Selon Chris Yapi, le vice-président ivoirien Daniel Kablan-Duncan aurait démissionné

Chris Yapi vous l’annonce : le Vice-président Daniel Kablan-Duncan a rédigé sa lettre de démission et l’a remise au Président Alassane Ouattara. Il quitte immédiatement ses fonctions, sauf si on lui demande d’attendre et de le faire après l’inhumation du Premier ministre Amadou Gon-Coulibaly. Pourquoi cet homme mou, amorphe et sans charisme a-t-il pris le courage d’aller à la rupture d’avec Président Ouattara, son ami de plus de trente ans, cet ami avec lequel il a travaillé à la BCEAO dans les années 80 ?

En fait, la démission du Vice-président est le résultat d’un trop-plein de frustrations, mais aussi et surtout la conséquence directe du manque de sincérité du Président Ouattara qui veut à tout prix faire porter à quelqu’un d’autre, la responsabilité de ses fautes personnelles. Cela s’appelle de la défausse et c’est indigne d’un homme d’État.

Avant le funeste Conseil des ministres du 8 juillet dernier, le Vice-président Daniel Kablan-Duncan a eu un entretien avec le Premier ministre Amadou Gon-Coulibaly, le Ministre d’État Hamed Bakayoko et le Ministre Secrétaire Général de la Présidence Patrick Achi. Lors de cette entrevue, M. Kablan-Duncan s’est profondément épanché et a dit à Amadou Gon tout ce qu’il avait sur le cœur, notamment les frustrations qu’il subissait de la part du Président de la République, les humiliations fréquentes, les rabaissements et toute la déception qui l’habitait.

Le Vice-président a clairement dit au Premier ministre, en présence des deux autres interlocuteurs, que lors de la désignation d’Amadou Gon-Coulibaly en qualité de candidat du RHDP pour la présidentielle d’octobre 2020, lui Daniel Kablan-Duncan n’était absolument pas d’accord avec ce choix et la manière dont ce choix avait été opéré.

Il y était opposé, pas à cause d’Amadou Gon, mais surtout parce que ce n’était pas la promesse qu’Alassane Ouattara lui avait faite les yeux dans les yeux, ce n’était pas l’engagement sur l’honneur qu’avait pris avec lui le Chef de l’État, qu’il considérait alors comme un homme d’honneur. Surpris par la manœuvre du Président Ouattara et déçu de constater que le Président de la République n’était pas un homme de parole, il en avait parlé à ce dernier et un froid s’est installé entre eux. Il s’était donc retiré dans son coin.

Constatant que les choses n’évoluaient pas, que le Président ne manifestait aucune considération à son égard et continuait de le mépriser en l’ostracisant publiquement, il avait pris la décision de rédiger sa lettre de démission qu’il avait remise au Chef de l’État. Cette lettre a été réceptionnée, mais n’avait pas connu de suite.

Dans l’attente, il en parlait donc avec le Premier ministre Amadou Gon-Coulibaly, dans l’espoir que ce dernier porterait ses frustrations auprès du Président et qu’un dialogue puisse être engagé entre les deux.
Mais, le sort a décidé que le Premier ministre meurt quasiment en plein Conseil des Ministres. Le Président Alassane Ouattara plonge alors dans la détresse et le chagrin. Voyant la peine terrible du Président, Hamed Bakayoko choisit ce moment pour le déstabiliser davantage en lui rapportant leur entretien avec le Vice-président Kablan-Duncan. Il raconte tout et, pour achever le Président, il dit que ce sont les propos de Duncan qui ont causé une forte émotion au Premier ministre et qui ont causé sa mort. En somme, il laisse entendre que c’est Daniel Kablan-Duncan qui a tué Amadou Gon-Coulibaly !

Entendant ces mots, le Président Ouattara ne se contrôle plus. Il devient fou de colère ! Il saisit son téléphone, appelle le Vice-président, déverse un tombereau d’injures sur lui et exige qu’il lui remette sa démission immédiatement et sans délai ! Daniel Kablan-Duncan n’a pas d’autres choix que de s’exécuter. Il a rédigé une nouvelle lettre de démission et l’a faite porter à la Présidence. Le même jour, il a fait ses cartons et est rentré à la maison. En attendant qu’on lui ramène le reste de ses affaires.

