Retiendra-t-on seulement de Alassane Dramane OUATTARA que pendant tout un mandat, il n’a fait que pourchasser ses opposants?

Retiendra-t-on seulement de Alassane Dramane OUATTARA que pendant tout un mandat, il n’a fait que pourchasser ses opposants?

[1]  ETAT DES LIEUX

Nous sommes à quatre(4) mois de l’élection présidentielle en Côte-d’Ivoire. Et pourtant, rien, absolument rien, ne laisse présager qu’elle nous apportera la paix, cette échéance politique qui aura inéluctablement un impact important sur la vie sociale, économique et culturelle de notre pays.

Depuis bientôt cinq (5) ans, la Côte-d’Ivoire patine dans les suites douloureuses de la crise postélectorale héritée de l’élection présidentielle de Octobre 2010, semblant ne savoir que faire pour en sortir.

En effet, partout, ce ne sont que tensions entre forces politiques, emprisonnements d’opposants étiquetés d’office pro-Gbagbo, musellement ou restrictions des libertés de réunion, atteintes aux droits de libre association, déstabilisation des partis politiques de l’opposition, décisions unilatérales de justice, etc.

Et, surtout, une espèce de bras de fer annonçant l’Apocalypse entre la coalition au pouvoir (le RHDP) et la vraie opposition; c’est-à-dire celle qui pose -ici et maintenant- les vrais problèmes de démocratie, de possibilité réelle d’alternance ; celle qui refuse –selon ses propres dires- d’accompagner le candidat du pouvoir dans ce qu’elle nomme parodie d’élection qui se prépare avec:

une Commission électorale (CEI) non indépendante puisque faisant la part belle au pouvoir;

– une structure chargée d’organiser les élections dans la transparence avec à sa tête un homme qui est tout sauf neutre: le sieur Youssouf Bakayoko qui, dédaignant les lois de l’organisme qu’il dirigeait, n’a rien trouvé de mieux ou de plus normal que d’aller –au lendemain de la forclusion de la Commission électorale- jusqu’au siège de campagne d’un candidat pour le déclarer vainqueur de la présidentielle, contre toutes les règles de la morale et de la déontologie de sa fonction d’arbitre des élections ;

– un Recensement électoral partiellement réalisé.

L’autre grief formulé par les partis opposés à une participation-légitimation du candidat du parti au pouvoir est celui de la sécurité.

Celle des candidats de l’opposition eux-mêmes et celle de leurs staffs de campagne. Celle des régions où les caravanes de campagne iront porter un message autre que celui des hommes au pouvoir.

La sécurité de leurs  sympathisants et de leurs militants, la sécurité de leurs électeurs et la sécurité des bureaux de vote, etc.

Et face à cette opposition qui demande des garanties de transparence, de bonne foi, de neutralité, de bonne volonté, le pouvoir préfère choisir ceux des opposants qui seront ses interlocuteurs: ceux qui ont choisi de l’accompagner dans ce qui a tout l’air d’être un jeu de dupes, préférant se contenter des suspectes professions de foi d’un pouvoir qui, pourtant, leur interdit de tenir des meetings dans ses bastions.

Le plus zélé de ces opposants accompagnateurs ne s’est-il pas vu interdit à deux reprises de rencontres politiques à Abobo, par exemple et contraint de rebrousser chemin quand il allait, dans le Nord du pays, muni de toutes les autorisations légales, tenter de rencontrer Simone GBAGBO qui y était alors détenue ?

Ne se rappelle-t-il plus les nombreuses promesses de facilitation dans ce sens, que lui donnait ce même pouvoir, mais qui ne pesaient pas lourd ou étaient carrément ignorées par les geôliers de tous les « pro-Gbagbo » ?

Croire que le pouvoir actuel, parce qu’il crie sur tous les toits que les élections qu’il va organiser le seront dans la transparence, la justice, avec toutes les normes démocratiques, c’est vraiment une gageure!

Il n’y a qu’à voir les corps habillés, alliés inconditionnels de celui qui fait office d’actuel chef de l’état de Côte-d’Ivoire, mis en mission et éparpillés à dessein dans tous les coins et recoins de nos villes et villages, la main sur la gâchette, prêts à en découdre avec tous ceux qui s’opposeraient à celui qu’ils ont peiné à installer au pouvoir!

Il n’y a qu’à voir la hâte de ceux qui dirigent le pays de boucler le processus d’inscription sur les listes électorales !

Le pouvoir veut, dans un inquiétant One man show, boucler, seul, le processus électoral ; et il refuse de « perdre le temps » à écouter les propositions de réglages démocratiques que veut faire l’opposition à tout ce système électoral frauduleux qui est mis en place.

Bientôt cinq (5) années passées à ne rien faire de palpable pour calmer les inquiétudes quant à son sort, d’un peuple qui se sent abandonné par ces hommes au pouvoir dont les seuls actes posés ne tendent visiblement qu’à préserver leur pouvoir!

Près de cinq (5) années que cela dure ! Et le bout du tunnel semble encore bien loin, aussi bien pour la conduite des affaires politiques elles-mêmes que pour rassurer le corps socio-économique exerçant dans notre pays!

C’est, en fait que tout ou presque tout semble bouché et nous sommes dans une véritable impasse!

Impasse au plan politique !

Impasse sociale !

Impasse économique !

