Revoilà  encore la république mesquine (Par Dr Serge-Nicolas NZI)
Dr Serge-Nicolas NZI Chercheur en communication Lugano (Suisse)

Revoilà encore la république mesquine (Par Dr Serge-Nicolas NZI)

Le principal ennemi de la vie politique aussi bien en Europe comme en Afrique, c’est de se rendre compte du jour au lendemain qu’on vit sous un régime mesquin qui nous rend indigne de la terre qui nous porte. En nous poussant au constat amère que la noblesse n’existe plus et que la filouterie, la duplicité et la grandeur d’âme ont disparut dans le comportement de ceux qui nous gouvernent, le citoyen désespère de la république, qui apparaît comme un club de copain au service de la bassesse et de la forfaiture.

Nous voici alors dans la république mesquine, c’est-à-dire un état qui a donné le dos à ses propres valeurs. Un pays qui va en continue faire la distinction entre ses propres citoyens en reniant les valeurs sociales et morales qui fondent le vivre ensemble qui est le socle de la république.

Est mesquin tout ce qui manque de grandeur, de noblesse, de distinction, de bonté d’âme et de largeur d’esprit. Tous ceux qui sont incapables de prendre de la hauteur, de lire le futur dans le présent pour prendre les bonnes décisions. Tous ceux qui n’ont que leur petitesse d’esprit comme projet de société, ne peuvent que nous conduire dans la médiocrité, la forfaiture, la sordidité, la bassesse, dans la méchanceté criminelle et surtout dans la combine mafieuse.

Observez bien les chez d’Etats européens et surtout ceux de l’espace francophone d’Afrique et vous vous rendrez compte que ceux qui sont capables de sortir de la mesquinerie ont la capacité de posez des actes de noblesse et de dignité. (Angela Merkel Pour l’Allemagne) ainsi que (Léopold Sédar Senghor et Abdul Diouf au Sénégal) Nous voulons dire des actes qui rassemblent les cœurs et les esprits dans les valeurs de la nation.

Méfions nous des politiciens sans humilité et sans envergure qui veulent nous gouverner sans vivre avec nous. Ceux qui pensent que menacer leurs concitoyens matin et soir est une preuve de leur réussite. Ceux qui veulent que nous nous prosternons devant eux comme des idoles se trompent d’époque. Nos cœurs vont vers ceux qui en ces temps de tourmentes savent nous consoler et nous tenir la main dans l’attente des jours meilleurs.

L’étroitesse d’esprit et la mesquinerie

Dans le gouvernement de Vichy, il y avait de brillant juristes comme Raphael Alibert, spécialiste de droit administratif et pourtant c’est ce dernier qui ministre de la justice va préparer et présenter en conseil des ministres les lois anti-juives de 1940. Jugez en vous-même : la loi du 10 juillet 1940 dispose que «Nul ne peut être employé dans les administrations de l’Etat s’il ne possède pas la nationalité française à titre d’originaire, comme étant né de père français. »

La loi du 22 juillet 1940, quand à elle fait perdre à plus de 15 000 personnes la nationalité française du jour au lendemain sans que rien ne leur soit reproché.

La loi du 3 octobre 1940, sont application provoque l’exclusion des juifs de la fonction publique, de l’armée, de l’enseignement et des professions libérales comme avocat, architecte, médecin, entrepreneur ou commerçant.

Nous n’évoquons pas la création à Paris dans la ville lumière du commissariat aux questions juives et la nomination du sinistre Xavier Vallat, à sa tête. On ne le dit pas assez mais par mesquinerie, Le Général De Gaulle après l’appel du 18 juin 1940, fut déchu de sa nationalité française par le régime de Vichy.

Nous passons sous silence ici, les arrestations, les internements, le port de l’étoile jaune, les humiliations et finalement la déportation organisée par un gouvernement pour envoyer de gens innocents qui étaient sous sa propre protection, vers les camps de la mort. Voilà jusqu’ou des hommes mesquins dans une république qui a perdu la raison peuvent conduire leur propre pays.

La république mesquine qui dormait d’un seul œil depuis la guerre vient de se réveiller. Elle menace ceux qui sont nés en France et coupables d’actes terroristes de les déchoir de la nationalité française s’ils sont binationaux.

Sincèrement pensez vous que celui qui porte une bombe à sa ceinture prêt à se faire sauter se préoccupe t-il de la nationalité d’un pays qui ne l’a accepté que du bout des lèvres ? Il est évident qu’on est entrain de lutter ici contres les effets et non contre les causes du terrorisme.

