Samba David, Coordonateur de la Coalition des indignés: «Youssouf Bakayoko à la tête de la CEI, c’est une seconde guerre qui se prépare» | eburnienews | Diaspora ivoirienne | Actualité Politique | Diaspora africaine en France Samba David, Coordonateur de la Coalition des indignés: «Youssouf Bakayoko à la tête de la CEI, c’est une seconde guerre qui se prépare»
Samba David, Coordonateur de la Coalition des indignés: «Youssouf Bakayoko à la tête de la CEI, c’est une seconde guerre qui se prépare»

Samba David, Coordonateur de la Coalition des indignés: «Youssouf Bakayoko à la tête de la CEI, c’est une seconde guerre qui se prépare»

Face à l’impunité, la justice sélective en Côte d’Ivoire et les difficultés que traversent les populations ivoiriennes, la Coalition des indignés de Côte d’Ivoire (CICI) entend prendre ses responsabilités pour exiger du régime en place une justice équitable pour tous les Ivoiriens. Nous avons rencontré son coordonnateur, Samba David. Entretien.

Comment se porte la coalition des indignés depuis sa mise en place ? Et quelles sont ses missions ?

La Coalition des indignés de Côte d’Ivoire se porte bien, car les Ivoiriens pour lesquels elle a été mise sur pied en tire satisfaction. Nous arrivons à dénoncer les entorses à la démocratie, les injustices et atteintes aux droits humains et à faire des propositions même si les gouvernants actuels feignent de ne pas nous entendre. La coalition des indignés gagne du terrain et suscite l’espoir dans l’esprit des Ivoiriens. Les populations avaient vraiment besoin que d’autres voix s’élèvent, pour crier justice, liberté et vérité. Le bilan est positif. Nous sommes écoutés, nous sommes beaucoup suivis. Beaucoup de personnes nous appellent pour nous féliciter.

Avez-vous vraiment l’impression que les lignes sont en train de bouger ?

Les tenants du pouvoir ne veulent pas que nous puissions parler. Quand tu parles pour déranger on te l’interdit, alors que quand tu parles pour encenser le pouvoir, tu es libre de le faire. Nous avons toujours été réprimés violemment dans toutes nos manifestations. Cela veut dire que nous dérangeons parce que nous disons la vérité et nous sommes écoutés. Si j’ai été interpellé plus de deux fois, puis victime d’un enlèvement manqué, c’est parce que nous sommes écoutés. Et notre site est beaucoup visité. Nous sommes face à un régime qui n’aime pas la contradiction, mais nous constatons que les lignes sont en train de bouger.

Vous organisez le 04 octobre prochain une marche dénommée ‘’justice pour tous’’. Quel but recherchez-vous en organisant une telle manifestation ?

Le but recherché, c’est de voir une Côte d’Ivoire où les Ivoiriens vivent en harmonie, en paix, à travers une justice équitable qui n’exclue pas, qui autorise la liberté d’expression. Une justice qui permet que les Ivoiriens du nord viennent au sud sans souci et que les Ivoiriens du sud partent au nord sans crainte ; une justice qui permet qu’il ait une contradiction au cours de tous les débats. Et que l’essentiel soit préservé dans les relations entre les Ivoiriens, pour le bien de la nation.

A vous entendre, il n’y a donc pas de justice en Côte d’Ivoire ?

La justice en Côte d’Ivoire est beaucoup décriée, parce qu’elle n’est pas cette justice qui condamne parce que vous avez commis un acte, mais pour ce que vous êtes, qui condamne parce que vous êtes en contradiction avec les tenants du pouvoir. Cette justice n’est pas faite pour arranger les choses. C’est une justice taillée sur mesure. Ce n’est pas une justice de paix. Ce n’est pas une justice d’unité ni de réconciliation. Ce n’est pas une justice de cohésion. Et ce n’est pas avec une telle justice qu’on peut parler d’émergence.

Pensez- vous qu’à l’issue de la marche, le pouvoir va accéder à vos revendications?

La marche est d’abord un moyen démocratique, de dénonciation, qui permet d’extérioriser tout ce que l’on ressent. C’est une marche pour interpeller les dirigeants actuels. Il faut qu’ils sachent que nous voulons une Côte d’Ivoire en paix, une Côte d’Ivoire où les Ivoiriens sont réconciliés avec eux-mêmes. Une Côte d’Ivoire où la justice est le socle de tout. Nous exigeons surtout de ces dirigeants que tous les acteurs de la crise et tous ceux qui commettent des impairs en Côte d’Ivoire soient jugés. Afin que ces dérives prennent définitivement fin. Si l’impunité continue de régner en Côte d’Ivoire, il sera difficile que le pays retrouve sa stabilité.

