Sarko et le sarkozysme aveuglant : l’usurpation d’une révolution ivoirienne

Sarko et le sarkozysme aveuglant : l’usurpation d’une révolution ivoirienne

Le Nègre n’aime pas entrer dans l’histoire, aujourd’hui l’on peut le concevoir et le dire, comme Sarkozy dans son blingbling l’a lui-même dit autrement, au Sénégal, lors de son fameux discours devant les étudiants, les enseignants et les personnalités politiques à l’université Cheikh-Anta-Diop de Dakar, que «le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire». Donc n’en faisons plus un tollé, car cela s’apparente vrai, d’autant plus que l’Homme ivoirien, d’un camp ou d’un autre, lui a vendu, comme un produit chintok bon marché, sa révolution victorieuse de plus d’une décennie désastreuse.

Parler de sarcophage de Sarkozy couvert d’un large drap patchwork à trames tissées par des affaires Pygmalion, Les Sondages de l’Élysée, Karachi, Financement libyen, Lagarde/Tapie, Voyages d’affaires suspects, et cetara et cetera, retardera notre introduction à la matière. Envoyons-les aux calendes grecques, car nous n’en aurions besoin plus que le dossier de la crise politico-militaire ivoirienne de 19 septembre 2002 dont le dénouement heureux fut l’organisation d’une première élection présidentielle transparente en octobre et novembre 2010, remportée par Dr. Alassane Dramane Ouattara, grâce à une coalition baptisée RHDP (Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix).

La crise politico-militaire de 19 novembre 2002 au 28 novembre 2010

De manière coordonnée, mais déjouée, car n’ayant été sans doute d’une des stratégies de l’art de la guerre de Sun Tzu, trois principales villes de Côte d’Ivoire (Abidjan, Bouaké, Korhogo) sont attaquées par des hommes lourdement armés jusqu’aux dents, qui se rangeront plus tard sous la bannière des Forces armées des forces nouvelles (FAFN), dirigées politico-militairement par des acteurs affichés et occultes, dont l’ancien secrétaire général de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci), Soro Kigbafori Guillaume.

Lors de ces attaques simultanées, Gbagbo Laurent alors jouissant sur un fauteuil présidentiel qu’il a ramassé dans la rue, en roulant le général Robert Guéï dans la farine levurée, tombé tout de suite dans la paranoïa, ordonna des tentatives d’assassinat pour vouloir la peau de ceux qu’il considérait comme les commanditaires de cette tentative de putsch : Alassane Ouattara et autres se sont retrouvés dans des endroits sûrs, mais Guéï et autres abattus â bout portant.

Bien sûr que c’était une tentative de coup d’État avortée, mais Soro et ses acolytes et ses parrains indexés burkinabè qui leur avaient accordé une formation militaire ingénieuse au camp de Pô, avaient un plan B qui remédiera bientôt aux revers d’un plan A: couper le pays en deux pour pouvoir dans état de force négocier surtout sur le concept d’ivoirité suicidaire, cause de la marginalisation des ressortissants du Nord et des étrangers naturalisés conformément à certains articles de citoyenneté, mais cause valable de chasser un régime xénophobe du pouvoir.

Quoiqu’ils perdent Abidjan, les villes de Korhogo, au Nord, et de Bouaké, au Centre, resteront sous leur contrôle, à partir desquelles ils étendront leur territoire jusqu’à l’Ouest, et n’eût été l’ingérence militaire de Paris qui exigea une zone tampon, les FAFN auraient reconquis Abidjan échappé à leur main, pour arrêter Laurent ou le pousser à l’exil.

L’ingérence de l’ancienne puissance coloniale dans cette guerre civile est, d’après quelques analyses minutieuses, quasi-totalement néocolonialiste. Elle maintenait toujours et sans faille un vieil accord militaire séculaire, qui lui permettait de faire la mainmise sur les richesses du pays, qui, en cas d’attaque étrangère ou de tentative de déstabilisation de la Côte d’Ivoire, lui conférait tous les droits de faire intervenir ses centaines de soldats stationnés en Côte d’Ivoire, avant et après la colonisation. Les Forces nouvelles, ayant été des dignes fils du Pays, qui combattaient les forces maléfiques de l’exclusion, et n’ayant pas été des forces d’une attaque étrangère, le colonisateur n’était embarrassé sur le champ de bataille que de protéger la force présence de ses ressortissants et de leurs biens et ses biens au détriment du bien-être d’une partie du peuple exclu en détresse.

