Retour au Futur : Prélude a un second désastre électoral en Cote d’Ivoire

Retour au Futur : Prélude a un second désastre électoral en Cote d’Ivoire

Avec la complicité des demi-dieux occidentaux, grands moralisateurs du monde, appelés abusivement « communauté internationale », le régime de Ouattara s’apprête à porter un second coup de machette à la démocratie en Cote d’Ivoire.

En effet, malgré les appels des partis de l’opposition a la mise en place en place d’une transition politique propice à la création d’un environnement social et politique sain pour la tenue d’élections libres, transparentes, démocratiques et apaisées, malgré le désaveu manifeste du peuple ivoirien qui a déjà voté massivement en faveur du boycott de cette seconde mascarade électorale par son silence assourdissant, le sieur Ouattara et sa bande d’accompagnateurs ont choisi de consolider son imposture en organisant des élections dans lesquelles lui seul joue les rôles de vendeur de billets, de policier, d’arbitre, de juge, de spectateur, de délégué au match, de fédération et d’unique joueur de la seule équipe présente sur le terrain politique national.

Le résultat de ce second match de « qui perd gagne » électoral est déjà connu : Bakayoko va déclarer Ouattara vainqueur dans son quartier général de campagne, en présence du corps diplomatique de « la communauté internationale » massivement représentée par la France et les Etats-Unis. Les Nations Unies derrières ces deux larrons en réalité fossoyeurs de la démocratie en Afrique vont valider le scrutin, et les institutions africaines telles que la CEDEAO et l’Union Africaine, caisses a résonnances de leurs « bailleurs de fonds » occidentaux, vont répéter, en bons perroquets zouaves, la victoire du « sauveur de l’humanité ». Et « l’homme de la Renaissance Africaine », drapé pour la circonstance dans les plus vives couleurs de « sa chère patrie », la République de Cote d’Ivoire, va prêter serment devant sa cour constitutionnelle taillée à son gout, en mettant sa main sur « la charte des rebellions » qui lui sert de constitution. Et la presse internationale va clore cet épisode du théâtre de l’absurde en déversant son fleuve d’encre et de salive rhétoriques sur la pacification « des peuplades primitives d’Afrique » grâce à « la mission de civilisation française » en Cote d’Ivoire.

Ce scenario à l’ivoirienne est une copie conforme des autres missions de la France dont l’encombrante présence en Afrique dite « francophone » est plus que jamais perçue comme une occupation pire que le temps de la colonisation.

Heureusement que le peuple ivoirien, le seul qui devrait compter dans ses/ces élections, a vu de très loin cette énième mise en scène en votant massivement, par son silence et son désintérêt, sa volonté de ne pas se rendre complice de sa propre mort.

La question aujourd’hui en Cote d’Ivoire n’est donc pas de savoir qui a gagné les élections de Ouattara, mais de savoir quelles sont les conséquences que le peuple de Cote d’Ivoire et les leaders et institutions politiques du pays vont tirer de ce second coup de machette porté à la jeune démocratie ivoirienne ? Faut-il, pour le peuple ivoirien, avaler sa honte nationale, confesser son incapacité à affronter la France et ses rebelles, et se soumettre, le sourire banania aux lèvres, a l’indignité de la (re)mise sous tutelle française de la Cote d’Ivoire ? En d’autres termes, que doivent faire les ivoiriens après le constat de la seconde forfaiture électorale du 25 Octobre ?

Le CACI (Comite d’Actions pour la Cote d’Ivoire), une organisation de patriotes de la diaspora ivoirienne aux Etats-Unis d’Amérique, propose quelques pistes de réflexions à ces questions fondamentales auxquelles tous les ivoiriens, individuellement et collectivement, vivant sur le territoire national ou établis ailleurs devraient, nécessairement répondre puisqu’il y va de la survie de ce qui nous unit tous et toutes : notre chère Cote d’Ivoire.

Mais avant d’y parvenir, le CACI souhaiterait rappeler à tous sa vision de la Cote  d’Ivoire, fondée sur les trois valeurs suivantes :

  1. L’attachement à l’unité nationale de la Cote d’Ivoire dans sa diversité culturelle conçue comme sa première richesse nationale et non pas comme source de « conflits ethniques ».
  2. La démocratie, une plante adaptée et adaptable a tous les cieux et non pas prétendue monopole des zones tempérées, parce que source de paix et facteur de développement économique.
  3. La souveraineté nationale conçue comme l’aspiration du peuple ivoirien à gérer son propre destin et à choisir ses partenaires extérieurs. En particulier son aspiration à s’affranchir de façon définitive au monopole de la France dans sa vie nationale et internationale.

