Selon un historien français, 2015 sera aussi une année de merde pour la France: Des attentats dans quatre villes de France sont à prévoir

Selon un historien français, 2015 sera aussi une année de merde pour la France: Des attentats dans quatre villes de France sont à prévoir

Le 1 er janvier dernier, je lisais Le Parisien. « 2015 : et si on vivait une année historique ? » interrogeaient les gros caractères du journal. L’article se penchait sur un livre sorti dans la plus grande discrétion médiatique et intitulé La Fatalité de l’an XV. Celui-ci émettait la thèse d’un historien et d’un agrégé de lettres, selon laquelle depuis près de dix siècles, chaque année 15 serait remplie de bouleversements violents annonciateurs d’une ère nouvelle. Selon le staff éditorial, cette analyse pouvait être corroborée par le numérologue du journal en personne. Celui-ci disait : « le nombre 15 se rapporte au diabolique et au fait de prendre des décisions radicales ».

Cette éthique intellectuelle un peu schizo résonnait malgré tout en moi. Comme un autre signe du destin, la veille de l’attaque de Charlie Hebdo, une attachée de presse m’appelait pour me proposer un sujet sur les prédictions 2015 d’une voyante nommée Soraya. Le duel entre les deux hémisphères de mon cerveau pour essayer de digérer l’horreur et l’incompréhension du massacre contre la rédaction de Charlie avait commencé. Intuition ou raison, numérologie ou Histoire, il fallait que je puisse trancher.

Même si Soraya avait prédit fin 2014 qu’en 2015 « Julien Doré ferait des débuts cinématographiques très réussis », la voyante a également perçu de façon plus probable des attentats dans quatre villes de France et surtout bon nombre de réformes parmi les religions.

« En 2015, la France est en “année 8”, ce qui veut dire que si on a bien travaillé en année 7, on récolte des choses positives – sinon, l’inverse se produit. Comme, en termes de sécurité intérieure, la France s’est endormie sur ses lauriers et a été laxiste, elle en paie aujourd’hui le prix », explique la voyante.

Sa collègue la célèbre numérologue Évelyne Lehnoff a de son côté justifié par des additions de chiffres le caractère prévisible de l’attaque du 7 janvier. Et ça semble assez crédible : « C’est par l’addition de 2015 que l’on obtient “8”. Ce chiffre sacré réunit deux mondes (physique et spirituel). On peut s’attendre à des perturbations. Nous traversons une zone de turbulence qui fait écho à de violentes réactions. L’année 8 est synonyme de haine et de revendications en ce qui concerne les organismes d’État, les activités commerciales, le tourisme, la presse et le système judiciaire », décrit la numérologue.

Elle m’a également rappelé le caractère meurtrier des années 8 : en 2006, une autre année 8, 498 attentats avaient été perpétrés dans l’Union européenne sous diverses formes. Les pays les plus visés étaient la France, l’Espagne et le Royaume-Uni. Face à tant d’éléments annonçant la catastrophe, j’ai voulu approfondir la thèse de la fatalité de l’année 2015 par le prisme de l’Histoire avec Bertrand Lecherbonnier, coauteur de La Fatalité de l’an XV.

VICE : Bonjour Bertrand. J’imagine que les attentats de début janvier vous ont conforté dans la thèse de votre livre.
Bertrand Lecherbonnier : 
En effet, nous avons écrit le livre il y a six mois et n’avons pas tellement été surpris ; nous avertissons de la lourde menace djihadiste qui pèse sur la France. On sentait déjà bien venir les choses, et les attentats de janvier ont malheureusement donné raison à notre thèse.

Dès l’introduction du livre, vous certifiez ne pas vouloir évoquer la numérologie ou l’astrologie. Pourquoi ne pas aussi s’y intéresser ?
Puisque tout le monde nous parlait de ces « sciences », nous y avons jeté un œil. Ce qui est frappant, c’est que l’on constate beaucoup d’analogies avec ces sciences pas tout à fait exactes – et puis la carte 15 du tarot, c’est le diable ! Mais il est indéniable que des convergences existent. En revanche, si nous avions versé dans les positions planétaires en préparant le livre, on aurait pu nous reprocher ensuite un manque de sérieux.