Nous allons connaître plusieurs accords (Linass-Marcoussis, le premier, le 26 janvier 2003 et multiple Accra et Ouaga) et gouvernements piétinés par le camp de l’homme versatile que tout le monde surnommait finalement  »Le boulanger », rien que pour tirer l’épine du pied du pays et le sortir d’une ornière pleine de malheurs, de misères et d’événements mortuaires. Et même l’armée française forte de la présence de ses centaines de soldats, qui jouait le chat et la souris, n’en était pas épargnée ; elle en a payé un lourd tribut, le 6 novembre 2004, en perdant neuf de ses soldats plus un humanitaire américain zigouillés dans des bombardements de deux Sukhoï SU-25 de l’aviation des Forces loyales à Gbagbo, lancés contre le QG des FAFN, Bouaké, mais qui par erreur, s’il y avait erreur, ont frappé la base française. Les pilotes de ces Sukhoï étaient des biélorusses qui, dix jours après, se sont retrouvés sur le sol togolais, et évanouis dans la nature.

Avant que Chirac, très en colère, ne donne l’ordre de détruire tous les moyens aériens militaires d’un État souverain, les forces françaises avaient déjà riposté en détruisant les deux Sukhoï ainsi que trois Mil Mi-24 et un Mil Mi-8 postés sur la base de Yamoussoukro, une quinzaine de minutes suivant la prétendue bévue. Voici le début d’un sentiment anti-français animé par le  »Général de la rue »: Charles Blé Goudé.

L’apaisement de cette crise socio-politico-militaire, hantée des fantômes de charniers, jalonnée de fosses communes creusées par les Escadrons de la mort, émaillée des exactions, des exécutions sommaires, des viols, que les deux camps belligérants se renvoient jusque maintenant, seront les accords mémorables de Ouagadougou signés le 4 mars 2007 sous l’égide de Blaise Compaoré qui a pu permettre un contact entre les deux parties belligérantes pour en finir une fois pour toutes avec plusieurs années de guerre dévastatrice et sanglante. Nous en connaissons les fruits: la reconduction de Gbagbo dans son poste, la nomination de Soro comme Premier ministre d’un gouvernement de transition, la Flamme de la paix, l’organisation de l’élection présidentielle le 31 octobre 2010.

La crise post-électorale

Le 2 décembre, suite à la proclamation des résultats de l’élection présidentielle de 28 novembre 2010, par Youssouf Bakayoko, président de la Commission électorale indépendante (CEI), qui annonça la victoire d’Alassane Ouattara avec 54,10 % des voix, contre 45,90 % pour Laurent Gbagbo, avec un taux de participation de 81,1 %, un autre malheur s’abat sur l’espoir des Ivoiriens qui vont trébucher sur leur seule planche de salut dans une mer houleuse.

Le Conseil constitutionnel, par la voix de son président, Paul Yao N’Dre, un des proche de la Première dame d’alors, Simone Gbagbo, nommé plus tôt par Gbagbo, le 8 août 2009, conteste les résultats proclamés par Bakayoko. Pour lui, la date de l’annonce des résultats, ayant été retardée, c’était au Conseil constitutionnel de les proclamer.

Après cette annonce ahurissante, les forces régaliennes fermeront les frontières (sous leur contrôle), et N’Dre pourra annoncer le 3 novembre ses résultats à lui comme bon lui semblera, en muant le vainqueur en vaincu, et le vaincu en vainqueur. Pour cela, on annulera les résultats dans sept régions du Nord. On inversera donc ces résultats en faveur de Gbagbo qui sera alors crédité de 51,45 % des votes alors que Alassane Ouattara n’aura plus que 48,55 %.

Les voix, de l’opinion nationale et internationale, se lèvent partout pour dénoncer l’abus extrajudiciaire de Paul Yao N’Dre, et même l’envoyé spécial de l’Onu en Côte d’Ivoire, Young-jin Choi, proclame haut et fort la victoire de Ouattara : « Les résultats du second tour de l’élection présidentielle tels qu’annoncés le 2 décembre par la commission électorale ne changent pas, ce qui confirme que le candidat Alassane Ouattara a remporté le scrutin».