Cette mesure ne va-t-elle pas à l’encontre des valeurs prônées par la constitution française qui affirme l’égalité de tous devant les lois de la république ? En 1940 le gouvernement collaborationniste de Vichy au lieu de lutter contre l’occupant allemand, arrêtait et maltraitait ses propres citoyens. Aujourd’hui la république mesquine de François Hollande au lieu de lutter efficacement contre Daesh persécute ses propres citoyens dans un état d’urgence et des perquisitions humiliantes qui affaissent la démocratie ainsi que les droits de l’homme dont la France prétend d’être le berceau.

L’Etat Mesquin en Afrique

Les pays africains de l’espace dit francophone ont le plus copié sur la France, aucun d’eux n’avancera vers le plein épanouissement et la dignité tant qu’ils seront à la remorque de la France comme des laquais. Par mesquinerie nos dirigeants politiques n’ont que la méchanceté criminelle, le tribalisme et la défense des intérêts français comme but de la gouvernance nationale. Regardez comment ils traitent leurs opposants ? Observez comment ces dictateurs son reçus à Paris ? Et vous comprendrez aisément pourquoi quelque soit la quantité de pétrole, de diamant, de cuivre, d’or de café, de cacao ou de coton nos populations resteront durablement dans la pauvreté, la crasse et la maladie.

Près de soixante ans après les indépendances, il y a des pays qui n’ont pas de routes, d’électricité de l’eau potable ou d’universités et d’hôpitaux qui fonctionnent correctement. Pour se nourrir, se loger, trouver du travail ou mettre son enfant à l’école reste un casse tête un peut partout en Afrique noire. L’état mesquin se nourrit de prédation et de rapacité. Dans cette position il ne pourra jamais faire le bonheur de nos populations africaines. A moins que le contraire nous soit prouvé avec preuves à l’appui.

Ils n’ont que le tribalisme, des guerres civiles des détournements de deniers publics et des querelles interethniques à nous offrir. La gouvernance par mesquinerie est au service d’un groupe clanique proche du président. Ils se gavent dans un bonheur sans fin sur les ruines de la nation avec les commissions juteuses qu’ils reçoivent des multinationales amies du président qui ne payent pas d’impôts sur place.

En réalité le président de la république et son gouvernement ne sont rien d’autres que des petits intermédiaires d’affaires juteuses entre leur pays et la France. C’est cela la toile de fond de nos malheurs. Regardez nos prisons débordantes d’opposants dont les seuls crimes sont d’avoir contesté l’iniquité et la mesquinerie de l’Etat prédateur.

La Guinée de Sékou Touré

Les parents de Sékou Touré et ceux de sa femme les Keita, ont été les deux branches du pouvoir sous le régime du président Sékou Touré. Les peuls, les soussous, les tomas, les guèzes et autres observaient un pouvoir malinké tenant fermement l’essentiel de la vie politique et social du pays.

Souvenez-vous de cette phrase terrible d’Ismaël Touré, à cette fameuse réunion du bureau politique du PDG-RDA à la mort de Sékou Touré. Alors que de par la constitution l’intérim devait être assuré par le premier ministre, Louis Lansana Béavogui, Ismaël Touré déclara sans soucier que : << ce n’est pas un singe forestier qui va nous commander >> comme si les ressortissants de la région forestière ne sont pas aussi des guinéens ? Ceux qui n’ont que leur groupe ethnique comme projet politique ne se rendent même pas compte qu’en agissant ainsi ils creusent leur propre tombe.

Amara Touré, le frère ainé du président était le secrétaire fédéral du pari-état à Faranah, ce qui lui donnait la haute main sur l’administration politique du pays. Ismaël Touré fut plusieurs fois ministre et membre des instances de direction du parti-état.

Son cousin Siaka Touré, commandant du sinistre camp Boiro, fut aussi président du tribunal révolutionnaire et ministre des transports. Les exécutions sommaires avec un coup de fusil dans l’anus des suppliciés, la torture, la maltraitance des opposants, la mort atroce de Diallo Telli et de tant d’autres personnes furent son œuvre.

Voyage dans l’horreur et la mesquinerie d’Etat

La conception du pouvoir et le culte de la personnalité qui l’accompagne, le clanisme et le tribalisme érigé en doctrine politique ont été néfaste à la gouvernance de l’immense Zaïre, aujourd’hui Congo RDC. Pays qui sur tous les plans aurait put être un exemple de réussite et de fierté pour tout le continent africain.

Une simple décentralisation dans un ensemble fédéral prospère parce que bien géré aurai pu mettre en valeur ses immenses ressources humaines, minières, agricoles et hydrauliques au bénéfice des populations zaïroises et de cette sous région à cheval entre l’Afrique centrale et australe.

