Sansan Dieudonné à Ouattara: « entendez-vous la grogne-de moins en moins atone de la population qui monte tel de l’encens ?»

Sansan Dieudonné à Ouattara: « entendez-vous la grogne-de moins en moins atone de la population qui monte tel de l’encens ?»

Monsieur le Président,

Je vous adresse cette lettre que vous lirez peut-être, mais quoi qu’il en soit, elle se veut le cri de cœur du citoyen que je suis et qui au regard de l’actualité de ce premier trimestre 2016 se pose, pose des questions quant à la gestion de notre pays.

En effet, au-delà du slogan, quelles sont les véritables priorités de votre gouvernement ? La cohésion sociale, la sécurité, l’éducation, la santé, la bonne gouvernance sont autant de chantiers sur lesquels la jeunesse de la COTE D’IVOIRE vous attend.

Monsieur le Président,

Alors que le 24 mars 2016 des affrontements entre agriculteurs LOBIS et éleveurs Peuhl éclatent, vous vous rendez le même jour au Gabon pour une mission de travail. Dans les jours qui suivent, le conflit qui, aux premières nouvelles n’était qu’un conflit entre agriculteurs et éleveurs, se transforme en conflit inter communautaire entre Lobis et Koulangos, mettant ainsi en relief une cohésion sociale mal en point depuis plusieurs années.
Le bilan est lourd, malgré les appels au calme, les missions ministérielles et le déploiement de forces de sécurité sur le terrain. Pendant que, le bilan s’alourdit, au moins 50 morts, près de 2 000 réfugiés, Monsieur le Président, vous êtes cette fois, soit le 26 mars en France pour…

Je me permets de vous rappeler que dans cette région, vous avez fait un score lors des dernières élections de 83%, c’est dire, vous y êtes populaire !
Un simple appel de votre part, mieux un déplacement immédiat dans la région aurait rapidement apporté le calme et évité autant de morts, mais il semble que les morts n’ont d’importance que lorsqu’ils sont sous les feux des projecteurs !

Juste quelques semaines après, la commune d’Abobo subit un couvre feux en pleine journée. Pendant plus de 4 heures, une partie de la commune est à la merci des microbes au grand dam de la population qui, apeurée, s’est terrée chez elle pendant que les tristement célèbres « microbes » se targuaient dans leur démonstration de terreur, munis de leurs armes blanches. Cela, sans toutefois oublier de narguer les policiers peu armés pour une éventuelle riposte. Monsieur devrions nous comprendre que nos forces de police et de sécurité sont suffisamment aguerries pour museler l’opposition et toutes formes de contestation mais qu’elles sont incapables de faire face à des enfants armés et instrumentalisés, devenus des bandits ? Le phénomène des microbes est apparu il y a de cela quelques années ; Que se passe-t-il pour ne pas que la question soit réglée depuis ? Qui sont les personnes qui sont derrière ces enfants ? Sont-ils des intouchables ?

Monsieur le Président,

Le feu couve à l’université…Après l’année blanche annoncée pendant un de vos voyages dans la sous-région, la rénovation des bâtiments et l’ouverture pompeusement organisée, pour un « départ dit nouveau », RIEN n’a changé ! Nous nous rappelons encore l’ensemble de pseudo réformes qu’on nous a fait miroité, LMD, mise en ligne des cours, bibliothèque numérique, réforme du système adaptée à la réalité du monde…

Force est de constater, Monsieur le Président, les années académiques indéfinies, des facultés à l’instar de celle de médecine et de biosciences, qui n’ont pas de matériel de pratique. Ainsi, je puis vous rassurer, Monsieur le Président, vous faites bien de vous soigner en France, parce que Dieu seul sait les erreurs médicales que font nos médecins, non pas par incompétence THÉORIQUE, mais par absence de matériel ! Nous espérons comme Vous, l’émergence en 2020, mais à quoi servira cette émergence si nous ne préparons pas de relève ? Croyez-vous sincèrement que les étudiants qui sortent de notre système éducatif peuvent consolider vos acquis et faire mieux ? Bien sûr, ne désespérons pas totalement, beaucoup de nos gouvernants ont, pour prouver leur totale CONFIANCE au système qu’eux même pilotent, pris le SOIN d’envoyer leurs enfants étudier dans de prestigieuses écoles à l’étranger… Ainsi, les pères auront gouverné nos pères, les enfants nous auront gouverné et … les petits enfants se chargeront de nos enfants !

Monsieur le Président,

La goutte d’eau qui fait tanguer le vase est la réforme du permis de conduire dont le modernisme et l’efficacité ont été tant vantés, il y’a juste deux années. Cela pose le problème de bonne gouvernance… Il y a peu, le ministre du transport, dans les médias nous a donné les raisons de ce renouvellement. Il y a deux ans le même, heureusement, nous avait vanté le mérite d’un nouveau permis, celui que nous devons encore changer, devrions nous payer les inconséquences du ministre et de son cabinet ?… à dix mille cent (10 100) francs. Monsieur le président, peut être que vous ne le savez pas, mais dans notre Cher Pays, tout augmente, bien sûr plus vite que les revenus…

Monsieur le Président,

La question qui nous taraude l’esprit est la suivante : entendez-vous la grogne-de moins en moins atone de la population qui monte tel de l’encens ? Que dites-vous des super ministres, maires, députés, entrepreneurs que vous avez tant décriés chez vos prédécesseurs ? Ce contexte nous rappelle fort celui de 1999 où, le roi, entouré de ses sbires a adopté la politique du singe : ne rien voir, ne rien entendre et ne rien dire…

Nous avons cru en vous, la majorité des ivoiriens ont porté leur choix sur vous, beaucoup de promesses nous ont bercé, beaucoup a certainement été faits (ponts, routes, etc ), mais beaucoup reste à faire. L’essentiel pour la jeunesse de ce pays n’a pas été fait. Monsieur le Président, Nous voulons un système éducatif d’où nous sortirons performants et prêts à conquérir le monde pour le bonheur de notre pays. Nous exigeons que la réalité des multitudes de décisions prises par le ministère de la santé soient effectives sur le terrain (faites un tour dans nos hôpitaux, vous verrez !)

Nous exigeons que les principes de bonne gouvernance ne restent pas dans des slogans auxquels plus personne ne croit ( on a vu des gens dans ce pays qui étaient chômeurs ; à peine devenus conseillers spéciaux, ou autres, ils nous narguent avec notre propre argent …. VOLEURS !)

Alors, Monsieur le Président, méditez et agissez ! Soyez à l’écoute de votre peuple et non à l’écoute de ceux qui vous content fleurette, car l’histoire est têtue, les faits historiques le sont tout autant !

Sansan Dieudonné SIB

Cadre de société

Président de l’Ivoirienne de

Réflexion et d’Action

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