Malgré cela, Gbagbo, comme l’on le sait trop récalcitrant, Gbagbo s’investira le 4 décembre, et après avoir déclaré que : « La souveraineté de la Côte d’Ivoire, c’est elle que je suis chargé de défendre et elle je ne la négocie pas », nommera Gilbert Aké, un économiste qui lui est proche, comme Premier ministre.

Ouattara ne tardera pas à prêter serment, et lui aussi après avoir déclaré que « Je voudrais vous dire que la Côte d’Ivoire est maintenant en de bonnes mains », reconduira Guillaume Soro comme Premier ministre.

Gouvernement Hôtel du Golf, gouvernement Bunker, qui délogera qui ?

Les terrasses de l’Hôtel du Golf devenu le Palais du vainqueur, Ouattara, et du Palais présidentiel officiel, occupé par le vaincu, Gbagbo, pour devenir un bunker poudrière, résonneront des cliquetis des ballets diplomatiques pour essayer de trouver une solution immédiate qui puisse sortir le pays de cet autre chaos.

Encore, malgré tous les efforts des Président de la CEDEAO de le faire partir par la voie diplomatique, M. Gbagbo sera sourd-muet à toutes les concession et propositions. Et le 2 décembre, Thabo M’beki, mandaté par l’Union africaine (UA), monte au créneau. Le but, rencontrer les deux parties opposées pour trouver une issue favorable à la crise. De même que, le 17 décembre, Jean Ping, président alors de la Commission de l’Union, qui tentera une méditation, mais pas de solution. J’ai gagné. Non, c’est moi qui ait gagné ! Quel obstacle !

L’Union africaine, très préoccupée, ne tergiverse pas, lors de son Conseil de paix et sécurité de 28 janvier 2011, mais rappelle que toute solution de sortie de crise ne serait que pacifique. Elle annonce le 31 janvier la composition d’un panel. Composé des présidents d’Afrique du Sud, Jacob Zuma, de la Mauritanie, Mohamed Ould Abdel Aziz, du Burkina-Faso, Blaise Compaoré, de la Tanzanie, Jakaya Kikwete et du Tchad, Idriss Deby Itno, ce panel est déjà contesté par les deux camps adverses.

Nous nous rappelons des réactions proférées des deux parties opposées. Les Forces nouvelles de Côte d’Ivoire qui soutiennent Ouattara, déclarent : « […] les Forces nouvelles appellent le Président sud-africain, Monsieur Jacob Zuma et l’Afrique du Sud à ne pas s’opposer, ni ruser avec la Démocratie en Afrique. L’Afrique du Sud ne doit pas jouer le jeu de la confiscation du pouvoir et des présidences à vie en Afrique». Charles Blé Goudé, ministre de Gbagbo et chef des jeunes patriotes, déclare : « Pour nous, Blaise Compaoré doit être récusé et nous le récusons. Et il n’est pas le bienvenu en Côte d’Ivoire. Il est un danger pour la sous-région. C’est lui qui a déstabilisé la Sierra-Léone, le Libéria».

Mais, quoique ces réactions aient eu des effets immédiats (surtout celles des jeunes patriotes) sur la composition de ce panel pour récuser Blaise Compare, Gbagbo ne se relèvera jamais de la sentence du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine. Elle venait, après des consultations de 9 et 10 mars de reconnaitre la victoire de Ouattara.

Sur ces entrefaites, les exactions, les exécutions sommaires, les crimes les plus abominables contre l’humanité se commettaient à Abidjan, la capitale économique du pays le plus grand producteur de cacao sur le marché mondial, mais Abobo avec son Commando Invisible, commandé par Ibrahim Coulibaly dit IB, défiait les troupes loyales à Laurent Gbagbo malgré son aviation qui larguait des feux sur les habitants innocents de ce quartier populaire fidèle à Alassane Dramane Ouattara dit ADO.

Les machines de guerre sont rodées, mais les forces de Gbagbo sont défaites partout à l’intérieur du pays, par les Forces nouvelles fidèles à Ouattara qui de conquêtes à conquêtes finissent par encercler Abidjan pour que l’on puisse y voir la débandade d’une poignée de forces fidèle à Laurent.

