Scandale des fraudes fiscales en Suisse: Swissleaks révèle l’implication de Patrick Thomas Klolou Bédié, l’un des fils de Henri Konan Bédié

Scandale des fraudes fiscales en Suisse: Swissleaks révèle l’implication de Patrick Thomas Klolou Bédié, l’un des fils de Henri Konan Bédié

« Le secret bancaire en Suisse n’a pas seulement permis de frauder le fisc mais également de couvrir des activités criminelles de grande échelle, comme le blanchiment d’argent de la drogue ou le financement du terrorisme international» , affirme une enquête publiée ce lundi par la presse internationale, coordonnée par le journal français Le Monde.

Cette enquête, baptisée SwissLeaks, est basée sur les fichiers de la banque HSBC Suisse, dont le siège est à Genève, et volés en 2007 par l’ancien informaticien franco-italien Hervé Falciani. Le journal Le Monde a eu accès, par un informateur secret, à ces fichiers, donnant des informations sur plus de 106.000 clients de la banque suisse, provenant d’environ 200 pays.

Si certains (une minorité) ont recours à ces placements sans arrière-pensée, visant à sécuriser des biens légitimement acquis, il arrive (et c’est plus fréquent) que l’on recourt au système du placement dans les banques suisses ou d’autres paradis fiscaux, soit pour dissimuler des fonds mal acquis, soit pour contourner les administrations fiscales des pays concernés.

Selon des documents obtenus par le journal français Le Monde plusieurs personnalités dont des ivoiriens sont concernées par ses mouvements financiers, en ayant placé d’énormes sommes auprès de la filiale suisse de la banque anglaise HSBC (HSBC Private Bank).

En Côte d’Ivoire, les clients sont au nombre de 382 qui détenaient au total plus de 190 millions de dollars environ 95 milliards de Fcfa. Parmi ses clients, figurent Patrick Thomas Klolou Bédié, le fils de l’ex-président Henri Konan Bédié, qui a détenu au moins deux comptes entre 1992 et 2000. Interrogé dans le cadre de cette enquête, le fils du président du PDCI a indiqué ne pas vouloir revenir sur des faits qu’il estime dépassés.

« Je ne souhaite pas apporter des éléments de réponse à ces questions auxquelles j’ai largement répondu depuis plus d’une dizaine d’années, et notamment à la justice Suisse en 2000 », a-t-il contenté.

Il faut rappeler qu’en Côte d’Ivoire, ce qui reste frappant, c’est le nombre de ressortissants libanais et syriens de nationalité ivoirienne à détenir des comptes chez HSBC. Environ deux tiers des clients de HSBC en provenance de la Côte d’ivoire et même de l’Afrique de l’Ouest sont des Libano-syriens (ils sont plus de 220 sur 380 clients en Côte d’Ivoire), parmi lesquels figurent des noms de familles connues dans le secteur industriel, manufacturier ou dans l’import-export.

Le journal Le Monde, publie, ce lundi 9 février 2015, une enquête internationale qui révèle les dessous d’un vaste système d’évasion fiscale pour un total de 180 milliards d’euros organisée par la banque britannique HSBC il y a quelques années. Plus de 100 000 clients sont concernés. Certains auraient régularisé leur situation, d’autres font l’objet de poursuites.

C’est en 2008 qu’Hervé Falciani, informaticien de la filiale suisse HSBC Private Bank, copie une impressionnante série de fichiers bancaires. Fichiers à partir desquels il est possible de récupérer des noms de clients et les avoirs qui vont avec. Il va alors essayer de les vendre au plus offrant. N’y arrivant pas, Hervé Falciani décide, en 2009, de transmettre une copie de ces fichiers informatiques au fisc français. D’où la fameuse liste des 3 000 évadés qu’Eric Woerth, alors ministre du Budget, exhibe à l’Assemblée nationale. Dans le même temps, la justice française, par le biais du procureur de Nice Eric de Montgolfier, récupère ces listings en perquisitionnant le domicile d’Hervé Falciani.

Une dizaine d’articles dans le quotidien Le Monde détaillent un «système international de fraude fiscale» impliquant la banque britannique HSBC à travers sa filliale suisse et de nombreuses personnalités publiques.

Fin janvier 2014, une personne dont on ne connait pas l’identité contacte deux journalistes du Monde qui travaillent sur cette affaire HSBC. Il leur remet alors une clé USB qui contient ces fameux listings détenus par la justice, de plus de 100 000 clients français et étrangers. Ce sont ces données que le journal Le Monde a ensuite partagé avec une soixantaine de médias internationaux qui ont travaillé sur ces informations, pendant six mois avant de les révéler au grand public.

200 000 sociétés « offshore »

Le journal Le Monde révèle ainsi que près de 180 milliards d’euros se sont évaporés dans la nature via cette fraude fiscale. Ces sommes auraient ainsi transité via Genève vers des paradis fiscaux, par le biais de 200 000 sociétés « offshore », basées au Panama et dans les îles Vierges britanniques. La plupart des clients étaient démarchés en France, puis incités par HSBC à mieux camoufler leur argent derrière le paravent de ces structures « offshore ». L’objectif était d’échapper à certaines taxes.

Qui sont ces 100 000 clients français et étrangers ? Dans ces fameux listings, on retrouve des vedettes du show-business, des sportifs, des chefs d’entreprises ou bien encore des personnalités à l’étranger. En France, le coiffeur Jacques Dessange est cité ainsi que l’humoriste Gad Elmaleh. Il aurait depuis régularisé sa situation auprès du fisc français.

HSBC reconnaît « des manquements passés »

Figurent également des personnalités internationales comme le roi du Maroc, Mohammed VI, qui possédait 8 millions d’euros ou le roi de Jordanie Abdallah II, avec 37 millions d’euros. Ou bien encore des dirigeants de grandes entreprises. C’est notamment le cas de Li Xiaolin, président directeur général de l’entreprise de production énergétique China Power International Development, qui possédait plus de 2 millions d’euros répartis sur cinq comptes.

Sur son site, Le Monde a publié une réponse d’HSBC qui a dit reconnaître les « manquements passés », mais avoir pris depuis plusieurs années de nombreuses initiatives pour empêcher l’utilisation de ses services à des fins d’évasion fiscale ou de blanchiment d’argent. Une réunion du G20 se tient, les 9 et 10 février 2015, à Istanbul où se retrouvent des ministres des Finances et des Banquiers centraux. Le G20 a fait de la lutte contre l’évasion et l’optimisation fiscale un de ses chevaux de batailles.

Mireille (Mimi) Kouamé avec Le Monde et AFP

(Via panafricain.com)

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