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SAMBA DAVID (COALITION DES INDIGNES DE COTE D’IVOIRE) “IL FAUT UN SOULEVEMENT POPULAIRE POUR METTRE FIN A LA DICTATURE…”

SAMBA DAVID (COALITION DES INDIGNES DE COTE D’IVOIRE) “IL FAUT UN SOULEVEMENT POPULAIRE POUR METTRE FIN A LA DICTATURE…”

Face aux difficultés que traversent les populations ivoiriennes (cherté de la vie, augmentation des produits de premières nécessité: carburant, facture d’électricité, boisson etc…), la plate forme ” coalition des indignés de Côte d’Ivoire” entend prendre ses responsabilités pour améliorer le quotidien des ivoiriens. Nous avons rencontré son Président Samba David. Interview.

Le Bandama: Pouvez-vous nous présenter brièvement votre mouvement?

Samba David: La Coalition des indignés de CÖte d’Ivoire est une plate forme qui regroupe en son sein tous ceux qui sont indignés, tous ceux qui veulent se révolter contre une situation. Ils peuvent être de la gauche comme de la droite, sans appartenance politique. Ceux qui sont prêts à donner leurs vies pour le bien être de des ivoiriens. Il a été mis sur les fonds baptismaux le 27 avril 2013 à Yopougon.

Quelles actions concrètes avez-vous menées depuis que votre mouvement existe?

Nous avons mené pas mal d’actions. Nous avons organisé des manifestations contre la cherté de la vie. Aujourd’hui, on apprend que le coût du carburant (super sans plomb) a augmenté, que le coût du mètre cube d’eau a aussi augmenté. Nous apprenons aussi que la subvention sur l’abonnement pour l’électricité à la CIE pour les compteurs de 5 ampères vient d’être résiliée. Le coût du KW/H sera donc de 65 FCFA au lieu de 35 FCFA. Nous avons manifesté contre tout cela. Nous nous sommes prononcés contre le” rattrapage ethnique” dans l’administration ivoirienne, contre les licenciements abusifs, contre la bastonnade des étudiants sur les campus. C’est ce qui justifie d’ailleurs mon enlèvement manqué. Et nous avons porté plainte contre M. Yousouf Bakayoko le 26 avril et nous attendons la suite de cette affaire auprès du procureur. Nous avons été à l’origine de tous les remous sociaux, dans le domaine scolaire, dans le transport et chez les commerçants. Je peux vous dire que nous sommes pour la liberté d’expression, la démocratie vraie… mais il reste encore beaucoup de choses à faire.

Avez-vous l’impression que les lignes sont en train de bouger depuis le début de votre lutte?

Le problème se situe à deux niveaux: il ya l’idée selon laquelle on ne voudrait pas que tu parles. Parce que quand tu parles pour déranger on te l’interdit, alors que quand tu parles pour encenser le pouvoir, tu es libre de le faire. Nous avons toujours été réprimés violement dans toutes nos manifestations. Cela veut dire que nous dérangeons et nous sommes écoutés. Si j’ai été interpellé plus de deux fois, c’est dire que nous sommes écoutés. Si j’ai aussi été victime d’un enlèvement manqué, c’est dire que nous sommes écoutés. Et notre site est beaucoup visité. Les transporteurs nous ont contacté par le biais de BATCI pour manifester contre les” réformes Gaoussou Touré”, Ministre du Transport. Nous sommes face à un régime qui n’a pas de cœur, mais nous constatons que les lignes sont entrain de bouger.

On constate que vous avez pris du recule par rapport à la question de l’université?

Je ne peux pas m’immiscer directement dans le problème des étudiants. Les étudiants ont un syndicat qui existe et qui est dirigé par des personnes. Ce sont ces personnes là qui manquent de courage. Moi, je ne sais que faire connaitre les besoins des étudiants. Si les personnes responsables des mouvements estudiantins refusent de foncer, moi je ne peux que les regarder.

Vous êtes un mouvement de la société civile et vous n’avez pas forcement besoin de leur avis pour mener le combat?

