Scandale: A Katiola, la résidence privée du chef de l’Etat  transformée en « maison de passe »

Scandale: A Katiola, la résidence privée du chef de l’Etat transformée en « maison de passe »

Située à 403 km d’Abidjan et à 55 Km de Bouaké, le chef-lieu de département de la région du Hambol, le District de la Vallée du Bandama, en Côte d’Ivoire a perdu de sa superbe. Reportage…

Katiola, chef-lieu de département dans la région du Hambol, le District de la Vallée du Bandama est la dernière ville en Côte d’Ivoire, à avoir accueilli en 1979, la dernière fête tournante de l’indépendance, initiée par le père fondateur de la Côte d’Ivoire moderne, Félix Houphouët-Boigny. Aujourd’hui, les stigmates de la guerre de septembre 2002 sont encore visibles sur certains joyaux architecturaux. Faute d’entretien, la ville est dans un état de délabrement très avancé.

Une vue de l’intérieur de la résidence du chef de l’Etat 1024x768 Scandale: A Katiola, la résidence privée du chef de l’Etat  transformée en « maison de passe »

Une vue de l’intérieur de la résidence du chef de l’Etat

Située au quartier Sopim, la résidence officielle du chef de l’Etat, qui avant la guerre était déjà dans un piteux état a été mise sens dessus-dessous. Le constat est amer. Vitres volées en éclat, intérieur vidé de son contenu. Tel est le triste tableau que présente désormais ce qui était avant un joyau. Les tuyaux de raccordement des installations de la Société de distribution d’eau de Côte d’Ivoire (Sodeci) et ceux de la Compagnie ivoirienne d’électricité (Cie) ont été tout simplement emportés. A ce triste décor, il faut ajouter les débris de vitres qui jonchent le sol. Les déchets humains de certains visiteurs et des animaux errants finissent de convaincre que la résidence du chef de l’Etat a mal à son passé reluisant.

Le préfet de région et certains de ses collaborateurs sans résidence officielle

Isolée du centre ville, certaines langues n’hésitent pas à affirmer que la résidence privée du chef de l’Etat contruite à la faveur de la dernière fête tournante de l’indépendance à Katiola s’est transformée en « maison de passe« . Tant, selon ses mêmes sources, les bruits de motos et de certains véhicules de particuliers s’y évanouissent et s’éteignent à des heures chaudes de la journée dans la cour de cette résidence. Celle du Préfet à quelques encablures de là attend elle aussi d’être réhabilitée. Parce que perdue dans la broussaille dans les mêmes conditions que celle du chef de l’Etat. « La guerre est terminée. La réhabilitation de ces infrastructures doit être une priorité pour l’Etat, » indique une tête couronnée de la ville qui préfère garder l’anonymat pour éviter des interprétations tendancieuses de sa pensée. « Comment expliquez-vous qu’un Préfet de région puisse vivre chez des gens ? » S’interroge-t-il très amer. En effet, le Préfet de région, Yul Omépieu vit dans une résidence au quartier résidentiel. Ladite bâtisse qui ne lui est pas offerte gracieusement, est la propriété d’un cadre de Katiola. Quant à ses collaborateurs, outre la Sous-préfet qui vit dans la résidence officielle de l’Etat, les Secrétaires généraux 1 et 2 occupent des résidences de particuliers.

La résidence abandonnée du préfet de région 1024x768 Scandale: A Katiola, la résidence privée du chef de l’Etat  transformée en « maison de passe »

La résidence abandonnée du préfet de région (Ph: S.K)

« L’’époque du ‘’ boom économique » ou du ‘’miracle ivoirien » est loin derrière nous, mais il faut compter avec le Président Alassane Ouattara. Je suis confiant que tout y ira pour le mieux pour la région du Hambol en général et Katiola en particulier, » soutient l’un des cadres de la région Clément Ouattara. Ali Hamed, la gorge nouée lui emboite le pas. « La ville de Katiola avait du mal à se retrouver à repartir d’un pas nouveau pour lui donner tout le sens et le confort dont rêvait Général Thomas d’Aquin, quand la guerre de septembre 2002 est intervenue, » raconte-il.

Le stade Thomas d’Aquin sort difficilement du lot

Si aucun signe de réhabilitation des autres infrastructures ne se fait sentir, le stade Thomas d’Aquin est en train de renaître progressivement de ses cendres, grâce aux actions personnelles entreprises par le Directeur Régional de la promotion de la Jeunesse, des Sports et Loisirs, Bia Be Vincent, « depuis le mois d’octobre 2014« . La pelouse, les vestiaires, les toilettes, les grilles de sécurité, etc. présentent désormais un nouveau visage. « Cela a été possible sur fonds propre, et l’aide de certains amis suite à la requête des dirigeants du Club omnisport de Korhogo (Ndlr : COK) qui ont sollicité lesdites installations pour y disputer leurs matchs de championnat de ligue 1 au titre de l’année 2014-2015, » indique le Directeur Régional de la promotion de la Jeunesse, des Sports et Loisirs rencontré sur les lieux en compagnie de collaborateur Guéi Germain jeudi 21 mai 2015.

