Rébellion de septembre 2002 : 1000 bouquins de Soro peinent à convaincre les burkinabés

Rébellion de septembre 2002 : 1000 bouquins de Soro peinent à convaincre les burkinabés

On peut dire sans grand risque de se tromper que Guillaume Soro veut faire passer la pilule de la rébellion de 2002. Un livre a été écrit pour justifier ‘’la noblesse et la justesse‘’ de son combat. Mais au Burkina Faso, 1000 bouquins souffrent encore de la poussière produite par la terre rouge dans des domiciles.

‘’« Pourquoi je suis devenu rebelle?» : la Côte d’Ivoire au bord du gouffre‘’. Ainsi s’intitule l’unique livre confession de l’actuel président de l’Assemblée nationale paru en avril 2005: «Ceux qu’on appelle les «rebelles» ivoiriens n’ont guère de visibilité dans les médias français. Tout juste sait-on qu’ils contrôlent le Nord du pays et que la force d’interposition s’est déployée entre eux et l’armée du président Gbagbo. Que veulent-ils au juste? Qu’est-ce qui les a poussés à prendre les armes? Ont-ils une issue à proposer à la crise ivoirienne?». Mots de l’éditeur.

Saint Soro répond à ces questions dans son livre-entretien où il s’engage avec un courage émergent et jamais égalé. «Il évoque l’itinéraire qui a conduit un jeune et brillant étudiant ivoirien– il fut le secrétaire général de l’organisation des étudiants ivoiriens – à se retrouver chef d’une rébellion armée et à contrôler plus de la moitié du pays. Il raconte l’enchaînement des événements qui a conduit à la situation actuelle, précise comment il perçoit le rôle de la France, et esquisse quelques pistes pour sortir de la crise. N’évitant aucune question difficile, il décrit, sans langue de bois, les difficultés et les contestations auxquelles se heurte l’opposition ivoirienne, mais il évoque aussi l’amour profond qu’il a pour son pays, que défigure la xénophobie des partisans du président Gbagbo et qui est loin de toucher les seuls Français puisqu’elle fut l’une des origines majeures de la crise». Un livre personnel, signe de l’émergence d’une nouvelle race de dirigeants africains qui de par sa présentation devrait voir ses exemplaires produits s’arracher comme de petits pains pour comprendre enfin la rébellion ivoirienne de 2002.

Au lieu de cela, ce livre qui est tombé sous le coup de la censure en Côte d’Ivoire sous l’ère de l’intrépide Laurent Gbagbo, reste entreposé au Burkina Faso. Principalement à Bobo-Dioulasso et Ouagadougou. C’est au total un stock de 5 millions F CFA à raison de 5 mille l’unité qui est entassé au pays des Hommes intègre ( ?). Plus des deux tiers se trouvent, selon une source de l’Eléphant, aux secteurs 20 et 25, chez la famille Zebret à Bobo-Dioulasso. Des 1000 livres, le nombre vendu n’excède pas 50. Autant les récupérer pour en faire des cadeaux en Côte d’ Ivoire au lieu d’effectuer de nombreux déplacements avec l’argent du contribuable pour justifier des actes personnels commis quand il n’était pas aux affaires. Une question de bonne gouvernance, tout simplement! «Le mot rebelle, je l’assume pleinement (…) Je ne suis pas de ceux qui se renient,(…) Au petit séminaire (institution pour jeunes garçons catholiques) on nous appris la justice, à être tolérant. Mais aussi, on nous appris à ne pas accepter l’injustice. Je n’ai pas voulu accepter l’injustice en Côte d’Ivoire», déclarait saint Soro, le 10/5, lors de son premier meeting à la gare routière de Sikensi, ville située à environ 70 km au Nord d’Abidjan. Mais la rébellion dans les écrits en vue de faire une révolution du savoir qui permettrait de changer de mentalité ne serait-elle pas mieux indiquée? Plutôt que la prise des armes?

Source: L’Eléphant déchaîné N°269

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