Résolution à l’ONU : Pourquoi les États-Unis ont lâché Israël

Résolution à l’ONU : Pourquoi les États-Unis ont lâché Israël

Derrière le vote vendredi d’une résolution à l’ONU condamnant la colonisation israélienne dans les territoires palestiniens : l’administration d’Obama qui, avant l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, avait un message à faire passer à Benjamin Netanyahou.

C’est un vote qui fera date. Vendredi soir, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté une résolution réclamant l’arrêt de la colonisation israélienne. Le texte exhorte l’État hébreu à “cesser immédiatement et complètement toute activité de colonisation en territoire palestinien occupé, dont Jérusalem-Est”. Il ne rappelle pas seulement l’illégalité des colonies de peuplement, affirmée dès 1979, mais appelle les parties “à prendre des mesures immédiates pour prévenir tous actes de violences contre les civils, y compris les actes terroristes, de provocation et de destruction”. Des demandes que les services du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou ont d’ores et déjà rejeté, affirmant vendredi que leur pays ne se conformerait pas à la résolution.

Il n’empêche. Pour l’État hébreu, ce vote est tout de même une énorme claque diplomatique. Toute la semaine, ses hauts responsables se sont démenés pour faire échouer l’initiative. Ils croyaient même avoir partie gagnée jeudi quand l’Égypte, à l’origine de cette résolution, avait fait machine arrière. Le président égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi, avait cédé à la pression d’Israël mais surtout de Donald Trump, un allié de Tel-Aviv, qui lui avait passé un coup de fil et demandé de repousser son projet.

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Mais vendredi, le texte a de nouveau été présenté par quatre pays : la Nouvelle-Zélande, la Malaisie, le Venezuela et le Sénégal. Et son adoption a pu être obtenue parce que, fait exceptionnel, les États-Unis se sont abstenus. D’ordinaire, Washington, soutien indéfectible des Israéliens à l’ONU, a presque toujours apposé son veto à une résolution visant la question de la colonisation. Ce fut notamment le cas en 2011 sur un texte similaire à celui présenté vendredi. Mais cette fois, les États-Unis ont donc choisi de “lâcher” Tel-Aviv. “Un acte hostile”, a résumé un ministre vendredi soir. Pour les Israéliens, la “trahison” est d’autant plus grande qu’ils accusent la Maison-Blanche d’avoir aidé les Palestiniens à élaborer le texte, puisque ce sont eux, et non l’Égypte, qui l’ont rédigé.

Comment comprendre ce revirement américain? Il s’explique en grande partie par les relations exécrables qu’entretiennent Barack Obama et Benjamin Netanyahou. Jamais les deux hommes ne sont parvenus à s’entendre. On peut voir aussi dans l’abstention américaine l’un des derniers legs diplomatiques du président américain, lui qui, à l’inverse de ses prédécesseurs, s’est finalement peu investi pour tenter de relancer le processus de paix au Proche-Orient.

Surtout, c’est la dernière occasion pour Barack Obama et la communauté internationale de condamner la colonisation, avant l’arrivée de Donald Trump au pouvoir en janvier. Pendant sa campagne, le président élu a plusieurs fois répété qu’il ne considérait pas les constructions illégales israéliennes comme un problème. Vendredi soir, il s’est d’ailleurs exprimé, expliquant qu’après son investiture, “les choses seraient différentes à l’ONU”.

Antoine Malo

Source: leJDD.fr

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