Des déclarations d’un goût douteux, et qui ne devraient pas plaire à une partie de son effectif. Interviewé par un panel de lecteurs du journal Sud Ouest, lundi 3 novembre, l’entraineur des Girondins de Bordeaux, Willy Sagnol, a expliqué pourquoi il était réticent à recruter des joueurs africains : pourl’ancien joueur de l’équipe de France, le “joueur typique africain” manquerait de technique, d’intelligence et de discipline.“Tant que je serai entraîneur des Girondins, il y aura beaucoup moins de joueurs africains qui rejoindront les rangs de Bordeaux”, explique sans détour Willy Sagnol. La première raison est compréhensible : l’entraineur n’est pas enthousiaste à l’idée de voir une partie de son effectif “qui, une fois tous les deux ans, se barre pendant deux mois” pour disputer la Coupe d’Afrique des Nations. Selon les calculs de 20 minutes, neuf joueurs des Girondins sont actuellement susceptibles de disputer la prochaine édition de la compétition, en janvier et février prochain.

Des propos qui rappellent l’affaire des quotas

Mais le jeune entraineur, qui vit sa première saison sur le banc d’un club, poursuit en se livrant à une analyse du “joueur typique africain”. Pour Sagnol, il a ses avantages : c’est “un joueur pas cher quand on le prend, prêt au combat généralement, qu’on peut qualifier de puissant sur un terrain”. “Mais le foot ce n’est pas que ça” explique-t-il, “c’est aussi de la technique, de l’intelligence, de la discipline.” Des qualités dont les Africains manqueraient, notamment par rapport aux “nordiques”, qui ont, eux, “une bonne mentalité”.

Des déclarations qui rappellent un épisode qui avait secoué le foot français en 2011 : l’affaire des quotas. Le site Médiapart avait publié l’enregistrement audio d’une réunion de la Fédération Française de Football, en 2010, où des dirigeants évoquaient l’idée de définir un seuil de joueurs noirs et arabes dans les centres de formation. On entendait notamment le sélectionneur de l’époque, Laurent Blanc, se demander “qu’est-ce qu’il y a comme grands, costauds, puissants ? Des Blacks. C’est comme ça.” Blanc avait fini par présenter ses excuses, et le directeur technique national, à l’origine de la réunion, avait été suspendu.