Sanctions antirusses : l’Europe divisée sur leur légitimité

Sanctions antirusses : l’Europe divisée sur leur légitimité

Les sanctions de l’UE contre la Russie pourraient être annulées après les élections de mai prochain au Parlement Européen, suppose le député du parlement européen et coprésident du groupe de travail interparlementaire UE-Russie pour l’énergie Béla Kovács.

Il estime incorrect d’imposer des sanctions à la Russie pour le seul fait que le peuple de Crimée a réalisé son droit à l’autodétermination, avis partagé par de plus en plus de parlementaires européens.

L’élite politique européenne est divisée. Les pays de l’UE continuent de discuter de nouvelles sanctions à l’encontre de la Russie. Or des voix se font de plus en plus souvent entendre en Occident contre cette politique coercitive. Ainsi, le député du Parlement Européen de Hongrie Béla Kovács juge « incorrect d’imposer des sanctions à la Russie parce que le peuple de Crimée a réalisé son droit à l’autodétermination ». Selon le député, les sanctions sont simplement un moyen pour intimider la Russie.

« Les élections au Parlement européen auront lieu le 25 mai. Et après les élections, quand la nouvelle législature sera opérationnelle, il est bien possible que l’attitude de la partie européenne change radicalement. Je pense que les sanctions seront annulées. »

Entre temps, toujours plus de pays renoncent officiellement dès à présent à soutenir les sanctions contre la Russie. Ainsi en République tchèque des conférences ont lieu au sujet de la situation en Ukraine, mais la question des sanctions n’est pas soulevée. Qui plus est, la chambre des députés du parlement tchèque a refusé d’appliquer les sanctions économiques contre la Russie, ordonnées par l’UE. Les juristes finlandais, eux, déclarent que les sanctions de l’UE sont absolument anticonstitutionnelles et illégales, car seule une instance judiciaire légitime peut décider une saisie de biens ou une restriction des déplacements. De tels raisonnements en Finlande de sont pas émis par les seuls experts, mais aussi au plus haut niveau, remarque le politologue finlandais Johan Beckmann.

« La Finlande n’observe aucun régime de sanctions. Notre président M. Sauli Niinistö a déclaré que ni lui, ni les autres politiques finlandais n’avaient l’intention d’annuler toutes les rencontres au sommet, comme l’exige l’UE. »

Entre temps les pays du G7 continuent de brandir contre la Russie un nouveau paquet de sanctions. Le MAE de Russie avait jugé avant qu’il était infructueux et déplacé de tenir à la Russie le langage des sanctions. D’autant que leur possible préjudice peut se retourner contre ceux qui tentent de les imposer. Car en plus d’approvisionner l’UE en énergie, la Russie consomme un tiers des importations en provenance d’Europe.

« L’Europe ne veut pas mourir de froid en hiver. Pour cette raison, quelles que ne soient les sanctions, aussi forte que soit la confrontation entre les pays européens et la Russie, la construction du gazoduc South Stream se poursuit. L’accord sur ce gazoduc avec Gazprom a été signé par des pays concrets et non par la Commission Européenne. Ces pays défendent les intérêts de leurs peuples. En conséquence les sanctions ne servent qu’à intimider »,explique le député européen Béla Kovács.

A leur tour, les Etats-Unis, qui sont loin des problèmes européens, continuent d’imposer leur ligne de conduite à tous. Certaines restrictions sont appliquées par eux sans être officiellement annoncées. Ainsi, le 1er mars le Bureau de l’industrie et de la sécurité auprès du ministère du commerce des Etats-Unis a suspendu une série de marchés avec la Russie et cessé de délivrer à des sociétés américaines des licences de commerce avec la Russie. On ne l’apprend que maintenant. Le président des Etats-Unis Barack Obama ne cesse d’agiter son épouvantail de nouvelles sanctions, même s’il reconnaît que cela va nuire à l’ensemble de la communauté mondiale.

Kira Kalinina

Source: La Voix de la Russie

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