Selon Jean Bonin, les Baoulés et les Malinkés ont ensemble en commun “le “vivre ensemble” chez les autres, avec (ou sans) les autres”

Selon Jean Bonin, les Baoulés et les Malinkés ont ensemble en commun “le “vivre ensemble” chez les autres, avec (ou sans) les autres”

Les Baoulés et les Malinkés ont ensemble en commun cette propension à vouloir vivre chez les autres, sans ces autres. C’est un constat personnel. C’est donc forcément contestable.

Ainsi, dans pratiquement tous les villages et villes de Côte d’Ivoire vous trouverez un Dioulakro, un Dioulabougou, un Sokouradjan ou un baoulekro (Koffikro, kouadiokro… campement ou sont regroupés entre eux les Baoulés).

Ce regroupement est-il un signe d’exclusion volontaire et consciente des autres communautés ethniques ? Je n’en sais rien. Je ne le pense pas, vu que dans ces regroupements communautaires il n’est pas rare d’y trouver d’autres communautés qui y vivent en parfaite intelligence. Ils y vivent, ils y cohabitent mais est-ce qu’ils y habitent… ensemble ? J’en suis pas certain. C’est pourtant ce qui devrait être. C’est cela le vivre ensemble.

Le regroupement communautaire est très fort chez les Baoulés et les Malinkés. Chez eux, tres souvent, un individu, un Chef, décide pour la grande masse et presque tous suivent. Il y a nécessairement une explication sociologue. Je ne suis pas sociologue donc je ne m’aventurerais pas à trouver les raisons qui justifient attitude. Mais je suis preneur de toutes explications scientifiques qui justifieraient ce comportement.

De ma petite expérience des peuples qui forment la nation ivoirienne il y a deux (2) peuples qui me paraissent (c’est forcément subjectif) les plus accueillants et hospitaliers. Ce sont les Bhétés et les Malinkés.

Il n’y a qu’à voir le nombre de campements Baoulés qui pullulent à l’ouest du pays. Si les Baoulés ne s’y sentaient pas bien, ils seraient tous retournés chez eux. D’ailleurs, dans nos villages Baoulés les plus belles villas ne sont pas les réalisations des hauts cadres mais celles de planteurs durablement implantés à l’ouest du pays.

Mais, plus que le Baoulé, l’hospitalité du Bhété est telle qu’il n’hésite pas à donner le nom de son hôte Baoulé à son propre fils. C’est magnifique. On trouve ainsi des Kouassi, Yao et autre Kouamé, des noms typiquement Baoulés portés par des Bhétés. L’inverse existe peut-être. Je n’en connais pas personnellement ailleurs ou à Dimbokro.

À Dimbokro, s’il y a une communauté qui me porte particulièrement dans son cœur ce sont les Malinkés. Aujourd’hui même, j’ai été invité à déjeuner à Dioulakro par ceux que je pourrais appeler ma seconde famille : la famille Cissé.

À chaque fois que je suis à Dimbokro ils m’invitent à partager un repas. Ils savent que je suis du FPI. Mais ils n’en ont que faire. Cette famille m’a adopté il y presque 20 ans, lorsque Lala, une des plus belles filles de la ville était tombée très malade. L’ayant appris, je suis aller lui rendre visite. À ma question de savoir pourquoi elle ne se rendait pas à l’hôpital pour se soigner elle m’a répondu qu’elle n’avait même pas 500F sur elle pour se déplacer.

J’étais profondément écœuré qu’on puisse mourir faute de ne pas avoir 500FCFA en poche. J’ai donc pris sur moi de la conduire à l’hôpital de Dimbokro où j’ai pris en charge ses frais médicaux. Malheureusement, elle est décédée une semaine après son admission.

Depuis cette date, sa fille, Masta, est devenue comme la mienne. Je l’ai vu grandir avec ses qualités et ses défauts d’adolescente. Elle était si belle, comme sa défunte mère. Elle a été victime de sa trop grande beauté. Aujourd’hui Masta est mariée. Elle est devenue une femme mâture et modèle. Je rends gloire au seigneur pour cela. Il y a juste une seule chose qu’il ne faut pas faire devant elle ou lui dire : “parler mal” de son “père” Jean Bonin. Là elle retrouve ses instincts enfouis et (re)devient méconnaissable. Tout le monde le sait à Dimbokro et donc personne ne s’aventure sur ce terrain avec elle.

La politique n’a pas pu briser nos liens de “famille”. Malheureusement, cela n’est pas le cas pour la majorité des Ivoiriens. La politique, par la faute de politiciens jusqu’au-boutistes et mythomanes, au lieu de nous unir nous a profondément divisé. On chemine désormais dans notre pays par groupe ethnique ou par affiliation politique. Je ne me suis pas engagé en politique pour cela.

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À bien observer la politique ivoirienne, tout pourrait se résumer en réalité à “lève toi que je m’y mette”. En effet, PDCI, FPI, RDR qu’est-ce qui a fondamentalement changé ? Rien. Chacun est venu au pouvoir avec ses avantages et… ses nombreux défauts car au lieu de suivre les idées on suit les hommes à qui ont est plus attaché que ce qu’il nous proposent. Malheureusement.

Mon engagement politique actuel s’explique par une seule chose : le programme de Gouvernement que propose le Pdt Affi Nguessan, son humilité, son amour réel et profond pour autrui et pour ce pays et surtout sa vision du vrai et bien vivre ensemble qu’il nourrit pour les ivoiriennes et les ivoiriens. C’est le seul politicien que je connais qui n’a pas un ego démesuré et qui au nom de l’intérêt général est prêt à faire des concession ou même à se rabaisser. N’eût été cela, il y a bien longtemps que j’aurais quitté le nauséabond marigot politique ivoirien rempli de tribalistes, d’haineux, d’opportunistes, d’incompétents et de vendeurs d’illusions, où les hommes et les femmes qui l’animent ne sont crédibles que quand ils sont dans l’opposition.

Jean Bonin

Juriste

Citoyen Ivoirien

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