Aujourd’hui à cause de l’injustice qui colle à l’image du régime Ouattara, les investisseurs tournent le dos à la Côte d’Ivoire. Ils craignent, en venant s’installer dans le pays, de se retrouver dans des problèmes s’ils ont affaire aux intouchables qui ne manquent pas au sein du régime. Aussi, les investisseurs finissent-ils toujours par comprendre que le torchon continue de brûler entre les Ivoiriens. Donc là où il y a de l’injustice, il y a manque d’investissement, manque de développement, manque de cohésion sociale, de réconciliation et manque d’épanouissement.

Le régime en place n’autorise pas les marches qui ne vont pas dans sa logique. Ne craignez-vous pas que votre marche fasse l’objet d’une répression ? Est-ce que ce n’est pas conduire les ivoiriens à l’abattoir ?

Face à ce que vivent les Ivoiriens aujourd’hui, craindre la répression ou les brimades, c’est être complice de la souffrance des Ivoiriens. C’est faire pérenniser l’injustice. C’est faire partie des bourreaux de ceux qui aujourd’hui souffrent de l’injustice, du mépris et du manque de considération. C’est par méconnaissance des textes de loi que certains pensent qu’on doit prendre une autorisation d’une tierce personne pour manifester. Le peuple est souverain et donc quand il ne se sent pas dans une situation et voit un danger venir, c’est son rôle d’interpeller. Alors il se lève pour interpeller ses dirigeants et nous sommes en train interpellés. Nous ne devons pas avoir peur de sortir, nous ne devons pas avoir peur des brimades. C’est pour éviter à la Côte d’Ivoire la grande crise qui s’annonce que nous préférons braver les brimades et arrestations.

Vous parler d’une crise à venir ? Laquelle ?

Dans un pays où il y a l’exclusion, le mépris, l’impunité, des arrestations arbitraires, le rattrapage ethnique, les marchés de gré à gré, le bâillonnement du peuple, des prisonniers d’opinion non jugés qui croupissent dans les prisons depuis de longues années, quand un seul camp est persécuté, il y a toujours une crise qui rode. Et la Côte d’Ivoire n’est pas loin de s’embraser vu les agissements des tenants du pouvoir. Or nous, nous rêvons d’une Côte d’Ivoire où il n’y a plus de crise. Pour que ce rêve se réalise, il faut que nous prenions notre destin en main en prenant le taureau par les cornes. Parce que ce qui se passe en Côte d’ivoire n’est pas bon. Il faut que tous ceux qui ont endeuillé les Ivoiriens soient tous jugés sans exception quels que soient leur camp, leurs grades et importance, pour apaiser la souffrance des Ivoiriens.

Pensez-vous que le Chef de l’Etat prendra un jour l’engagement de respecter sa promesse de campagne quant à l’impunité zéro en Côte d’Ivoire ?

Il n’a pas respecté sa promesse de campagne. La justice n’est pas équitable, elle n’est pas équilibrée, elle ne dit pas le droit, elle est politisée. Aujourd’hui, il n’y a pas de droit en Côte d’Ivoire. Or lors de son premier discours adressé à la nation après sa prise du pouvoir en avril 2011, Alassane Ouattara avait encore fait la promesse aux Ivoiriens de faire prévaloir l’impunité zéro dans le pays. Ses promesses ne sont pas tenues malgré les interpellations de la communauté internationale qui l’a mis à la tête du pays, les complaintes de la société civile ivoirienne et des partis politiques, etc. Nous avons l’impression que le pouvoir cherche à gagner du temps en protégeant ses hommes qui sont plutôt promus.

Vous entreprenez en ce moment une série de visites auprès des dirigeants de partis politiques. Dans quel but avezvous initié cette action ?

C’est dans le cadre de la marche du 04 octobre, prochain. Nous ne pouvons pas parler de justice, de paix, d’épanouissement et de réconciliation en Côte d’Ivoire sans rencontrer ces personnes. Parce que ces personnes dirigent des entités où il y a des citoyens ivoiriens. Et aussi leur dire que bien qu’étant des politiques et engagés et souvent au centre des conflits, il faut que la Côte d’Ivoire soit préservée. Nous les rencontrons pour les inviter à venir à cette marche et prendre date avec nous ; afin que nous engagions ensemble le combat pour la stabilité du pays. Il s’agit aussi de faire passer le message que c’est toute la Côte d’Ivoire qui marche. Nous voulons dire aux uns et autres que ce n’est pas une marche d’un clan ou d’un parti politique. Nous Avons rencontré le Fpi, le Rdr, Lider et d’autres partis politiques, ainsi que des organisations de la société civile pour faire passer notre message.