Comment est née cette théorie selon laquelle chaque année 15 est en rupture avec le siècle précédent ?
Pour nous ce n’est pas une théorie, ce sont des faits qui montrent que depuis toujours, à chaque charnière 14-15, un événement important se produit et va déterminer la suite des choses.

Chaque siècle, à sa quinzième année, l’histoire rebat les cartes. Un événement majeur se produit qui annonce une nouvelle ère : la victoire de Bouvines en 1214, la mort de Philippe le Bel en 1314, le désastre d’Azincourten 1415, la victoire de Marignanen 1515, la majorité de Louis XIII en 1614, la mort de Louis XIV en 1715, Waterloo et la chute de Napoléon en 1815, le début de la Première Guerre mondiale en 1914.

On a donc constaté qu’en 2014, tout s’annonçait de la même façon qu’aux siècles précédents en France : une crise financière qui ne cède pas en vigueur. Une dette abyssale que doivent rembourser tous les Français. Un désastre industriel qui fauche des régions entières. Un personnel politique dépassé par les événements, des têtes enflées de leur propre importance qui multiplient promesses vaines et prophéties sans cesse déjouées. Le populisme qui flaire la bonne affaire. Des intellectuels à la seule recherche des feux de la rampe médiatique. Un enseignement qui ne cesse de s’enfoncer davantage dans les classements internationaux. On voit que l’année 2015 va être importante pour la France du XXI e siècle, et du coup on a mis ça en perspective avec ce qui s’est passé depuis dix siècles. Ce n’est pas nous qui avons inventé quoi que ce soit, on s’est rendu compte que ça recommençait à nouveau.

Il y a 15 ans, nous avons pris pied dans un siècle prometteur et sympathique. L’illusion n’a pas duré longtemps, tout juste vingt mois ! Ben Laden a ensuite fait exploser les tours jumelles.

Pouvez-vous donner une explication logique à cette loi cyclique ?
Oui, c’est que lorsqu’un siècle se termine, on continue pendant une quinzaine d’années à vivre comme si l’on était toujours dans l’ancien siècle. Nous en avons la démonstration parfaite : il y a 15 ans, nous avons pris pied dans un siècle prometteur et sympathique. L’illusion n’a pas duré longtemps, tout juste vingt mois ! Ben Laden a fait exploser les tours jumelles, les spéculateurs ont pillé les banques américaines et asséché les économies nationales, les fleurs des printemps arabes ont donné des fruits amers. Le XXIe siècle, le vrai, ne serait-il pas en train de débuter ? Les flux économiques se sont modifiés en quelques années, le raz-de-marée numérique bouscule les structures de production et les modèles de distribution, de grands rééquilibrages politiques changent la face de la planète. Sans oublier une tension internationale à son maximum avec la menace de guerre islamique, et l’Union européenne qui doit prendre des décisions. C’est par cette poussée d’événements que l’Histoire est en train de se transformer, et à chaque fois cela a suivi le même schéma dans ces années 14-15.

Dans quelle ère la France va-t-elle entrer cette année ?
Ce qui est évident c’est qu’on va entrer pour de bon dans l’ère numérique. On s’aperçoit de l’obsolescence d’un certain système économique et industriel ; c’est une révolution qui est en train de naître. Il suffit de voir les enfants, ils ont déjà compris ça, ils sont dans un monde différent. Mais ce qui importe c’est de voir que le contexte international est différent, et la France devrait enfin réfléchir à son destin à l’intérieur de l’Europe. D’autre part, on doit faire face à une opposition virulente avec le monde islamique. Un changement de civilisation aussi brutal, aussi radical, ne se fait pas sans heurts violents entre traditions et nouveautés, sans luttes acharnées entre vieux privilèges et jeunes ambitions.