Impasses dues à un refus délibéré des hommes au pouvoir de voir en face la réalité des besoins de la population!

Car il nous semble que la véritable préoccupation de notre population c’est, avant toute joute électorale, d’aller -avant tout et surtout- à une véritable réconciliation de tous les Ivoiriens et, au premier chef, la réconciliation de toute la classe politique.

C’est un secret de Polichinelle de le dire: ce sont les hommes politiques qui ont contribué à dégrader davantage les relations sociales harmonieuses qui existaient entre tous les habitants de notre pays.

Et c’est donc à eux qu’il revient –en tout premier lieu- de réparer les torts qu’ils nous ont causés.

La voie est toute tracée pour cela.

Pour prévenir ou baisser la température de cette fièvre électorale à venir,  les actuels tenants du pouvoir pourraient s’inspirer de ce que Laurent GBAGBO a fait quand, étant au pouvoir, il s’est vu confronté à une opposition insatiable et inflexible.

[2] PROPOSITIONS

1) GBAGBO avait organisé un Forum pour réconcilier les Ivoiriens. Et pour ce faire, il était allé tirer de leur exil  ses opposants BEDIE, ADO et GUËI, afin qu’ils viennent porter à la nation ivoirienne les raisons de leurs griefs.

ADO et les autres leaders du RHDP voient bien que le processus de réconciliation enclenché avec la CDVR depuis bientôt cinq ans est toujours au point mort.

Tout le monde a compris que c’est peine perdue que de s’entêter à vouloir  pacifier la société à coups d’emprisonnements, de rejet de tous ceux qui ne sont pas du RHDP, de justice partisane, etc.

La solution, les vrais observateurs de la société ivoirienne, les plus perspicaces analystes politiques la savent et la disent de façon de plus en plus audible:

LA NECESSITE DU RETOUR EN COTE-D’IVOIRE DU PRESIDENT GBAGBO qui est « le père » de tous ceux qui sont dans les fers et qu’on maltraite en son nom. Il est celui en qui la plupart de tous ceux qui souffrent se reconnaissent. Ils ont besoin qu’il soit d’abord présent, à leurs côtés, afin qu’ils acceptent, sur un mot de lui, de pardonner toutes les souffrances qu’ils ont endurées. Sa seule présence boostera la réconciliation de notre peuple car la majorité des Ivoiriens se reconnaissent en lui; même la plupart des militants sincères du RHDP savent que c’est lui seul qui peut, par sa seule présence parmi nous, apaiser toutes les récriminations  et aider notre pays à sortir du cauchemar de la crise postélectorale !

2) UNE REMISE A PLAT DE TOUT LE SYSTEME ELECTORAL est nécessaire pour véritablement donner à chaque candidat de l’opposition les mêmes chances de succès qu’a le candidat du parti au pouvoir.

Là encore, c’est Laurent GBAGBO qui montre le chemin, lui qui a fait droit à toutes les revendications de ses opposants, sans crainte de se voir battre par eux : (CEI avec une opposition majoritaire en son sein; opérateur électoral choisi par eux pour les listes électorales et tout le reste…)

Même l’organisation des élections alors que les rebelles étaient encore et toujours en armes et que le pays était divisé, etc. Gbagbo avait presque tout concédé à son opposition, et ce, sans chercher à ruser avec la Constitution.

NB:

1- Il va sans dire que la réalisation sincère de ces deux (2) propositions prendra du temps (de dix-huit à vingt-quatre ou même trente-six mois).

C’est pour cela que nous ne verrions pas d’un mauvais œil que l’actuel tenant du pouvoir reste en place tout ce temps de recherche véritable de la paix afin que sortent de cette remise en place d’une société ivoirienne déchirée, des conditions électorales plus consensuelles et un corps social plus uni, plus solidaire et à jamais désireux de tourner le dos définitivement à tout ce qui peut faire son malheur.

2- On retient de Robert GUËI qu’il a doté notre pays de la Constitution de la IIe

République, même si elle n’est pas parfaite…

On retient de Laurent GBAGBO qu’au début de sa gouvernance, il a organisé un Forum pour la réconciliation afin de tenter de vider les litiges entre les hommes politiques ivoiriens ; que pendant ses 10 ans de présidence, il en a passé 8 à chercher des compromis avec les rebelles qui ont tenté de le renverser ; qu’il les a intégrés à ses différents gouvernements au nom de la recherche de la paix pour la Côte-d’Ivoire; qu’il leur a fait toutes les concessions possibles pour aller aux élections de 2010 afin que celles-ci nous apportent enfin la paix tant recherchée; qu’il a fait de ADO et de BEDIE des candidats exceptionnels à la présidentielle de 2010 dans un souci d’apaisement de la situation électorale….

Retiendra-t-on seulement de Alassane Dramane OUATTARA que pendant tout un mandat, il n’a fait que pourchasser ses opposants, les embastiller, chercher à régler des problèmes personnels avec les Ivoiriens qui ne pensent pas comme lui ? Ne peut-on pas retenir de ADO, qu’il a aidé, à son tour, à ressouder la société ivoirienne, qu’il a apaisé tous les hommes politiques quant à son souci constant de les faire évoluer dans une société réconciliée avec elle-même, démocratique et de paix ?

TAGRO Tapé Innocent.

Enseignant au Lycée Moderne de Port-Bouët.

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