Dans un autre registre, Youssouf Bakayoko contre qui vous avez porté plainte pour sa responsabilité dans la crise ivoirienne vient d’être bombardé président de la CEI. Quels commentaires?

Youssouf Bakayoko à la tête de la Commission électorale indépendante, c’est une seconde guerre qui se prépare. Avec Youssouf Bakayoko, la Côte risque encore une grave crise qui pourrait l’emporter. C’est pourquoi nous n’allons pas nous laisser faire. Nous, jeunes, n’avons pas d’argent pour envoyer nos enfants en Europe encore moins acheter des billets d’avions pour quitter la Côte d’Ivoire en cas de guerre. On ne peut pas à tout moment envoyer des gens à l’abattoir.

Samba David Coordonnateur des Indignés entend mener le combat d’une justice Samba David, Coordonateur de la Coalition des indignés: «Youssouf Bakayoko à la tête de la CEI, c’est une seconde guerre qui se prépare»J’en appelle à la conscience de la jeunesse, l’avenir du pays. A 90 ans, les vieux sont toujours aux affaires et nous les jeunes subissons leur diktat. Les jeunes ne sont pas promus, à l’exception de ceux qui ont pris des armes. Quel message ! Faisons donc attention à la manipulation. Youssouf Bakayoko, a mal organisé les élections de 2010. Youssouf Bakayoko est l’acteur principal de la récente guerre en Côte d’Ivoire. Youssouf Bakayoko doit être entendu devant les tribunaux. Il doit nous expliquer pourquoi et comment il a organisé les élections pour que les Ivoiriens s’entretuent. Il y a eu des milliers de morts par sa faute et ça, nous ne pouvons le lui pardonner. Il doit répondre de ses actes. Tôt ou tard, il devra le faire.

Mais le Chef de l’Etat a dit que Youssouf Bakayoko ne quittera pas son poste.

Oui le chef de l’Etat l’a dit. Mais quand il parle, Ouattara, je pense qu’il a déjà commencé sa compagne. Il dit : «Donnez-moi un mandat.» Mais le disant, il parle à qui ? Il parle au peuple ivoirien, il parle aux hommes. C’est pourquoi je demande aux Ivoiriens de se faire respecter. Pour cela, il faut une société civile forte, qui oblige le gouvernant à rendre compte au peuple. A écouter les aspirations du gouverné qui doivent inspirer sa vision politique. On ne peut donc pas nous faire avaler ce que nous ne nous voulons pas. Le peuple n’est pas une marionnette. Nous n’accepterons pas que les élections soient organisées par le ministère de l’Intérieur. C’est nous ramener au parti unique. Nous ne sommes pas dans un parti unique. La période d’Ipo Lago, c’est terminer. Il faut que les gens se réveillent. Nous voulons une CEI indépendante où c’est la société civile qui décide, une CEI non inféodée ni à un parti politique ni au chef de l’Etat. Il faut que Ouattara se ressaisisse.

Qu’attendez-vous des populations, à quelques jours de la marche que vous organisée ?

Je demande aux Ivoiriens de sortir nombreux. Si des milliers d’ivoiriens sont morts, ce n’est pas pour que les Ivoiriens soient encore exclus, renvoyés abusivement de leur travail. Ce n’est pas pour que les Ivoiriens se sentent encore étrangers sur leur sol. Ce n’est pour que certains Ivoiriens soient arrêtés et détenus en prison pendant trois ans sans jugement, ce n’est pas pour que les ivoiriens se regardent en chien de faïence. Mais c’est pour que l’Ivoirien soit le frère de son frère ivoirien, pour qu’il y ait la contradiction, la liberté d’expression, une société civile forte… Une Côte d’Ivoire où l’opposition est libre, où la jeunesse est libre et a du travail, où la pluralité ethnique n’est pas source de division ou d’exclusion. Une Côte d’Ivoire où on n’arrête pas et on n’incarcère pas au hasard. Pour que tout ceci soit une réalité, il faut s’attaquer à cette justice qui est sélective. Sans la justice vraie et l’équité, il n’y aura pas de réconciliation. Il faut que nous soyons nombreux à cette marche, Ivoiriens épris de justice, d’égalité et de liberté.

Interview réalisée par Sylvain Dakouri

Source: Le Nouveau Courrier N°1118

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One comment

  1. mais nous sommes toutes et tous pret pour la cette rebellion elle au moins aura un nom une vraie on connait deja le bruit des armes donc ne tenfais pas mon freer tout le monde a deja vu le lion face a face il suffit de laffornter et nous sommes pret ca va etrecomme en centrafrique ou au liberia ou en syrie ou en iraq ou encore a gaza aucun ivoirien ne se laissera pas tuer par des burkinabes ce temp est bien passer on les attend meme ceux de la diaspora trop cest trop

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