Regard d’outre-tombe : Quand Mongo Béti tirait la sonnette d’alarme au sujet du problème anglophone (Vidéo)

Regard d’outre-tombe : Quand Mongo Béti tirait la sonnette d’alarme au sujet du problème anglophone (Vidéo)

Malgré le déni dans lequel se sont confortablement installées les autorités camerounaises, il y a bel et bien un problème anglophone au Cameroun, qui remonte à la nuit des temps, ou à tout le moins, depuis les origines du Cameroun en tant qu’Etat indépendant.

La crise qui a pris de graves proportions suite à la répression brutale des revendications corporatistes des avocats et enseignants anglophones poussant une bonne partie des Camerounais d’expression anglaise n’est que la conséquence du refus des dirigeants du pays de regarder la réalité en face, et d’admettre l’avènement de l’Etat unitaire à travers le référendum de 1972 n’aura été rien d’autre qu’une manière de prendre par-dessous la jambe des gens qui s’étaient, onze années auparavant, engagés dans un mariage de raison, mais qui ont été contraints malicieusement par le premier dictateur camerounais  de se laisser phagocyter purement et simplement.

Dans cette vidéo de 6 minutes et 29 secondes, l’écrivain camerounais Mongo Béti, passé depuis dans l’autre monde, convoquait les visées assimilationnistes franco-ahidjoïennes pour décrypter le coup d’Etat qui aboutit à l’abolition l’Etat fédéral et à l’instauration de l’Etat unitaire.

Francophone bon teint que l’on ne peut soupçonner de sympathie séparatiste, l’homme dont la rigueur intellectuelle et l’intégrité morale n’a jamais échappé qu’aux griots et autres courtisans du régime de Yaoundé, invitait déjà de fait les dirigeants à arrêter de faire la politique de l’autruche au sujet du problème anglophone. C’était il y a seize bonnes années.

Ceux à qui Mongo Béti s’adressait indirectement par le truchement de ses interviewers autrichiens ont fait la sourde oreille depuis lors, pour venir en 2016-2017 confier à un mécanicien des trains nommé Issa Tchiroma, le soin de défendre “l’indivisibilité” catégorique et la “non-négociabilité” de l’unité nationale du Cameroun, et papoter sur des sujets dont il ne sait manifestement rien, là où il aurait simplement suffi de retourner à l’Etat fédéral pour apaiser la situation au lieu de qualifier des Camerounais, fussent-ils sécessionnistes, de “terroristes”.

Ndam Njoya Nzoméné

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