Selon Moriba Magassouba, journaliste sénégalo-guinéen, ancien directeur de l’agence Panapress: « Gbagbo a corrompu des intellectuels africains…»

Selon Moriba Magassouba, journaliste sénégalo-guinéen, ancien directeur de l’agence Panapress: « Gbagbo a corrompu des intellectuels africains…»

Moriba Magassouba, journaliste sénégalo-guinéen, ancien directeur de l’agence Panapress pour l’Afrique de l’Ouest, est basé à Abidjan, la capitale ivoirienne. Il a repris en 2013 Chaka Editions, une maison d’édition fondée à Dakar en 1983, qui publie des essais politiques.

Auteur d’un ouvrage qui fait toujours référence, « L’Islam au Sénégal : demain, les Mollahs ? » (Karthala, 1985), il se posait avant tout le monde les bonnes questions sur la place de la religion dans la politique de son pays.

Aujourd’hui, il prépare la réédition d’un livre qu’il a écrit sur l’ancien président tchadien Hissène Habré, qui vit exilé au Sénégal, dans la perspective de son procès. Et continue de débattre de la politique africaine, par tribunes interposées.

Il fait partie de ceux, plutôt rares parmi les intellectuels d’Afrique francophone, qui critiquent ouvertement Laurent Gbagbo, Robert Mugabe et Paul Kagamé – des hommes pris par une partie de l’opinion, de Dakar à Douala, pour des héros du nationalisme africain. Entretien.

Rue89 : Que pensez-vous des déclarations de Paul Kagamé du 4 juillet sur la « dignité africaine » et la capacité de l’Afrique à « dire non » et « rendre coup pour coup » au reste du monde ?

Moriba Magassouba : C’est de la démagogie pure et simple ! Des hommes comme Paul Kagamé, Laurent Gbagbo ou Robert Mugabe font de la rhétorique révolutionnaire pour masquer leur politique autocratique.

Leurs discours trouvent un certain public, notamment au Sénégal où l’on se focalise parfois sur la réussite économique du Rwanda pour citer ce pays en exemple.

Plusieurs dictateurs africains ont souvent été cités en exemple par les Etats-Unis, comme Paul Kagamé, mais aussi Eyadéma au Togo ou Ben Ali en Tunisie, pour leurs réalisations économiques, malgré leur bilan déplorable en matière de droits de l’homme.

Quand Paul Kagamé dit que « le front de la lutte pour la libération est dans nos têtes », ne s’inscrit-il pas dans la pensée de Franz Fanon ?

Cela relève de l’imposture… Les régimes autocratiques comme ceux de Kagamé n’ont rien à voir avec Franz Fanon. Paul Kagamé réduit ses opposants au silence et élimine physiquement ceux qui le gênent !

Pourquoi la rhétorique nationaliste de Laurent Gbagbo fonctionne-t-elle, malgré tous les faits qui sont reprochés à l’ancien président ivoirien ?

J’ai du mal à me l’expliquer. La lutte de libération nationale et les idéaux socialistes sont restés un mythe pour certains intellectuels, notamment au Cameroun.

Du coup, les thèses nationalistes et panafricanistes de Laurent Gbagbo, qui se réclame par ailleurs du socialisme, ont séduit une frange importante des intellectuels.

Il faut aussi rappeler que Laurent Gbagbo a corrompu des intellectuels africains. Calixthe Beyala est poursuivie par la justice ivoirienne pour quelque 100 millions de francs CFA qui lui ont été indûment versés. De même, l’ancien patron d’Amnesty International, le Sénégalais Pierre Sané, aurait reçu de l’argent pour prendre la défense de Laurent Gbagbo. Ce que beaucoup n’ont pas compris.

Comment voyez-vous le fait que Robert Mugabe soit perçu, jusqu’au Sénégal, comme un héros anticolonialiste ?

Mugabe a obtenu l’indépendance en luttant contre le colonialisme britannique. Il a démontré au fil des ans ses lacunes et son caractère autocratique. C’est facile d’emboucher la trompette du panafricanisme quand son propre peuple est à l’agonie.

Il y a une sorte de démission des intellectuels africains. Même en Côte d’Ivoire aujourd’hui, il n’y a pas de réaction proportionnelle aux thèses qu’émet toujours la galaxie pro-Gbagbo sur Internet et les réseaux sociaux.

Certains évoquent une lassitude face aux attitudes post-coloniales de la France. Mais Laurent Gbagbo a favorisé mieux que personne les intérêts des grands industriels français comme Bouygues et Bolloré en Côte d’Ivoire. Il y a un grand fossé entre les discours et les politiques.

Source: Rue89

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2 comments

  1. Donc vous aussi Moriba on vous a paye pour faire de la propagande contre Gbagbo. Il y a quelque chose qu’il faut comprendre en qualite de quoi donne un contrat a des societes Francaises represente un probleme? Est-ce aussi dire parce qu’on est nationaliste qu’il faut chasser tous les Francais qui vivent en Cote d’Ivoire? Non desole ca ca par contre c’est du racisme. Il y a bien des Ivoiriens qui vivent en France et meme qui marchent dans la rue pour Gbagbo depuis des annees, mais a cause du respect des droits on les laisse faire. Par ailleurs ces des gens comme vous que Sekou Toure dans son temps a combattu. Pendant que ce monsieur disait NON a la France pour avoir son independance, vous les traitres vous vous etes mis du cote des Francais pour saboter le pays, c’est vous d’ailleurs qui l’avez rendu dictateur.Pour revenir a Gbagbo laissez moi vous dire que plus de 51% ont vote pour lui pendant les elections, voila le VRAI NATIONALISME. Les autres comme Alassan et Bedie jusqu’a present comptent sur les Francais, leche cul va.

  2. quand cet energumene dit que Gbagbo a corrompu les intellectuels en afrique, j’estime qu’il en fait parti donc le sieur Moriba est un corrompu de son etat, nonobstant un homme sans morale ni integrite,pour ne pas dire une honte pour l’Afrique. a moins qu’il ait ete present quand Gbagbo corrompait ses amis??? mensonges tout ca, en plus il ne reflechit meme pas avant de raconter ses betises. et dire que lui aussi se prend pour un intellectuel !!!!

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