« Qui veut briser le mythe du “Brave-Tchê” ? Des discours inadaptés…Des politiques disqualifiés. »(Par Bamba Alex Souleymane)

« Qui veut briser le mythe du “Brave-Tchê” ? Des discours inadaptés…Des politiques disqualifiés. »(Par Bamba Alex Souleymane)

J’avais anticipé, autant par conviction que par affection et sentiment pour mon grand frère, Premier Ministre, Chef du Gouvernement, bien-aimé du père fondateur Houphouët-Boigny, devenu lui-même Président de la République comme son père spirituel. Je m’astreins, hic et nunc, ici et maintenant à un exercice que m’impose la situation sociopolitique.

La météo politique n’est pas bonne, en effet. Pour tout dire et, ce n’est un secret pour personne, elle est très mauvaise. Les réactions ainsi que les ingrédients symptomatiques d’une déflagration l’attestent. Ce sont des indicateurs de tendance. Le ciel s’est amoncelé de nimbus, cumulus, cumulo-nimbus. Il faut craindre un orage, que dis-je, un ouragan, voire un cataclysme de la pire espèce.

DES POLITIQUES DISQUALIFIES

Ce tableau sombre, mais si réel pourtant, justifie que par devoir de fraternité, je clame urbi et orbi, mon amertume et mon objection afin de sauver, s’il telle en était l’impérieuse nécessité, ce qu’il reste encore et restera toujours du grand rêve des « Solutions » que fit germer dans le cœur des populations Alassane Ouattara. Je n’ai eu de cesse de l’interpeller sur nombre de situations sujettes à caution et mal gérées par des personnes qu’il a ointes de sa confiance mais qui, à l’épreuve, ne s’en montrent pas à la hauteur. De même, souventes fois, j’eusse à attirer son attention sur le mur- mure du peuple qui sonne plus vrai que les incantations des politiciens carriéristes aux discours méprisants et choquants.

ILS VOUS POUSSENT A LA FAUTE

Des politiciens dont, à la vérité, pour beaucoup le choix n’est pas justifiable.

Premièrement : ils n’ont pas de relations d’histoire avec le peuple de Côte d’Ivoire.
Deuxièmement: ils ont un discours usé et dépassé.

Troisièmement : ils ne sont pas généreux et sont en déphasage avec les réalités vécues par les populations.

Quatrièmement : leur arrogance et suffisance horripilent les habitants.

Résultat : Ces hiérarques, apparatchiks et oligarques sont rejetés par le peuple. Il en résulte, un rejet total de l’opinion de ces promus qui, pour n’avoir rien été hier, se laissent visiblement grisés par les privilèges que leur confère leur position. Une posture égocentrique qui ne peut se targuer que d’être triste, dans un environnement qu’ils mènent à la tristesse des gens tristes. Tryptique ou déclinaison, oserait-on dire, du champ lexical et sémantique de la « tristitia ». Je ne voudrais pas me montrer alarmiste ou jouer les Cassandre. Je regarde avec froideur, la froidure des temps dont les signes s’annoncent peu cléments. Et j’imbibe ma plume dans l’encre de la rage que m’inspire l’observation des faits, pour dire que certains des choix opérés par le chef charismatique sont discutables ô combien.

DES DISCOURS INADAPTES

L’on ne peut autrement comprendre, aujourd’hui, les sautes d’humeur auxquelles est en proie le peuple de Côte d’Ivoire, comme si l’on retombait dans les années de la fin de règne du Sage de Yamoussoukro qui plongèrent le pays dans une lente et pernicieuses crise provoquée par la guerre des héritiers et les provocations outrancières d’une opposition insatiable et peu reconnaissante des bienfaits qu’elle reçut du père fondateur, leur permet- tant de s’instruire et de devenir des cadres et autres leaders d’opinion. Si le front social est en effervescence, nous parlons de celle-là même qui aboutit à l’ébullition, il ne faut guère aller en chercher loin les motifs. Vos hommes ont failli!

