des extrémistes ivoiriens et des extrémistes burkinabè est si évidente que le nommé Souleymane Ouedraogo, animateur zélé des Cibal,  apporte désormais son soutien au révisionnisme ivoirien en évoquant perfidement et avec légèreté les crimes  supposés imaginaires de Laurent Gbagbo. Quant à Marcel Amondji, grand inspirateur du radicalisme frontiste contemporain,  il affirme clairement que la victoire des opposants Burkinabè contre  Blaise Compaoré changerait positivement le sort des opposants radicaux ivoiriens contre Alassane Ouattara. Je l’ai nommément cité dans ma précédente tribune politique sur le Faso. La hargne avec laquelle les extrémistes burkinabè refusent de voir le pouvoir Compaoré recourir à l’outil constitutionnel référendaire pour l’article 37, cette hargne s’explique donc par une haine arrogante de la démocratie. Le gauchisme, ce radicalisme communisant qui en Afrique se traduit par la confiscation de la voix du peuple par des groupes haineux, est le lait de leur mamelle commune.

Quel est l’arrière-fond géostratégique concret de cette nébuleuse d’anticolonialistes dogmatiques des deux frontières ivoirienne et burkinabè avec leurs satellites internationaux ? Quel gourdin ont-ils le sentiment de tenir sous le coude pour oser s’opposer à l’usage légal et légitime de la constitution comme arbitre du différend politique burkinabè ?  Il n’est de secret pour personne que nombreux sont encore les militaires de l’ex-régime Gbagbo qui vadrouillent dans la sous-région ouest-africaine. Les extrémistes de l’opposition burkinabè mesurent-ils la gravité des actes commis par ces fuyards pro-Gbagbo en Côte d’Ivoire, y compris contre les populations burkinabè de Côte d’Ivoire ? Loin d’être des enfants de chœur, ces militaires et militants fanatiques pro-Gbagbo ont en outre perpétré de 2011 à 2014, de nombreuses attaques sanglantes contre les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire. Leur ambition, soutenue médiatiquement par la bande cynique à Koudou, Protche, Amondji, Toussaint,  Kouamouo et consorts, n’est ni plus ni moins que le renversement violent du pouvoir du RHDP, incarné par le président Alassane Ouattara à la tête de la Côte d’Ivoire. Ceux qui en doutent au Faso pourront se pénétrer des déclarations putschistes de l’officier Katé Gnatoa, disponibles en vidéo sur youtube. De même, les déclarations récentes de l’ex ministre de la défense de Gbagbo, Moïse Lida Kouassi, avouant qu’il avait connaissance des démarches des pro-Gbagbo en exil pour renverser militairement le régime Ouattara, devraient suffire à établir que pour les cadres radicaux du FPI, l’option militaire pour la prise du pouvoir demeure ouverte.

Côté burkinabè, tous ceux qui ont bonne mémoire savent qu’il ne manque pas, dans les armées du Faso, quelques candidats à la confrontation militaire contre le régime pourtant légitime du Président Compaoré. Faut-il revenir ici sur les événements militaires de février à juin 2011 au Burkina Faso, pour convaincre ceux qui en doutent encore de la disponibilité évidente de certains burkinabè pour une aventure déstabilisatrice de leur pays ? Pour que les Chefs de l’Etat de Côte d’Ivoire et du Burkina Faso s’octroient jusqu’à ce jour, les portefeuilles de ministres de la défense de leurs pays respectifs, il fallait que la question sécuritaire soit devenue cruciale et qu’elle s’instrumentalise sous l’instigation des oppositions radicales des deux pays. Qui croira que les fuyards des armées ivoiriennes ne sont pas en contact avec leurs mentors politiques et intellectuels embusqués au Ghana, en Europe et dans bon nombre d’autres pays ouest-africains notamment ? De même, dans le contexte de défiance que fait régner le discours de la nébuleuse d’excités qui obstruent le débat démocratique burkinabè, qui croira que les radiés des armées burkinabè ne pourraient pas trouver un espace de recyclage inespéré ?

La stratégie du pire et ses évidences secrètes 

Il y a à prendre en compte, pour finir, la stratégie du pire, déployée par l’opposition burkinabè depuis plusieurs mois contre le régime légitime du président Compaoré. Cette stratégie procède en trois moments tactiques : l’écran de fumée populiste, le harcèlement médiatico-psychologique et l’organisation cynique d’un sacrifice citoyen à finalités politiciennes. Etudions davantage ces trois armes de l’opposition burkinabè contemporaine avant d’en montrer les limites potentielles.

La première démarche de l’opposition radicale du Faso consiste à se substituer au peuple burkinabè par la bravade et la parade publiques des manifestations opportunistes, afin, par cet écran de fumée, de rendre impossible la consultation directe du peuple burkinabè par le gouvernement du Faso. La peur du référendum, ou reférendopsychose du Chef de file de l’Opposition et de ses suiveurs demeure la toile de fonds de tous les blocages observés dans le dialogue républicain. Sans référendum en effet, point de modification possible de l’article 37 en vue de permettre au président sortant, s’il le souhaite, de solliciter de nouveau les suffrages de ses concitoyens pour un nouveau mandat. Et si ce forcing de l’opposition contre le pouvoir CDP passait, qui ne voit pas qu’en toile de fonds, l’opposition aurait préempté psychologiquement sa victoire à l’élection présidentielle 2015 à venir ?

