Reprise du procès de Simone Gbagbo: Diallo Souleymane, le témoin du procureur menace «si s’était à reprendre, je tuerais Simone Gbagbo»

Reprise du procès de Simone Gbagbo: Diallo Souleymane, le témoin du procureur menace «si s’était à reprendre, je tuerais Simone Gbagbo»

Après une suspension de plus de deux mois due à la vacance judiciaire, le procès de l’ex-première dame ivoirienne, Simone Gbagbo, a repris lundi 10 Octobre 2016 à Abidjan avec la participation du témoin du procureur, Diallo Souleymane. La scène était absolument surréaliste.

L’un des trois témoins à la barre ce lundi était le vieux Diallo Souleymane, un retraité d’une soixantaine d’années. Monsieur Diallo Souleymane, le témoin de l’Accusation est un habitant d’Abobo.

Dans un témoignage imprécis et confus, l’homme raconte qu’après le deuxième tour de l’élection présidentielle, la mosquée de son quartier a été visée par des tirs de lacrymogène et qu’il lui était impossible de venir y prier. Il affirme ensuite que l’insécurité créée dans cette commune pendant la crise postélctorale fut organisée par madame Simone Gbagbo, qui aurait fait distribuer des armes dans une école tout près de chez lui.

Pourtant lorsque le président de la cour d’appel lui demande de préciser son propos, en lui posant la question « (…) avez-vous vu madame Gbagbo distribuer des armes ? », le témoin a répondu: « Non, j’ai simplement vu Mme Gbagbo sortir de l’école où on les distribuait ».

A la question du juge Boiqui Kouadjo qui voulait savoir si le témoin Diallo Souleymane avait lui-même commis des meurtres pendant la crise post-électorale, ce dernier a affirmé, sans état d’âme, avoir abattu plusieurs personnes à Abobo derrière rails.

«Toutes les personnes qui ont tenté de m’inquiéter ont toutes été tuées de mes mains» a déclaré le témoin Diallo Souleymane. Puis de poursuivre, très excité, en menaçant de tuer Simone Gbagbo.

«Si s’était à reprendre, je tuerais Simone Gbagbo», a-t-il lancé en pleine audience.

Avant Diallo Souleymane, le témoin Koné Amara, conducteur à la SOTRA à la retraite depuis 2006, a fait les même affirmations lorsqu’il fut appelé à la barre. Selon Koné Amara madame Simone Gbagbo aurait armé les jeunes et les femmes du quartier N’Ponon dans la commune d’Abobo où il réside. Tout comme Diallo Souleymane, Koné Amara a affirmé que la distribution desdites armes se serait déroulée dans une école en présence de l’ex-première Dame elle-même.

«C’est madame Gbagbo qui a envoyé les armes dans l’école qui ont été distribuées aux jeunes et aux femmes», a insisté Koné Amara. N’ayant pas lui-même été témoin de cette prétendue distribution d’armes, le témoin Koné Amara précisé qu’il tenait tout cela d’un jeune du quartier.

«Doyen, il faut te protéger, ce qui arrive est grave. Ils vont venir tuer tous ceux qui portent les boubous et les militants du RHDP», lui aurait déclaré ce jeune du quartier qui est venu lui donner une arme de marque calibre 12 pour sa protection. Ce que  Koné Amara dit avoir refusé.

A écouter les témoins Diallo Souleymane et Koné Amara, on avait l’impression qu’ils se sont concertés pour donner la même réponse sur la question de la prétendue distribution d’armes. A moins que la réponse ne fut donnée comme une dictée par la même personne aux deux témoins. Ils n’ont rien vu tous les deux. Quelqu’un est venu leur remettre une arme à chacun d’eux. Et ce sont ces personnes intermédiares qui leur auraient raconté que madame Gbagbo était présente sur le lieu de distribution.

Cétait totalement rocambolesque et surréaliste hier.

Eburnienews.net

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