A la chute de Mobutu le bilan fut lourd et amère. Le Zaïre n’avait pas de routes, les hôpitaux étaient à l’abandon, l’école était inopérante, les fonctionnaires n’avaient plus de salaires depuis des années. Les soldats vendaient leurs armes dans un pays sans tête ni queue ou chacun cherchait à survivre dans un environnement de fin du monde ou le président de la république était encore le guide, le président fondateur, le maréchal, l’unificateur, le père de la nation, le timonier national, le bâtisseur et le pacificateur.

Les images des chants et danses à la gloire de Mobutu sont encore là pour témoigner de la véracité de nos propos. Et dire que les pays européens et nord américains avaient soutenu un tel régime criminogène, criminel et corrompu jusqu’à la moelle. Mobutu nous a laissé une belle leçon. Celle qui nous permet aujourd’hui de dire avec preuves à l’appuis que les immenses ressources d’un pays ne servent à rien s’il est gouverné par une dictature mesquine, criminelle reposant sur le clanisme, le tribalisme, la méchanceté et la prédation économique.

Les dictatures emprisonnent, pendent, tuent, déportent, séquestrent et torturent quand ce n’est même pas nécessaire. Nos pensées vont vers les pendus de la pentecôte du 1er juin 1966, Evariste Kimba, ancien ministre de Lumumba et trois de ses proches que sont : Alexandre Mahamba ministre des affaires foncières, Emmanuel Bamba membre du sénat et Jérôme Anany qui était ministre de la défense.

Cette horrible pendaison après avoir eu les yeux crevés est la preuve de la bestialité de Mobutu et de son régime. Ne parlons même pas de l’assassinat de pierre Mulélé et des massacres d’étudiants dans la nuit du 11 au 12 mai 1990, sur le campus universitaire de Lubumbashi, est la preuve patente que la privatisation de l’appareil d’état par un clan ou un groupe ethno-régional, ne peut que conduire à un recule de la démocratie, de la justice sociale et de la dignité pour tous.

Sous l’administration Mobutu la plupart des ministères régaliens étaient occupés par les membres de son groupe ethnique, les Ngbandi de la région équatoriale du Zaïre. L’appareil sécuritaire zaïrois était totalement aux mains de sa famille et des Ngbandis. Son dernier premier ministre le Général Likulia Bolongo était un N’ngbandi. Son dernier chef d’état major interarmes, le général Donatien Mahélé était un Ngbandi, le commandant de la DSP, la garde présidentielle était son neveu le général NZIMBI.

La marine nationale était commandée par l’amiral Mavoua, la garde nationale était dirigée par son oncle le général Kpara Baramoto. La gendarmerie nationale était sous le commandement de son beau-frère le général Bolozi. Le ministre directeur du cabinet présidentiel était le Pr. Félix Vunduame Te Pemako, son conseiller Spécial qui coiffait les affaires étrangères et les questions de défense était Honoré Ngbanda, son médecin personnel le Dr Diomi, tous du groupe ethnique du président.

A cela s’ajoute le clan de métisses affiliées aux Ngbandi de l’équateur, composé des hommes d’affaires et politiciens apparatchiks qui gravitent autour du président. Léon Kengo wa Ndodo, Jean Seti Yalé, Jeannot Bemba Salona et le général Kikunda Ombala commandant des forces aérienne et ancien directeur d’air Zaïre.

Si cet exemple concret et vérifiable ne vous suffit pas, nous vous invitons à vous rappeler du Rwanda avant l’abominable génocide d’avril à juillet 1994.

Nous avons eu le temps de bien observer Habyarimana, comme Blaise Compaoré au Burkina Faso ou Samuel Kanyon Doé, au Libéria, ils appartiennent tous à la race des gens qui par mesquinerie pensent que leurs ambitions sont au dessus du pays qu’ils veulent gouverner. Le bien être de tous et la dignité collective ne les intéressent pas.

Pour bien connaître l’homme au double langage le major général Juvénal Habyarimana, il faut se souvenir de ce matin du 20 mars 1994, ou il se rend à l’aéroport de Kigali pour y accueillir l’équipe nationale de football de son pays qui rentre d’un match de présélection de la coupe du monde.

Devant les joueurs ébahis, il se lance dans un discours improvisé, rappelant que lui l’invincible, a commencé sa carrière comme avant-centre. « Je n’ai jamais perdu, dit-il, car quand la partie semblait mal tourner, je n’ai jamais hésité à briser la jambe du joueur adverse. Il m’est arrivé de casser le ballon lui-même. Je suis comme ça. » 

Voilà le prototype même de l’homme mesquin en politique. Nous demandons à nos contradicteurs de bien vouloir vérifier la véracité de cette déclaration, pour comprendre que des hommes de cette nature ont dirigé des pays avec les résultats que nous connaissons tous.