Des décisions inopportunes ou mal exécutées en sont la cause patente. Il faut craindre que l’on ne s’engouffre dans le tunnel d’une fin de mandat pour le moins agitée, susceptible d’ouvrir une lézarde à travers laquelle l’adversaire pourrait reprendre du poil de la bête, lui qui n’attend que pareille aubaine et ne prospère que dans le désordre et la démagogie populiste. L’œuvre bâtie s’effondrerait alors comme un château de cartes. Votre réputation en souffrirait. Les ménages ne sont pas contents, parlant de la cherté de la vie (panier de la ménagère, coûts exorbitants des factures d’eau et d’électricité etc.).

Lorsque la goutte commence à déborder le vase, l’on ne doit pas être surpris par les événements survenus à Yamoussoukro, à Daloa, à Tiassalé, à Bassam, à Korhogo, dans certaines communes d’Abidjan et ailleurs. Il faut craindre l’effet papillon ou boule de neige. Que les étudiants et les enseignants soient en colère, il faut s’interroger sur les causes profondes de leur mécontentement. Dans le transport, la délivrance des permis de conduire etc., il y a aussi problème. C’est à s’interroger pour savoir dans lequel des domaines il n’y a pas de problème tant rien ne semble plus aller. Vos obligés ont failli. Je signe et je persiste.

IL NE FAUT PAS SE CROIRE INVINCIBLE

Tout se passe comme s’ils œuvraient à désacraliser votre image, votre autorité, votre intégrité, votre attachement au travail bienfait et au développement, votre vision de l’émergence. Et à cette posture interlope et traitresse, je m’oppose avec véhémence. L’on ne peut pas avoir autant souffert et sacrifier le fruit de tant d’années de lutte sur l’autel d’ambitions mesquines et opportunistes. Le chef souhaite voir refleurir une Côte d’Ivoire réconciliée. Le peuple entier adhère à cette philosophie témoignant de sa mansuétude qui se traduit en actes avec le retour de nombreux exilés qui ont fini par comprendre qu’il faut laisser le passé enterrer le passé.

Nombre de ces enfants prodigues sont revenus accueillis avec honneur et cordialité. Cela a séduit davantage nos compatriotes qui ont compris la force du pardon qui participe de la volonté du Président de tous les Ivoiriens de faire table rase du passé. Paradoxalement, à l’opposé de cette belle attitude, de son propre camp sont venus des bruits discordants prenant à revers sa vision d’un pays réconcilié. Des propos de nature à réduire à néant les efforts consentis comme si de la Case l’on jetait de l’huile sur le feu. Il y a, faut-il l’admettre ou le confesser, des politiques disqualifiés, car n’étant plus au diapason de la marche de la nation et de la cadence à elle donnée par le Président de la République. Ces politiciens carriéristes dont les piliers de la conviction et de l’engagement n’ont été, à la vérité, érigés que sur du sable mouvant, il faut vous en séparer car ils vous poussent à la faute.

IL NE FAUT PAS ETRE HERMETIQUES AUX SUGGESTIONS

Leurs discours mal inspirés et guerriers font peur aux Ivoiriens et, pire, réveillent en eux les fantômes du passé. Il y a un choix à faire. Certes douloureux, mais c’est ainsi. Agir autrement en tentant de conserver la racine de la gangrène, c’est risquer le conduire le navire à la perdition inévitable. Il ne faut ni se croire invincible ni invulnérable. Seul Dieu est invincible et invulnérable. Libre au chef d’en prendre la juste mesure.

Moi, pour avoir été ce que je fus dès le début de cette exaltante aventure, j’aurais pu m’offusquer du traitement dont je suis l’objet et regarder se dérouler sous mes yeux la dégénérescence du système, mais je ne le puis supporter. C’est encore une fois, l’expression de ma foi et de ma conviction fondée sur le roc qui fonde ma démarche. Je me réjouis de la nomination d’un porte-parole du RHDP qui porte haut la voix de la famille houphouétienne, de ses valeurs inusables, tout comme je me console du fait qu’il subsiste quand même des hommes dignes dans notre république, proches du leader emblématique ou exerçant à d’autres niveaux de responsabilité. Devrais-je les citer ? Oui, car ils méritent de servir de modèle.

Soro Guillaume auquel pourrait avec réussite être confié le dossier des Universités, Hamed Bakayoko qui pourrait bien se charger de la concorde sociale, Amadou Gon, Amon Tanoh, Sangafowa Coulibaly, Ahoussou Kouadio, Koné Kafana, Akossi Bendjo, Fofana Siandou et quelques autres que l’on peut aussi mettre en mission sur des questions particulièrement sensibles.

