Sergueï Lavrov et la “chambre des secrets” de l’Onu

Sergueï Lavrov et la “chambre des secrets” de l’Onu

Dans un documentaire intitulé “Nations-unies – 70 ans”, le chef de la diplomatie russe a partagé certaines anecdotes liées à l’organisation internationale avec les téléspectateurs.

Sergueï Lavrov, ministre russes des Affaires étrangères et ex-représentant permanent de la Russie auprès de l’Onu, a dévoilé l’existence d’une chambre secrète attenante à la salle du Conseil de sécurité. Il a également souligné l’importance de la diplomatie afin de désamorcer les conflits.

Selon le chef de la diplomatie russe, il existe une petite salle de négociations tout près de la salle du Conseil de sécurité de l’Onu. Ne contenant que quelques fauteuils placés de manière resserrée, elle n’est donc destinée qu’aux représentants permanents avec trois assistants maximum pour chacun d’entre eux.

“Quand j’ai commencé à travailler en tant que représentant permanent de la Russie, ils envisageaient d’y faire des travaux, et ils ont donc demandé aux membres du Conseil de sécurité de l’Onu: “Voulez-vous qu’on modifie le format de cette chambre?” D’ailleurs, outre la salle officielle, la “chambre de consultations”, il y existe une sorte de hall avec des canapés, une télé, où on pouvait se reposer, prendre une tasse de café. Il existe encore une salle adjacente à ce “hall” qui ne pouvait abriter que dix personnes. Ils nous ont demandé s’il fallait élargir cette chambre en rajoutant l’espace du “hall”. Je ne veux pas dévoiler le nom de cette personne, mais un des membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu, ambassadeur (pas russe) a dit: “Non, les amis, laissons ce mur tranquille, car sinon cela génèrera la tentation de promouvoir de façon plus active la réforme sur l’élargissement du Conseil de sécurité de l’Onu, car il y aura de la place”, a-t-il fait remarquer.

M.Lavrov a également souligné que les membres de l’organisation sont régulièrement confrontés à des situations complexes nécessitant des solutions diplomatiques.

Ainsi, au milieu des années 1990, au tout début de sa carrière aux Nations unies, les actions des émigrés cubains qui larguaient des flyers par avions ont provoqué un conflit entre les Etats-Unis et Cuba. Les autorités cubaines ont à l’époque menacé d’abattre ce genre d’avions.

“Un avion a été finalement abattu, il faisait nuit à Moscou. L’ambassadrice américaine à l’Onu Madeleine Albright a convoqué le Conseil de sécurité en urgence tout en exigeant de condamner le gouvernement cubain pour l’attentat. Les formulations étaient très tranchées. Avec des membres de notre gouvernement et des collègues chinois ainsi que certains autres membres du Conseil de sécurité représentant des pays en développement, nous nous sommes prononcés pour un texte plus modéré, pour qu’il n’annule pas l’enquête et ne désigne pas les coupables sans preuves. Nous avons réussi à élaborer un texte qui a même été salué par le gouvernement cubain (…). Il s’agissait d’un travail long qui a duré pendant plusieurs heures. Mme Albright a même appelé Washington, pourtant au final nous avons gagné”, a fait savoir Sergueï Lavrov.

Cette année l’Onu, organisation internationale regroupant presque tous les Etats de la planète et visant le maintien de la paix dans le monde, célèbre son 70e anniversaire. Une série d’événements et d’activités seront organisés au fil des mois afin de célébrer cette année particulière autour du thème « Une Onu forte pour un monde meilleur ».

Source: sputniknews

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