Route de San-pedro : La côtière sous les eaux… Emergence 2020. Parlons-en!

Ne prenez pas de risque a voyager sur la côtière sous une pluie diluvienne et surtout apres 14 heures.

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« Ne pouvant faire autrement » que d’emprunter une pirogue ou traverser à pieds sur environ 200 mètres le village Pont Brimé, sur l’axe San-Pedro-Abidjan (311 kilomètres), Michel Assié s’est résolu à payer 500 Fcfa pour le passage dans une embarcation de cette zone inondée par des eaux de pluies depuis mercredi.

Les pluies qui s’abattent depuis quelques semaines sur San-Pedro (Sud-ouest ivoirien) ont provoqué un débordement du fleuve Brimé, causant une inondation de l’axe menant à Abidjan au niveau du village qui tient son nom du fleuve, à environ 10 kilomètres de la deuxième ville portuaire ivoirienne.

Conseiller municipal à la mairie de San-Pedro, M. Assié, la soixantaine, vêtu d’une chemise blanche avec une paire de lunettes pharmaceutiques, « arrivait d’Abidjan ».

« Je ne peux pas faire autrement, je me suis résolu à prendre une pirogue pour pouvoir passer de l’autre côté de la rive et j’attends un véhicule pour rentrer », dit-il.

Les passagers des minicars en provenance d’Abidjan sont confrontés à ce scénario devenu un spectacle pour les habitants du village. Les chauffeurs empêchés de passer, sont obligés de laisser leurs clients à l’entrée de cette localité.

« C’est depuis mercredi vers 16 heures que la voie est inondée suite à plusieurs jours de pluies diluviennes. On a tout fait pour avoir des pirogues pour faire traverser les usagers », raconte Honoré Tamou, originaire du village confronté pour la deuxième fois à une inondation, après celui de 2003.

Les pirogues, il y en a de différents types : deux, trois ou cinq places, à raison de 500 Fcfa par personne pour la traversée. Les plus courageux parmi les usagers préfèrent descendre dans l’eau les pieds nus pour regagner l’autre rive.

« Depuis hier (jeudi) nuit, on n’arrive pas à travailler », s’énerve Mamadou Bamba, un chauffeur sur l’axe San-Pedro-Abidjan, une casquette sur la tête qui cache en partie un visage grave.

« Le réservoir de mon massa (minicar qu’il montre du doigt) a pris l’eau, nous avons déposé les clients, nous attendons que ceux qui sont de l’autre coté prennent des pirogues pour traverser et nous allons les conduire à San-Pedro.

Garé depuis jeudi soir de l’autre côté de la rive, Bellem Ibrahim, chauffeur d’une société de palmier à huile dont San-Pedro est une grande zone de production, a réussi à forcer le passage après des heures d’attente.

« Depuis hier à minuit on est garé ici, les camions bas ne peuvent pas passer et je ne pouvais continuer d’attendre », témoigne Ibrahim, la trentaine, visiblement heureux.

Depuis mercredi soir, l’accès à la cité balnéaire est devenu « impossible » pour certains véhicules poids lourds, personnels et minicars de transport en commun, dont une centaine sont stationnés de part et d’autre du village pont Brimé, attendant désespérément que le niveau de l’eau baisse.

Vendredi, des autorités de la ville de San-Pedro ont effectué une visite sur le site pour tenter de trouver une solution au problème.

A la suite du préfet de région Ousmane Coulibaly, le directeur régional de l’Environnement, Colonel Bernard Tissé s’est également rendu sur les lieux pour un constat.

« Au niveau du pont Brimé, il y a un phénomène d’affaissement de la voie qui fait que l’eau est montée », explique Bernard Tissé, après sa visite de terrain.

« Le refoulement des eaux douces venant de la rivière par les vagues de la mer », est une autre cause de la montée des eaux qui a provoqué cette inondation, selon M. Tissé

« C’est une abondance d’eau de pluie qui n’est pas totalement absorbée par l’eau de mer et le surplus remonte dans le continent », a-t-il précisé.

Le directeur régional de l’Environnement de San-Pedro avait, une semaine avant, prévenu que la ville risquait une inondation en raison de la montée des eaux, à ALERTE INFO.

« La nature va faire son travail. D’ici quelques jours le niveau de l’eau va baisser », a rassuré colonel Bernard Tissé, souhaitant une vigilance accrue pour observer, « si la pluie continue ».

Les pluies continuaient de s’abattre samedi dans la cité balnéaire et environs.

Par Edwige Fiendé

Source: Alerte-info.net

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