Rien n’a changé à la CPI : Le témoin accuse la France de crimes et complique la tâche à Bensouda

Le procès conjoint Laurent Gbagbo et Blé Goudé devant la Cour pénale internationale (Cpi) a repris ses droits ce lundi 28 août 2017 à La Haye.

Au prétoire, un témoin à charge au nom de code P500 répondant aux noms de Digbo Foua Mathias. Il a déclaré être un ex-élément membre du Front pour la libération du Grand ouest (Flgo) de Maho Glofiéhi. Ivoirien, d’ethnie Gouro et chrétien, ce témoin, est le 58ème à témoigner. Il a déclaré avoir été présent à la résidence présidentielle du 30 mars au 13 avril 2011. Pour le contre interrogatoire, Me Emmanuel Altit l’avocat principale du président Laurent Gbagbo l’a donc interrogé sur le séjour passé à la résidence présidentielle du 31 mars au 13 avril 2011.

« Vous aviez dit Mr le témoin que vous étiez à la résidence (Ndlr ; du président) du 30 Mars au 13 Avril 2011 ? Qui sont ceux qui vous attaquaient ? » L’a questionné Me Altit. A cette première question le témoin recruté par la procureure de la Cpi Mme Fatou Bensouda a répondu dans une longue et détaillée description des faits. « Effectivement, j’étais à la résidence (Ndlr ; du président Laurent Gbagbo) du 30 Mars au 13 Avril 2011. »

Et P500 d’ajouter, après repris haleine suite à la question de Me Altit : « Qui attaquaient la résidence présidentielle, cette période-là ?» « Ce sont les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) ».

Poursuivant, il fait ses révélations sur l’identité des forces qui ont attaqué la résidence présidentielle et le calvaire subi à cet effet. « Les hélicoptères français ont attaqué à plusieurs reprises la résidence présidentielle. Ils ont bombardé la résidence, l’infirmerie, le camp de la Garde républicaine. Il y a eu des blessés et des morts. Les attaques étaient fréquentes », se rappelle le 58ème témoin à charge. Et d’indiquer « que du 4 au 11 avril 2011, la résidence présidentielle essuyait des tirs des snipers qui ont abattu des jeunes (3), à l’entrée de la résidence ». « Moi-même, les snipers m’ont raté de peu », a-t-il soutenu. Non sans préciser que « les jeunes qui ont été tués n’étaient pas armés. Des snipers étaient localisés sur le toit de la résidence de l’ambassadeur de France. D’autres snipers étaient vers l’entrée de la résidence présidentielle ». Le témoin multiplie les révélations sur le calvaire qu’ont vécu Laurent Gbagbo et les jeunes aux mains nues, en racontant que « l’infirmerie était à plat, elle était bousillée, après le bombardement ». En tout cas selon le témoin, à la résidence présidentielle « il y avait une ambiance de fête plutôt qu’une ambiance de guerre », a soutenu l’ex-combattant du Flgo. Qui sera à nouveau au prétoire, ce mardi pour certainement la fin de sa déposition.

Extraits :

« Nous étions attaqués par les FRCI (Forces républicaines de Côte d’Ivoire – armée de rebelles qui soutenaient Alassane Dramane Ouattara, ndlr) mais aussi par les Hélicoptères français. Les hélicoptères presque tous les jours bombardaient la résidence. Tout a été bombardé à la résidence. L’infirmerie et le poste de la Garde Républicaine ont été rafalés aussi. Tous les blessés qui se soignaient à l’infirmerie ont été tués par les tirs des hélicoptères. Les snipers français postés sur le toit de la résidence de l’ambassadeur de France mitoyenne à la résidence du président Laurent Gbagbo, tuaient les jeunes qui combattaient pour la défense de leur pays. Je connais deux jeunes qui furent lamentablement abattus par les tirs des snipers français. Moi même ils m’ont loupé. Nous ne dormions pratiquement plus à la résidence. Chaque jour et minutes par minutes nous essuyons des tirs violents. Nous combattions à ces instants pour sauver notre pays et pour défendre la patrie… » A raconté P500, le 58ème témoin répondant au nom de Digbo Foua Mathias les faits de crime commis par les soldats français lors de l’offensive des rebelle soutenue par les forces de l’Onu et des mercenaires recrutés dans la sous région ouest africaine.

Marcel Dezogno

Source: letempsinfos.com

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