C’est dans cette logique que le président au double langage affirme dans un meeting de son parti le MRND, (le mouvement révolutionnaire national pour le développement) à Ruhengeri, le 15 novembre 1992, que les négociations d’Arusha ne sont qu’un << simple chiffon de papier>> et qu’il compte sur le peuple pour le soutenir. Le reste vous le savez nous n’avons pas besoin de vous faire des dessins.

Alassane Dramane Ouattara et son groupe ethnique en Côte d’Ivoire

Nous pouvons comprendre la médiocrité de Mobutu, des Compaoré, des Samuel Doe, des gens comme Bokassa qui n’étaient que des Bouffons ou d’un Habyarimana qui était un phallocrate totalement enivré par son projet pan hutus. Mais en faisant de la primauté des ressortissants du nord une idéologie de gouvernance Allassane Dramane Ouattara vient de placer durablement la Côte d’Ivoire sur les rails de la gouvernance ethno tribal qui avait plongé le Rwanda dans l’horreur du génocide.

Les ministères régaliens comme l’économie, les finances, l’intérieur et la sécurité, la communication, la justice, l’éducation nationale, la fonction publique, le budget, les transports, la formation professionnelle, l’intégration africaine, le pétrole et l’énergie, l’agriculture, la construction et l’urbanisme, la promotion des PME tout cela revient aux personnes proches de lui et de sa famille.

On nous avait dit par mesquinerie qu’il n’y avait pas de prisonniers politiques en Cote d’Ivoire et brusquement par un claquement de doigts, Alassane Dramane Ouattara accorde la grâce présidentielle à 321 prisonniers politiques dont il niait hier encore l’existence. Est-on sincèrement dans un pays respectable ?

Par des petits calculs sordides et mesquins 90% des entreprises d’Etat sont dirigés par les ressortissants du nord. L’Etat major de l’armée est complètement aux mains de l’entourage du président, conseiller par les français qui ont poussé Habyarimana dans l’horreur, Alassane Ouattara, ne regarde plus la compétence, il regarde l’origine ethnique qui devient désormais la seule référence dans les nominations à des postes de responsabilités.

Sous le régime de Dramane Ouattara, 90% des admis aux concours administratifs sont des ressortissants du nord. Ses neveux, nièces, frères cousins et beau-fils, sont impliqués dans la gestion de l’Etat. Les marchés d’Etat sont attribués à des entreprises dirigées par ces proches. Les autres ivoiriens n’ont rien à dire circulez il n’y a rien à voir. Ceux qui en parlent ne sont que des jaloux. Nous sommes en face d’un système comparable au régime criminel de Blaise Compaoré, dans le Burkina Faso voisin.

Dans un tel système, il n’arrivera même pas à l’esprit d’un seul de ceux qui sont de la bonne ethnie de dire que ce n’est pas une bonne chose. La méchanceté, le crime gratuit, la coercition et la peur comme horizon pour des millions d’ivoiriens qui ne sont pas du bon groupe ethnique. L’attribution des marchés d’état à des groupes amis sans appels d’offre est gênante pour tout le monde. Toutes ces choses désolantes cautionner par la France vont conduire la Cote d’ivoire dans un nouveau Rwanda ou la France dira qu’elle n’a aucune responsabilité, alors qu’elle sait que des armes sont distribuer et attendent le moment propice pour être utilisés.

Habyarimana à laissé mourir son prédécesseur le président Grégoire Kayibanda, malade dans le dénuement total. Mobutu au moins à eu la décence de laisser Pauline Lumumba aller vivre avec ses enfants à l’Etranger. Alassane Dramane Ouattara, à fait Transférer Laurent Gbagbo devant une juridiction internationale, à fait condamner ses collaborateurs, la femme et le fils de son prédécesseur et contraint les membres de sa famille à l’Exil à l’étranger. Sans compter des centaines de pro-Gbagbo, qui croupissent encore sans jugement depuis des années dans les prisons mouroirs du pays. Tel est le vrai visage de l’usage mesquin de l’ethnie comme doctrine politique en Côte d’ivoire.

Postulat de conclusion générale

Un dictateur mesquin tue pour le plaisir même quand cela n’est pas nécessaire. Incapable de prendre de la hauteur tuer devient pour lui un moyen de survie. Dans le cas de compaoré, le tueur froid de Ouagadougou, était-il vraiment nécessaire de tuer le journaliste Norbert Zongo ? Bien sur que non mais Norbert Zongo et ses compagnons de route sont morts et on a trouvé des juges mesquins pour classer l’affaire sans suite.