Le Directeur Régional de la promotion de la Jeunesse des Sports et Loisirs Bia Be Vincent en compagnie d’un cadre de la région du Hambol Scandale: A Katiola, la résidence privée du chef de l’Etat  transformée en « maison de passe »

Le Directeur Régional de la promotion de la Jeunesse, des Sports et Loisirs, Bia Be Vincent, en compagnie d’un cadre de la région du Hambol (Ph: S.K)

Inauguré le 5 décembre 1979, par Laurent Dona Fologo, alors ministre de la Jeunesse et des Sports, le stade de feu Général Ouattara Thomas d’Aquin de Katiola, croule sous le poids de la ruine. Ce magnifique stade qui faisait la fierté de la ville de Katiola et de toute la région du Hambol présente de loin un bien triste visage aujourd’hui. Les toitures métalliques des tribunes ont été décoiffées et emportées par les vents. La pelouse qui autrefois était couverte de gazon vert fait désormais place à de verdoyants champs de maïs et d’ignames… En somme, la broussaille occupe en ce moment l’aire géographique du stade Thomas d’Aquin qui retrouve toutefois peu à peu son lustre d’antan.

« Le stade de Katiola ne figurait pas dans le répertoire des stades pris en charge par l’Etat pour sa réhabilitation.

Soucieux de l’impact du projet à nous soumis par le COK sur la jeunesse de Katiola, nous avons pris la responsabilité de réhabiliter ce qui devrait l’être afin de respecter les normes exigées par la Fédération ivoirienne de football (Fif) pour l’homologation du stade ; cela, dans un bref délai. Nous avons donc informé l’Inspection Générale de la Jeunesse, des sports et loisirs pour la conduite à tenir afin que ce projet de certification aboutisse ; étant donné que l’Ons (Office national du sport) n’a pas de représentant à Katiola, » raconte avec beaucoup d’émotion Bia Be Vincent.

Le bureau des arbitres, la salle de réunion, la salle Very important personality (Vip) dont les murs brillent à cause des nouvelles couches de peinture ne sont pas en reste de la réhabilitation. Une fierté pour le gardien des lieux, Touré Dramane, qui depuis longtemps était coupé de la chaleur sportive des dimanches. « Je suis très heureux et fier de notre nouveau Directeur Régional qui se bat pour le retour du sport professionnel à Katiola. Pendant la crise, j’ai fait ce que je pouvais pour sauvegarder le minimum, » souligne-t-il très ravi.

Propositions de fêtes tournantes de l’indépendance

Cette chance, les autres réalisations sous le Général Thomas d’Aquin n’en bénéficient pas. ‘’ C’est vraiment dommage que l’Etat ait abandonné cette politique qui avait l’avantage de construire nos villes » se lamente, Mme Awa Camara, assistante sociale qui estime que le retour des fêtes tournantes pourrait ‘’ booster » le processus de réconciliation. ‘’ Imaginez toutes les forces vives du pays converger vers le Chef-lieu de région ou de département qui accueille les fêtes tournantes pour communier ensemble, n’est-ce pas fabuleux pour la cohésion sociale ? », S’interroge cette dame qui semble inviter le Président Alassane Ouattara à réactiver cette politique du premier Président ivoirien, dont il se réclame.

En effet, les fêtes tournantes de l’indépendance étaient l’occasion pour l’Etat de construire des résidences officielles, des infrastructures administratives, scolaires, sanitaires et sportives. Et comme la route précède le développement, des axes routiers étaient bitumés dans les départements d’accueil, en même temps qu’elle donnait une fière allure à la ville hôte, désormais, dotée d’infrastructures.

En attendant que cette proposition soit une réalité, le Président Alassane Ouattara a initié des Conseils de ministres décentralisés lors des visites d’Etat dans les différentes régions de la Côte d’Ivoire, au cours desquels, les projets à réaliser sont officiellement annoncés par le porte-parole du gouvernement. La région de Tonpki, dans le District de Man à l’Ouest du pays a accueilli le premier Conseil des ministres décentralisé le 2 mai 2014.

Sériba Koné, envoyé spécial dans le Hambol

Source: lepointsur.com

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