Selon Franklin Nyamsi, le conseiller spécial de Soro Kigbafori Guillaume, Soro Guillaume et Blé Goudé seraient en contact permanent

Selon Franklin Nyamsi, le conseiller spécial de Soro Kigbafori Guillaume, Soro Guillaume et Blé Goudé seraient en contact permanent

La réconciliation telle que souhaitée par le président de l’Assemblée nationale, Soro Kigbafori Guillaume, se met en marche à feu doux. Son conseiller spécial, Franklin Nyamsi, a animé une conférence de presse, samedi24 juin 2017 , au Grand Hôtel du Havre, 18, rue d’Amsterdam, Paris 9ème, pour annoncer un colloque international de pardon, à Paris, les 9 et 10 septembre, allant dans ce sens.

Des blessures morales postélectorales encore béantes, six années après. Des attentes de réconciliation qui ont fini par devenir des désespoirs. Des adversaires politiques restés arcboutés  sur leurs positions. Alors qu’une nouvelle élection, celle de 2020, pointe du nez. Les différents protagonistes s’y préparent sous cape. Sans mots dire. Alors que faire ? Comment y aller ? Comment s’y prendre ? Avec quels ivoiriens aller à ces élections ? Dans quel état d’esprit ? Des préoccupations dont s’est saisi le président de l’Assemblée nationale, Soro Kigbafori Guillaume. D’où son engagement à lancer ce qu’il baptise « Le colloque international pour le pardon et la réconciliation en Côte d’Ivoire », les 9 et 10 septembre à Paris. Une entreprise portée, pour l’instant, par son conseiller spécial, Franklin Nyamsi. A travers une conférence de presse qu’il a animée, samedi, au Grand Hôtel du Havre, 18, Rue d’Amsterdam, Paris 9ème, il en a donné les grandes lignes et les motivations.

Un colloque sur la Côte d’Ivoire à Paris pour quoi faire ?

Rechercher des voies et moyens d’une éventuelle réconciliation suite à la crise postélectorale ivoirienne de 2011 par un colloque. Qui va se tenir en France(Paris), et ouvert à toutes les sensibilités politiques, sociales, culturelles, intellectuelles. Ça en vaut bien la chandelle. Mais pourquoi organiser une assise sur une situation ivoiro ivoirienne en France, loin de la vraie réalité ? Surtout quand on sait qu’une foultitude d’entreprises similaires a déjà accouché d’une souris. Aussi bien dans l’hexagone qu’en Côte d’Ivoire. Et Franklin Nyamsi ne s’en cache pas. « Depuis 30 ans, il y a eu des périodes de réconciliation inachevée. Il n’est pas question pour nous de balayer du revers de la main les réconciliations déjà entreprises. Il faut, au contraire, saluer, toutes ces initiatives. Le but du colloque c’est aussi d’écouter les intellectuels du RDR, PDCI, FPI, UDPDC, UDCI, MFA et bien d’autres partis ivoiriens. Pour le président Soro, il faut tourner la page et repenser une nouvelle Côte d’Ivoire où les nouvelles générations ne connaîtront plus les mêmes problèmes de désespoir. Soro Guillaume m’a demandé d’aller, sans limite, vers les intellectuels, les artistes, les religieux, la société civile. C’est dans cette optique que j’ai rencontré Tiburce Koffi, Michel Barouan (président des réfugiés ivoiriens de France), Sidiki Bakaba et bien d’autres. On va  même écouter des intellectuels rwandais, sud africains, angolais, congolais, des pays où il y a eu la guerre, qui viendront témoigner », a-t-il souligné. Un colloque inclusif on va dire. Et de poursuivre, « Nous sommes là pour accélérer les actes de pardon et le processus de paix entamé en Côte d’Ivoire. Et croyez-moi, ce ne sont pas les élections de 2020 qui poussent Soro Guillaume à organiser ce colloque »…