Cela est typique de l’Etat rongé par la mesquinerie. Nous regrettons fortement de vous avoir accompagné dans ce voyage dans l’horreur.

Sommes-nous condamnés à vivre sous l’égide de dictatures criminelles qui n’ont que la prison, le sang, le meurtre, la pendaison, la violence la ségrégation ethnique et des guerres à nous offrir comme horizon ?

Les expériences en grandeur nature sont devant nous pour nous indiquer que même quand tous les signaux d’alertes sont aux rouges, la négation des évidences fait qu’il n’y a que l’avènement du pire qui peut faire partir un dictateur du pouvoir. Toutes les expériences sur le repli communautaire ou identitaire n’apportent que des malheurs au pays.

L’expérience libanaise nous apprend qu’on ne sort jamais vainqueur d’une lutte au corps à corps avec la ségrégation ethnique, religieuse ou les luttes intercommunautaires. Observez les grandes familles libanaises qui criaient aux armes hier encore ? Les Chamoun, les Eddé, les Frangié, les Gemayel, les Hariri, les Fouad, les Joumblatt, les Sohl, Les Karamé, les Salam, les Berri, les Lahoud etc. Ils ne sont que l’ombre de leur propre aveuglement dans un pays ou il ne reste plus rien à détruire.

Observez la fin tragique des dignitaires du régime de Sékou Touré. Mobutu et ami Habyarimana eux sont morts et enterrés à l’étranger ce qui est un comble d’humiliation dans les civilisations bantus dont-ils se réclamaient. C’est au nom des autochtones libériens que Samuel Doé avait perpétré le coup d’Etat qui renversa le président William Tolbert, le 12 avril 1980. Où est Samuel Kanyon Doé aujourd’hui ? Il fut dépecé comme un sanglier   et ses restes furent brulés pour que rien ne reste de lui sur terre.

Le Togo de la compagnie Eyadema et fils est devant nous avec une armée ethnique à majorité de kabyés du nord du pays. Nous connaissons tous les limites de cette expérience dynastique qui n’apporte pas le progrès mais cristallise rancœurs, amertumes et les ressentiments qui alimenteront les crises insolubles de demain.

Alassane Dramane Ouattara, veut jouer avec le feu pour plaire à la France mesquine, à ses amis Bouygues et Bolloré. De jeu en jeux on fini toujours par jouer sa propre vie comme à la roulette russe. Dans un pays aussi imbriqué que la Côte d’Ivoire, vouloir instaurer une immatriculation ethnique dans un recensement de la population ou mettre le groupe ethnique sur les cartes d’identité. Introduire des quotas ethniques dans l’armée et les établissements publics, instaurer une justice qui ne condamne que les ressortissants des autres groupes ethniques. Nous sommes entrain de réunir les conditions de l’explosion du pays des éléphants.

La vie politique sous nos cieux doit-elle nous faire perdre de vue les valeurs morales de notre éducation et la paix sociale nécessaire pour consolider le fragile état nation hérité de l’occupation coloniale ? Un groupe ethnique est-il en droit d’écraser les autres composantes de la nation au nom de ses luttes identitaires et de ses intérêts personnels sordides, mesquins partiels et parcellaires ? Les politiciens crapuleux, qui empruntent cette voies sont la meilleure incarnation du diable et du mal qui est en eux.

Bien sûr que nos avertissements ne serviront à rien si non que d’attirer sur nous la colère des tenants du rattrapage ethnique, c’est pourquoi ; Nelson Mandela, est sortit de sa tombe ce matin pour venir à notre secours.   Dans son jugement sur Frederik de Klerk, le dernier président du régime de l’apartheid, il résume mieux notre souci de ce jour :

« Quelles qu’aient été ses erreurs, et il en a fait beaucoup, il a sa place dans l’histoire. Sans son soutien au processus de négociation, nous n’aurions jamais fait la paix en Afrique du Sud.»

Voilà ce que nous aimerons retenir d’Allassane Dramane Ouattara au lendemain de l’instauration d’une paix juste et durable en Côte d’Ivoire. S’il ne veut pas que son portait figure dans la galerie du diable, Il n’est donc pas trop tard pour redresser la barre du navire ivoire pour qu’il s’éloigner durablement des récifs.

Merci de votre aimable attention.

Dr Serge-Nicolas NZI

Chercheur en communication

Tel. 0041792465353

Lugano   (Suisse)

Mail : nicolasnzi@bluewin.ch

 

 

 

 

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