La deuxième arme de l’opposition radicale, le harcèlement médiatique, est de loin la plus ravageuse. Consciente de ses difficultés sur le plan constitutionnel, dans son projet d’ empêcher à terme l’appel référendaire du pouvoir au peuple sur les matières à différend, l’opposition burkinabè, s’inspirant notamment des méthodes en vogue chez les refondateurs Ivoiriens, s’est emparée de milliers de claviers revanchards à travers le monde. Elle compense ses faiblesses réelles par l’auto-invention d’une surpopularité irréelle. Elle fabrique nuit et jour de l’image, du slogan et du son pour ternir l’image et la pertinence politiques du régime burkinabè actuel. Ce faisant, elle fanatise, embobine, fait miroiter des miracles qu’elle n’a jamais accomplis quand elle faisait elle-même, en très grande partie, corps avec le pouvoir CDP. Certes, Souleymane Ouedraogo, dans un rare éclair de lucidité, peut encore parler d’une « bande de 75 repentis qui hier encore faisaient partie de la meute de loups », désignant ainsi les RSS ( Roch, Salif, Simon) et leur MPP. Mais, qui ne voit pas que ce sont les vieux roublards de la politique burkinabè qui de Diabré aux RSS, veulent court-circuiter la montée des forces nouvelles de la politique burkinabè qui assureraient à ce pays une postérité digne des œuvres pionnières du président Compaoré ?

La troisième arme de l’opposition burkinabè serait fatale. C’est l’arme du sacrifice instrumental. Tous les civils burkinabè embobinés des étapes précédentes seront alors manipulés et constitués, s’ils ne se réveillent point à temps, en bétail d’abattoir pour ternir l’image du régime légitime du président Blaise Compaoré. Dans tous les sites où nos extrémistes ont pignon sur rue, voici la source de leur certitude quant au départ définitif du Président actuel du Faso du palais de Kosyam : si l’article 37 était malgré tout changé par référendum ou si le président Compaoré devait exceptionnellement demeurer au pouvoir après 2015, l’opposition, nous annonce-t-on sans fards, constituera des foules enragées qu’elle jettera contre la forteresse militaro-policière du régime Compaoré. Résultat escompté de l’opération ? Que tombent sous les balles du régime Compaoré des dizaines, des centaines, voire des milliers de civils Burkinabè dont on imputera allègrement la mort violente au régime, devant caméras et télévisions du monde entier, dans la grande indignation internationale qui s’en suivra inéluctablement. C’est l’ultime stratégie du pire dont se repaissent les haineux sites dits CIBALS.

Pourtant, je demeure convaincu, malgré tout ce qui précède, que le peuple burkinabè, averti par les soins de ses autorités légitimes et des intellectuels attachés au progrès démocratique réel de ce pays, résistera à cette stratégie terrible de l’opposition radicale burkinabè et de son alliée ivoirienne. D’abord, je crois en la défaite imminente de ces va-t-en-guerre parce que j’ai vu comment la galaxie haineuse des Pro-Gbagbo a mordu la poussière dans les urnes, par les armes et dans la bataille des idées en Côte d’Ivoire. Réduits comme peau de chagrin, ces pro-Gbagbo en mal de terrain d’expression pour leur rancœur croient avoir trouvé un terrain mou au Faso, où les attend pourtant l’une des figures les plus expérimentées en matière d’adversité dans l’histoire politique africaine contemporaine. Ensuite, je crois en la défaite du fanatisme ivoiro-burkinabé parce que l’écrasante majorité du peuple burkinabè ne s’est pas encore exprimée et je soutiens que la voie référendaire lui permettra de le faire éminemment, tôt ou tard, pour une clarification ultime du différend politique ivoirien. Et comme en Côte d’Ivoire, Gbagbo craignait les élections parce qu’il se savait réellement minoritaire, ainsi Diabré, les RSS et leurs suiveurs les craignent au Faso pour les mêmes raisons, sachant qu’un peuple averti comme celui du Faso ne supportera que trop rarement les opportunistes navigateurs entre tous bords politiques antinomiques. Enfin, je crois en la défaite du fanatisme ivoiro-burkinabè parce que nulle part au monde, la haine n’a pu suffire à constituer un programme de lutte émancipatoire et féconde pour un peuple. Or cette alliance funeste n’étant que haine, rancœur et vengeance, étouffera sans doute sous l’effet de son propre poison, pour le bonheur de la démocratie burkinabè que j’espère toujours plus rayonnante, dans la paix, la justice et la liberté.

Une tribune internationale de Franklin Nyamsi

Professeur agrégé de philosophie

Paris, France

 

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