Pour revenir aux attentats, qu’avez-vous pensé de la mobilisation du peuple français face à une menace des principes démocratiques ?
Dans le livre, on en parle dans la conclusion : il faut que la nation se reconstitue et elle ne pourra que le faire dans l’union, en oubliant les divisions politiques, religieuses ou raciales. On envisageait exactement ce scénario. Tout ce qui se passe semble totalement logique par rapport à l’analyse politique faite depuis 2014. Beaucoup de gens pensent que c’est une question de hasard, de magique. Il s’agit en réalité des conséquences d’une analyse politique et historique.

Parlons un peu de la signification inconsciente des 15 ans : c’est l’âge où l’on veut se sentir adulte, on sort, on veut conduire une voiture, avoir son appart alors qu’on n’est encore qu’un bébé pleurnicheur. Est-ce pareil pour la France actuellement ?
Disons que c’est l’inverse : nous avons plutôt l’impression que c’est l’âge de raison de nos siècles. 15 ans. Si on regarde les trois siècles précédents : en 1715, Louis XIV meurt, et de 1715 à 1720, c’est l’avènement du siècle des Lumières avec les premiers grands écrits de Montesquieu, Voltaire et Diderot. Napoléon, chute en 1815-1820, le mouvement romantique commence avec Lamartine et Victor Hugo. En 1914, la Grande guerre, puis plusieurs grands mouvements comme le surréalisme émergent entre 1915 et 1920. De toute évidence, ces années débouchent aussi sur des révolutions artistiques et culturelles.

Quand on parle du XXe siècle, on pense à l’émancipation des femmes et la décolonisation qui ont libéré l’humanité de chaînes immondes. Pour autant c’est un siècle qui a donné lieu à deux des plus monstrueux conflits de toute l’Histoire.

Alors en France, que va-t-il se passer culturellement dans les années à venir ?
Sans savoir ce qui adviendra d’ici cent ans, il y a deux phénomènes fondamentaux : le premier, c’est la surpuissance du numérique qui va tout remplacer. Ensuite, c’est le fait que tout le monde va vouloir créer. Avant, vous étiez lecteur, ou auteur. Vous alliez au concert, ou vous étiez chanteur. C’est un schéma fini, et c’est ça qui va être la grande transformation. Il y aura une espèce d’égalité entre tout le monde qui va naître en ce siècle, j’en suis persuadé. Les grands maîtres, les génies, ce sera fini. Il y aura de grands mouvements de partage, d’échange – mais cela n’empêche pas que certains seront plus doués que les autres.

Quand je referme le livre, je décèle quand même une sorte de happy end, comme si la France retombait toujours sur ses pattes finalement.
À chaque fois, le souvenir qu’on a du siècle passé est plutôt bon, même quand il y a eu des horreurs – c’est assez paradoxal. Quand on évoque le XVI e siècle, on pense à la Renaissance, or c’est un siècle où il y a des guerres de religion et des massacres dans tous les sens, mais on a l’impression qu’il y a eu un progrès. Quand on parle du XX e, on pense surtout à l’émancipation des femmes et la décolonisation qui ont libéré l’humanité de chaînes immondes. Pour autant c’est un siècle qui a donné lieu à deux des plus monstrueux conflits de toute l’Histoire : des dizaines de millions de morts, la Shoah, Hiroshima… La mondialisation aura été acquise comme la Renaissance, comme les Lumières : dans le drame et la confusion. Malgré tout on garde en tête un souvenir positif du siècle dernier.

La France a-t-elle besoin de tout détruire pour mieux reconstruire ?
Il y a une différence française, étonnante : cette idée qu’il faut toujours aller au fond de la piscine pour remonter. On a toujours été un pays en dents de scie, pas régulier, pas progressif. Et à chaque fois qu’on est au plus bas, le peuple se réunit et réussit à se reconstruire – c’est le miracle français. Les grands risques ? Que cette guerre qui existe devienne mondiale et le deuxième grand risque, c’est que l’Europe explose. Je parle de la civilisation, pas de l’Union Européenne. Enfin, le troisième risque c’est la crise de régime en France et qu’il faille passer à la Sixième république.

Source: vice.com

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