EVITER DE LAISSER POURRIR LA SITUATION

Comme quoi, dans la grisaille, ces personnalités représentent l’espoir qu’incarne le premier citoyen ivoirien dont le nom est plus qu’un label, car constituant de véritables rayons de soleil. Eux comme moi, savent qu’il faut éviter de laisser pourrir la situation. Les clignotants sont au rouge.

C’est le peuple qui fait les rois. Parce que la voix du peuple c’est la voix de Dieu. Vox populi… Le peuple Ivoirien n’est pas content. Et les manifestations auxquels l’ont assiste ces derniers temps au Sud, au Nord, à l’Ouest, à l’Est et au Centre sont révélateurs. Il faut éviter que l’expression du ras-le-bol, ne prennent d’autres proportions et surtout ne deviennent une habitude. Les faits sont suffisamment graves. On ne le dira jamais assez. Pour autant, la situation n’a pas encore atteint le seuil critique. Il faut agir et réagir promptement et avec efficacité. Vigoureusement. Il faut, au peuple donner, satisfaction. C’est là le moindre mal et l’ultime remède. Il y va de la sauvegarde du mythe du « Brave Tchè », l’homme des Solutions.

Le père de l’émergence de la Côte d’Ivoire. La fin d’une chose vaut mieux que son commencement dit l’adage scripturaire. Il ne faut pas gâcher tant d’an- nées de dur labeur à cause d’hommes qui, à la moindre brise, prendront la poudre d’escampette et voueront leur bienfaiteur aux gémonies. C’est bien su, l’on est mieux trahi que par les siens.

LES FAIBLESSES DU SYSTEME

Il ne faut en rien éluder les questions sociétales. Globalement, l’Ivoirien aujourd’hui est mécontent. Et pour cause : Il a le net sentiment d’être incompris, si ce n’est méprisé tout simplement. Les discours dépassés et incendiaires des politiques en sont le ferment. Il y a eu un laisser-aller qui de plus en plus, rejailli négativement sur le chef. Des décisions impopulaires sont prises dans le dos du chef. Des actes de mauvaise gouvernance sont posés et passés au silence. Et le peuple, aussi innocent qu’il puisse être, de s’interroger : « Comment le chef peut-il n’être jamais au courant, alors que nombre de décisions sont prises en Conseil des Ministres ? »

Pourtant il ne peut se résoudre à douter de celui qui a toujours prêché par l’exemple et qui a mis au cœur de son système la compétence comme critère de sélection et de désignation de ses collaborateurs. Le peuple n’est pas dupe qui sait qu’il y a des brebis galeuses qu’il faut extirper du troupeau. Il n’y a pourtant rien d’étonnant à cela. Nombre de ses rapaces et opportunistes ne pensent désormais qu’à l’après Ouattara. C’est une vérité qu’il faut dire, même si elle choque. La nature profonde de certains collaborateurs est en train de faire surface face aux incertitudes de demain.

D’où les bourdes qui se multi- plient et qui ont tendance à exaspérer le peuple qui croit, lui, à l’émergence dont le chef lui a dévoilé la magnifique lueur. Ceux qui avant son avènement ne représentaient rien à l’échelle nationale et qui aujourd’hui mènent un train de vie dont ils n’avaient jamais rêvé, ont peur de retomber dans l’anonymat et leur position antérieure. Ils affichent donc arrogance et sont peu généreux. Ils sont amnésiques de leur passé et oublient que c’est Dieu qui élève et qui abaisse. Les faiblesses du système viennent en partie de là. Ces parvenus sont coupés du peuple et ne présentent pas au chef de l’Etat le vrai visage de ce peuple qui l’a élu, réélu, et qui attend toujours beaucoup de lui. Le ver est dans le fruit.

Me Bamba Alex Souleymane

Journaliste professionnel

Juriste-Conseil

Diplomé d’Etudes supérieures de droit
Chevalier de l’ordre national
Officier du mérite ivoirien
Commandeur du mérite sportif ivoirien
Conseiller spécial des Premiers Ministres (Diarra, Banny, Soro) d’Avril 2003 à Mai 2011
Membre du comité Exécutif de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF) de 2002 à 2011

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