Hamed Bakayoko, comme un serpent, a réussi à instiller son venin et a créé la déchirure entre les deux hommes. Mais, Hamed Bakayoko n’est pas le seul fautif dans cette crise. Le coupable principal s’appelle Alassane Ouattara. En feignant de croire au mensonge selon lequel ce sont les propos de Kablan-Duncan qui ont provoqué la mort d’Amadou Gon, le Chef de l’État fait preuve d’une profonde malhonnêteté. Parce que la première personne qui a informé le Premier ministre de la démission de Kablan-Duncan, c’est le Président Alassane Ouattara lui-même.

Quand le Vice-président lui avait écrit pour lui signifier son mécontentement et lui annoncer qu’il avait démissionné, le Président en avait parlé avec Amadou Gon en riant. Il lui a dit que Duncan était un poltron, un velléitaire qui n’oserait jamais passer à l’acte, qu’il l’intimiderait suffisamment pour que ce dernier se tienne tranquille, apeuré, jusqu’à la fin de son mandat. Amadou Gon savait l’état d’esprit du Vice-président et n’a pas été surpris. Donc quand le Président Ouattara veut faire croire qu’Amadou Gon a été tellement affecté par les propos de Duncan qu’il en a fait un arrêt cardiaque, ce n’est que pur mensonge.

En réalité, le Président Alassane Ouattara a menti à tout le monde, trompé tout le monde, juré en ayant la conviction qu’il ne respecterait jamais son serment. Daniel Kablan-Duncan, a trahi le Président Bédié pour lui, s’est fait radier du PDCI pour lui, avait déclaré en octobre 2018 : « Je suis RHDP, depuis le début, des pieds à la tête. Chacun se rappellera du 17 juin dernier, lors de la réunion du Bureau politique du PDCI-RDA, j’avais pris la parole pour indiquer que le PDCI doit choisir la bonne voie, celle du RHDP. Je sais que certains ont crié, mais ”walaye, nkoh tâlâ”, je m’en contre fous. Ils ont beau crié, c’est mon choix. C’est le mien et je l’ai dit devant tout le monde. Donc, vraiment, personne ne peut dire que j’hésite quand il s’agit du RHDP. Ceux qui le disent, c’est leur problème ».

Mais, cela n’a pas empêché le Président Ouattara de le jeter dehors comme un malpropre.

Alassane Ouattara, après avoir trahi Anaki Kobenan, Charles Konan Banny, Francis Vangah Wodié, Bamba Moriféré, Guillaume Soro, Henri Konan Bédié, Marcel Amon Tanoh, Abdallah Mabri Toikeusse, c’est au tour de Kablan-Duncan de se rendre compte, amèrement, que la parole d’Alassane Ouattara n’a aucune valeur.

Charles Konan Banny, le meilleur exégète de la pensée d’Alassane Ouattara prévenait déjà tout le monde au détour d’une interview dans les colonnes de l’hebdomadaire Jeune Afrique, en juin 2015 : « Alassane Ouattara ne conçoit l’amitié qu’en termes de soumission. Moi, l’amitié soumise, je ne connais pas. Tous autant qu’ils sont autour de Ouattara seront trahis jusqu’au dernier ».

Daniel Kablan-Duncan vient de découvrir Alassane Ouattara tel qu’il est : un homme froid, sans cœur, sans humanité, pour qui les hommes n’ont de valeur que par ce qu’ils peuvent lui apporter. Dès que vous ne lui êtes plus utile, il vous jette.

Aujourd’hui Daniel Kablan Duncan est un homme humilié et détruit. Il a renié le PDCI d’Houphouët-Boigny puis, celui de Bédié, pour le RHDP dit « unifié » d’Alassane Ouattara. Le voilà, aujourd’hui, ainsi remercié. Va-t-il retourner au PDCI ? Un observateur averti, apprenant la nouvelle de la démission de Duncan, a dit ceci : « Si Ouattara a pu anéantir Guillaume Soro qui lui a donné le pouvoir en faisant de lui un Ivoirien, personne n’est à l’abri des trahisons de Ouattara, même pas son épouse ! Ils finiront par divorcer ».

Qui sera le prochain de l’écurie RHDP (unifié??) à faire les frais d’un Alassane Ouattara devenu incontrôlable ?

CHRIS YAPI NE MENT PAS.

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