Rwanda : le centre culturel français de Kigali contraint à la fermeture

Rwanda : le centre culturel français de Kigali contraint à la fermeture

Le terrain accueillant le centre avait été récemment exproprié par la municipalité, dans un contexte de crise diplomatique entre Kigali et Paris.

Le centre culturel français de Kigali est fermé depuis le 16 avril, la municipalité l’ayant exproprié du terrain qu’il occupait, officiellement en raison du non-respect du plan d’urbanisme, a annoncé mercredi l’ambassadeur de France au Rwanda. La procédure de “confiscation” légale a été entamée il y a plusieurs mois par la municipalité et elle n’a “aucun lien” avec la récente crise diplomatique entre Kigali et Paris, ouverte à l’occasion des célébrations des vingt ans du génocide de 1994 au Rwanda, a assuré le maire de Kigali, Fidèle Ndayisaba.

“Depuis que le terrain de l’Institut français au Rwanda (IFR) a été confisqué le 16 avril, l’institut a remis le terrain aux autorités rwandaises”, a déclaré l’ambassadeur, Michel Flesch. “Les autorités estiment que nous n’avons pas valorisé le terrain”, conformément au plan d’urbanisme, a-t-il poursuivi. “Pour l’instant, faute de locaux, les activités du centre culturel sont suspendues jusqu’à ce que l’on ait trouvé une solution” de relogement, a expliqué Michel Flesch, “nous n’avons pas de solution à ce jour”.

Bail de trente ans

L’ambassade de France bénéficiait sur ce terrain d’un bail emphytéotique de trente ans accordé en 2010, peu après la reprise des relations diplomatiques entre Paris et Kigali. La rupture des relations entre les deux pays entre novembre 2006 et novembre 2009 avait entraîné la fermeture de l’IFR. Ce bâtiment, qui comprend notamment une spacieuse salle de spectacle, est situé sur un rond-point au coeur du centre-ville de la capitale rwandaise. Il s’étend sur un vaste terrain dans une zone en plein boom urbanistique.

Selon le maire de Kigali, le terrain occupé par l’IFR n’était “pas utilisé rationnellement”, conformément à la loi d’urbanisme qui impose des “ratios de densité” (surface ou volume total du bâtiment par rapport à la surface du terrain). “Fin novembre 2013, l’ambassade de France a reçu une mise en demeure de quatre-vingt-dix jours, qui s’est terminée en février 2014, a expliqué Fidèle Ndayisaba. Comme la loi le prévoit, en mars 2014, il y a eu une demande de confiscation du terrain par la ville de Kigali pour non-exploitation. Il leur était donné un délai de trente jours pour mettre fin à l’occupation du terrain.”

L’institut n’est pas le seul bâtiment concerné par les processus d’expropriation, a rappelé le maire de la capitale qui a connu un développement fulgurant depuis la fin du génocide.

Source: AFP

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