Soro et les pro-Gbagbo…

C’est une évidence. Les pro-Gbagbo sont une frange importante de la population ivoirienne. Et c’est aussi clair et indéniable que la réconciliation, en Côte d’Ivoire, ne peut se faire sans eux. Une réconciliation, qu’on veut sur un socle solide et dans la durée, ne peut s’effectuer sans leur engagement et approbation. De façon unilatérale. Et ils ont des têtes de gondole qu’ils vénèrent et dont leur tient à cœur comme la prunelle de leurs yeux. Il s’agit de l’ex-président, Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, Mme Simone Gbagbo sans compter les prisonniers politiques. Des situations que la « population bleue » met en interface à la réconciliation. En cela, Soro Guillaume semble en avance sur la question. « Je vous révèle que Soro Guillaume et Charles Blé Goudé n’ont jamais rompu leur relation. Ils sont en contact permanant. Et cela depuis longtemps. Soro Guillaume parle toujours à Blé Goudé quand il veut. C’est aussi cela la réconciliation. Soro a gardé de très bonnes relations avec tous ses frères de la galaxie patriotique »…

Le pardon d’accord, la réparation d’abord…

Le pardon, c’est louable. Mais peut-on y arriver, dans le cas de la Côte d’Ivoire, sans un minimum de réparation ? Voici une équation bien délicate que Guillaume Soro pourrait avoir à résoudre dans le cadre du colloque international du pardon sur la réconcilation qu’il initie. Et comme il n’est pas le chef de l’Etat qui a pouvoir de prendre des décrets ou des ordonnances, ce qui relève de ses prérogatives est d’œuvrer à voter une loi d’amnistie générale. « Soro Guillaume a fait la proposition d’une loi d’amnistie générale dans son discours d’entrée du Parlement le 3 avril 2017. Soro pense à cette loi. On va dire, la fin justifie les moyens. Mais d’abord, il faut qu’on y prépare les esprits. Et ce colloque va dans ce sens », explique Franklin Nyamsi.

L’irruption des pro-Gbagbo à la conférence de presse…et la peur…

18h 30. Salle de conférence du Grand hôtel du Havre. La conférence de presse du professeur de philosophie et conseiller spécial de Guillaume Soro, Franklin Nyamsi, suivait son cours normal quand surgissent quatre personnes dont une femme. Une irruption quasiment. Juste un temps d’observation et les voilà qui arrachent la parole. Ils n’ont pas eu besoin de l’autorisation du modérateur et chargé de presse du conférencier. C’est All black Mondo qui, après Ahilé Koudous, s’invite à la parole. Dans un français soutenu mais à travers une attitude bouillante voire guerrière. « M. Nyamsi, vous ne pouvez pas parler de la Côte d’Ivoire mieux que nous, cela je l’ai toujours soutenu dans mes vidéos. Dans votre façon de parler, on voit que vous prenez des raccourcis pour essayer de légitimer la rébellion qui, pour moi, ne sera jamais légitime. Une rébellion qui a endeuillé des millions de vies en Côte d’Ivoire. Pourquoi venez-vous aujourd’hui vers ceux que vous traitiez de minoritaires ? Vous disiez que tout va bien en Côte d’Ivoire et que les Ivoiriens se sont réconciliés, mais je vous appends un groupe de parlementaires français sérieux a démontré le contraire. Nous n’avons rien contre vous encore Guillaume Soro, de façon personnelle. Nous sommes de ceux qui veulent aller à la réconciliation. Mais il y a un préalable, et dites-le à Guillaume Soro. La plaie de la Côte d’Ivoire est profonde. Toute fois, nous aspirons à des choses nouvelles. Pour ne plus revivre notre passé. Il faut aller s’adresser aux victimes directes que sont les veuves, les orphelins et blessés de guerre. Parce qu’une guerre a des causes exogènes et endogènes qu’il faudra relever. Il faudra libérer nos parents faits prisonniers et ceux qui sont encore en exil au Ghana, Bénin, Libéria et ailleurs. Quand vous finissez ça et que vous engagez la réconciliation, on est partant… », a martelé le jeune pro-Gbagbo de 40 ans et plain de vigueur. Une chose est certaine. Les Ivoiriens sont partants pour une réconciliation. Mais pas celle qui viendra davantage piétiner des valeurs élémentaires à une paix durable.

David Béty   

Source: eventnewstv.tv

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