Recensement de la population et audition des victimes: Le Fpi appelle les Ivoiriens au boycott

Recensement de la population et audition des victimes: Le Fpi appelle les Ivoiriens au boycott

Le Fpi demande à ses militants et tous les Ivoiriens de s’abstenir par rapport au Recensement général de la population et de l’habitat et aux auditions de la Commission dialogue vérité et réconciliation
Boycott du Recensement général de la population et de l’habitat (Rgph), et de l’audition des victimes de la guerre. C’est le mot d’ordre précis que le président du Fpi, Pascal Affi NGuessan, a lancé, hier, à l’endroit des militants et sympathisants de son parti mais aussi de tous les Ivoiriens. Le parti du président Laurent Gbagbo estime que les conditions ne sont pas réunies pour que ces deux opérations se passent dans un environnement de sérénité. Notamment en termes de cohésion nationale.

La raison majeure selon Affi, qui justifie le mot d’ordre de boycott du Rgph et les auditions des victimes de la guerre est le fait que le gouvernement se complaît dans la logique de la fracture sociale qui consacre l’existence de deux camps en Côte d’Ivoire. Le camp des vainqueurs qui est composé de ceux qui sont dans les bonnes grâces du gouvernement dans tous les domaines d’activités. A l’opposé, il y a le camp des vaincus. C’est celui de tous ceux qui sont contraints à l’exil, de ceux qui sont persécutés, pourchassés, enlevés et arrêtés avant même qu’on ne leur trouve des délits, des personnes victimes du rattrapage ethnique au niveau de l’administration, des gens dont les avoirs sont gelés et les domiciles occupés.

Cette situation crée dans le pays, selon le président Affi, un climat d’insécurité qui ne garantit pas la réussite des opérations du recensement et des auditions des victimes. En tout état de cause, le patron du parti à la rose indique que tant que le gouvernement sera dans cette posture, il ne faut pas qu’il croit que le camp des vaincus va s’associer aux actions qu’il mène et qui approfondissent la fracture sociale.

Pour le Fpi donc, le gouvernement doit d’abord créer les conditions d’une réconciliation vraie à travers le dialogue politique, avant de mettre en route le Rgph et les auditions des victimes de la guerre.

Mais ce n’est pas tout. Aux raisons sociopolitiques s’ajoutent des raisons techniques.En effet, le leader du Fpi révèle que la cartographie relative au Rgph n’est pas encore prête. Tout comme les ordinateurs d’occasion qui viennent du Brésil et qui ont été utilisés au Sénégal ne sont pas encore réceptionnés en Côte d’Ivoire. Il faudra, par ailleurs, les paramétrer avant leur utilisation.

Ceci montre que le gouvernement luimême n’est pas techniquement prêt à faire le recensement. C’est pour toutes ces raisons que le Fpi appelle ses militants et les Ivoiriens à un boycott massif comme ce fut le cas pour les législatives et les municipales. Pour Affi N’Guessan, en s’entêtant à faire le recensement de la population et de l’habitat malgré les réserves du Fpi, c’est un défi qu’il lance au parti du président Gbagbo. Aussi demande-t-il aux militants de son parti de relever ce défi avec responsabilité.

Boga Sivori

Source: Notre Voie

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