Sur la base de ces trois dogmes, et convaincu que la Cote d’Ivoire ne peut émerger de la nuit profonde dans laquelle l’a plongée la rébellion qu’à travers des élections libres, transparentes et démocratiques qui reflètent l’expression de la volonté souveraine du peuple de Cote d’Ivoire, le C.A.C.I salue d’abord les partis politiques, en particulier le FPI, les leaders, les organisations de la société civile qui ont refusé de transiger avec la Constitution ivoirienne en ne participant pas à l’élection frauduleuse de 2015. Il juge que la décision de M. Mamadou Koulibaly, de M. Essy Amara et de M. Charles Konan Banny de retirer leurs candidatures de l’élection présidentielle de 2015 est idoine et démocratiquement audacieuse dans un pays où la compromission, la concession, et l’argent sont les maîtres-mots du jeu politique ;

Il demande instamment à  M. Pascal Affi Nguessan et à M. Kouadio Konan Bertin, fortement entachés par l’acte grave de participation à la fraude électorale du dimanche 25 Octobre, de se ressaisir, vu le verdict du peuple, en retirant leurs candidatures afin de s’investir dans la pression que la majorité des Ivoiriens exercent pour mettre fin à la dictature de M. Dramane Ouattara ;

Salue la FIDHOP, le FPI, la COPIE, l’URD, le RPPP, le NPR, l’UNG, le LIDER et les organisations et leaders, qui insistent sur le caractère indispensable d’une « période transitionnelle » et qui appellent au boycott de tout le processus électoral présidentiel de 2015 ;

Salue chaleureusement le peuple de Cote d’Ivoire qui a, une fois de plus, démontré sa maturité politique en s’éloignant le plus loin possible des urnes de Ouattara ce dimanche 25 Octobre 2015 comme l’on s’éloigne de la peste. A travers le désert électoral qu’il vient d’infliger au régime de Ouattara et à ses sponsors outre-marins, il réitère son message de 2010, que les méthodes démocratiques d’accession au pouvoir d’Etat à travers des élections libres, transparentes et compétitives sont les seules voies qui mènent désormais au salut national en Cote d’Ivoire.

Encourage les ivoiriens et Ivoiriennes à poursuivre le boycott de tout le processus électoral de 2015.

De plus, Le CACI met en garde la France aux oreilles dogmatiquement fermées, que c’est à ses risques et péril que, ayant eu une seconde chance de se ressaisir, elle choisit de dresser contre elle le peuple de Cote d’Ivoire en imposant ou/et en se rendant complice de la prolongation de l’imposture. Les institutions issues de ce frauduleux scrutin étant entachées d’illégalité et d’illégitimité notoires, elles ne peuvent prendre de décisions qui engagent le peuple de Cote d’Ivoire.

Enfin le CACI renouvelle son appel à une période de transition politique à la Sud-Africaine, dont les principaux chantiers seraient les suivants :

  1. Réconciliation nationale par la restauration de l’état de droit, de la sécurité des biens et des personnes sur toute l’étendue du territoire national, la libération des prisonniers politiques dont le Président Laurent Gbagbo et sa femme Simone Gbagbo, le retour des exiles politiques, la restitution des biens des populations spoliées a l’issue de crise électorale de 2011 et de la rébellion de 2002, le dégel des avoirs des opposants politiques de M. Ouattara.
  2. La création d’une commission nationale chargée d’établir les règles d’organisation d’élections libres, transparentes et démocratiques pour l’investiture d’institutions qui reflètent la volonté du peuple ivoirien.
  3. La mise sur pied, après cette période, d’une commission nationale post-électorale de réconciliation chargée dans un délai de deux ans, de réparer la fracture sociologique du tissu national.

Même si une transition politique paraît difficile à exécuter, cette solution est de loin la meilleure alternative pour une renaissance politique en Côte d’Ivoire

En résumé, ce bref état des lieux établi par le CACI en Cote d’Ivoire nous donne une raison suffisante pour déclarer une nouvelle fois que l’élection présidentielle de 2015 n’est pas faite pour réconcilier les Ivoiriens. Au contraire, elle a pour objectifs de légitimer M. Alassane Dramane Ouattara et ses rebelles à la tête de la Côte d’Ivoire, perpétuer la fracture sociologique qu’il entretient par la dictature et le népotisme, et condamner la Cote d’Ivoire a une instabilité chronique justifiant la présence semi-perpétuelle de la France et de « sa communauté internationale » en Cote d’Ivoire.

Le C.A.C.I s’oppose fermement à la pérennisation de l’ÉTAT de non droit, à la mise à mort de l’Etat de Cote d’Ivoire, et persiste à dire que le retour à la stabilité politique en Côte d’Ivoire requiert la fin du régime de M. Alassane Dramane Ouattara, une transition politique, et une dénonciation du rôle de la France  comme broyeuse de la souveraineté ivoirienne et fossoyeuse du processus de démocratisation en Côte d’Ivoire.

Le CACI ne saurait terminer son propos sans réitérer son attachement aux idéaux défendus par le CNRD et sans saluer tous les camarades encore en détention, les exilés et les réfugiés.

Fait aux Etats-Unis, le 25 octobre 2015 

Pour le C.A.C.I

Le Secrétariat Exécutif

Éric Edi, PhD.

About Tjefin

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.