Après la sécurisation des dix communes d’Abidjan, surtout les trois dernières (Cocody, Plateaux et Yopougon), récompenses de dix jours de combats intenses, l’assaut est lancé contre le bunker du président vaincu Gbagbo, la résidence présidentielle à Cocody. Et Laurent Gbagbo et la première des premières dames Simone (Gbagbo est polygame) et leurs entourages sont capturés par les FRCI, jadis FAFN, épaulées indirectement par l’ONUCI et la Force Licorne, et ce, par l’application de la résolution 1975 du Conseil de sécurité de l’ONU.

Sarko et le sarkozysme aveuglant

Il est à constater que du début jusqu’à la fin de cette crise socio-politico-militaire ivoirienne, Sarkozy, qui s’en vante, n’a joué un epsilon de rôle qui puisse faire entrer son nom dans quelque livre d’or que ce soit. Les acteurs clés français dont la restriction temporelle ne nous pas permis de mentionner les noms, sont le Président Chirac (déjà sus-cité), Dominique de Villepin (à l’époque ministre de l’intérieur, et des affaires étrangères après), Michèle Alliot-Marie (défense) Michel Barnier (affaires étrangères), dont les trois ministres sont poursuivis aujourd’hui par la Cour de justice de la République, dans l’affaire de la mort de ces neuf soldats français et un humanitaire américain.

Et sans que l’on ne puisse y voir une fois de plus le nom de Sarkozy, l’on n’omettra pas d’en citer le nom de ce grand marchand d’armes, Robert Montoya, un ancien d’Elysée, on ne sait sous François Mitterrand, qui fournissait, depuis Togo, au vu et au su de DGSE, l’armement à Gbagbo, dont les deux Sukhoï qui ont fait passer de vie à trépas ces neuf soldats français et cet humanitaire américain.

La seule ingérence, pour ne pas dire intrusion, si je peux dire par certification, de Sarko dans cette crise socio-politico-militaire, qu’il se l’achète et qu’on le lui vend au prix des pacotilles, sera pendant le fameux Printemps arabe, précisément pendant cette ratée de révolution libyenne, dans laquelle Sarkozy et compagnie promue Les Amis de la Libye (l’Occident et les pays  »démocratiques » du Golf), pour couvrir les traces de quelques affaires louches ou pour se venger, ont commis (ou ont permis de commettre) des crimes inimaginables dans notre siècle des Lumières, des crimes contre l’humanité, et des crimes de guerre, en assassinant le seul révolutionnaire de la Libye, Mouammar Kadhafi, en lynchant nos frères et soeurs immigrés, parce que mercenaires imaginaires. Nous en avons recueilli quelques témoignages auprès de quelques rescapés de cette sale guerre, déplacés en Tunisie. C’est affreux… !

Alors que Sarkozy et compagnie étaient sévèrement critiqués par les panafricanistes et l’opinion internationale, suivie par quelques folliculaires à leur service qui en ont pris finalement conscience, pour avoir contourné la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU (Zone d’exclusion aérienne, le 17 mars 2011), et pour avoir été indifférents à la crise post-électorale ivoirienne qui ne faisait que des morts (car il n’y est pas de pétrole en gogo), Sarkozy était chargé alors par ses compairs compères qui gouvernent le monde vicieusement, de déposer le dossier ivoirien sur la table de l’ONU, avec quelques gouttes de larmes dessus, histoire de légitimer leur sale guerre en Libye et d’éliminer le colonel Kadhafi.

Au lieu de dénoncer tous ces crimes que l’homme noir a subi en Libye, le beau nègre au gros nez, surtout l’Ivoirien nouveau qui n’y voit rien, se fait adepte d’un sarkozysme aveuglant, ne cédant même plus de place à des analyses et critiques à l’encontre de Sarkozy et compagnie, coupables de l’expansion du terrorisme en Afrique noire, sous les pieds desquels l’État ivoirien a déroulé un long tapis rouge, lors de l’investiture de son Président élu.

Que ceux qui contribuent aujourd’hui à l’usurpation de l’histoire de l’Afrique, sachent que cette citation est de même Sarkozy :  » Ouvrez les yeux, jeunes d’Afrique ».

Source: Kouroukanfouganews

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