Nous les soutenons dans leur combat. Ce sont eux qui doivent désigner des représentants pour prendre attache avec nous afin que ensemble nous puissions régler leur problème. Mais si les responsables se rétractent que pouvons nous faire? Si aujourd’hui le Président Kobon Abé Hubert, traité de dissident dans le milieu de la convention de la société civile a été réhabilité dans ses droits, cela veut dire que nous sommes écoutés. Avec l’arrivée du président Hollande, il ya des leaders de la société civile tels que l’APDH de qui nous sommes très proches et en contact permanent, ont été reçus. Il n’ya pas longtemps, nous étions avec Amnesty International pour parler du problème de la société civile en Côte d’Ivoire. Nous ne pouvons donc pas abandonner la lutte.

On constate avec vous aujourd’hui que la vie est de plus en plus chère, et tout augmente sur les marchés. Quelles actions pouvez-vous poser à court terme pour améliorer cette situation?

Nous nous organisons petit à petit dans le silence. Nous avons déjà rencontré certains planteurs d’hévéa pour essayer de sauver cette filière. Nous sommes aussi en train de préparer la rentrer scolaire. Il ya toujours le problème de l’inscription en ligne qui demeure. Cela fait rentrer des milliards dans les caisses de l’Etat, mais les ivoiriens n’en profitent pas réellement. A l’université, le problème du coût de l’inscription va resurgir. Le président Ouattara avait dit qu’il prenait en charge la subvention pour 70 000 FCFA sur deux ans. Soit de 2012 à 2014. Son action prend donc fin cette année et les étudiants devraient débourser 100 000 FCFA pour s’inscrire. Nous allons donc nous attaquer à tous ces problèmes pour que la rentrée scolaire ne soit pas sélective.

Ces actions seront elles menées au sein d’une plate forme de la société civile ou par votre mouvement?

La coalition des indignés est elle même une plate forme. C’est donc au sein de la coalition des indignés que cela se fera. Nous allons coordonner nos actions pour que cette rentrée scolaire se passe dans de bonnes conditions. Mais si les problèmes posés ne trouvent pas de solutions, cela nous amènerait à autre choses…

Avez-vous les moyens de votre politique?

Nous avons les moyens humains, mais les moyens matériels font souvent défaut, parce que nous ne sommes pas parrainés. Mais cette lutte est pour nous une sorte de sacerdoce. Nous n’avons pas les moyens comme les autres mouvements, mais nous pouvons au moins parler. Notre grande richesse, c’est les moyens humains dont nous disposons. Il faut rappeler aussi que notre mouvement est partout réprimé, mais cela ne peut pas mettre un terme à notre combat.

Les élections, c’est pour 2015. Quelles sont pour vous les conditions pour des élections apaisées en côte d’ivoire en tant que société civile?

La Côte d’ivoire vient de connaitre une crise et cette crise a été causée par la mauvaise organisation des élections. Nous ne pouvons pas encore laisser la situation pourrir. C’est à dire, organiser les élections dans les mêmes conditions. Les armes circulent partout en Côte d’ivoire. Des individus sont en armes et on ne sait pas qui ils sont réellement. Il ya des responsables de partis politiques qui ne peuvent pas aller dans certaines régions de la Côte d’ivoire. D’autres sont passés à tabac, c’est le cas de Mamadou Koulibaly. Il faut donc permettre que les ivoiriens partent où et quand ils veulent dans leur pays. Il faut permettre que tous ceux qui ont les armes puissent les ranger. Il faut permettre que les gens puissent s’exprimer librement. Il faut respecter la constitution ivoirienne qui dit qu’aucun ivoirien ne peut être contraint à l’exile. Il faut permettre qu’il y ait la sécurité dans tout le pays.

Vous avez émis il ya quelques mois un projet d’action de journée ville morte à Abidjan. qu’en est il actuellement?

Il est toujours à l’étude. Nous sommes en train de le préparer, de préparer les esprits, pour que la mayonnaise puisse prendre dès que le mot d’ordre sera lancé.

Croyez-vous aujourd’hui en ce pays?

Pour moi, il n’y a pas d’avenir pour ce pays, parce que tout ce qui se construit sur le mensonge ne dure pas et ne prospère pas. La Côte d’ivoire, mon pays, est bâtie sur le mensonge. C’est un grave problème. Pour que les ivoiriens puisse se sentir mieux dans ce pays, il faut un soulèvement populaire, pour mettre fin à la dictature, pour mettre fin à la gabegie. Notre pays est en train d’aller tout droit dans le mur. Je lance donc un appel aux ivoiriens pour que notre pays soit sauvé. Aujourd’hui, il faut que les solutions viennent de nous et non des occidentaux.

Zaraga G.A. à Abidjan

Source: Lebandama.com

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