Si j’étais Affi N’Guessan ! (Par Tagro Tapé Innocent)

Si j’étais Affi N’Guessan ! (Par Tagro Tapé Innocent)

Première vérité universelle :

« Si tu arrives à mettre ton canari sur les genoux, Dieu t’aidera à le mettre sur la tête ! »

Deuxième vérité universelle :

« Si tu veux être aidé, aide ton aide à t’aider ! »

Toutes deux ont en commun de demander à tout solliciteur d’aide, de faire lui-même d’abord un geste qui démontre qu’il veut vraiment être aidé ; qu’il en prend le premier l’initiative.

Ainsi, lorsque l’aide attendue ne vient pas ou n’est pas à la hauteur de ses espérances, le solliciteur d’aide pourra –à bon droit- le reprocher à celui dont il sollicite l’aide.

Dans le cas contraire, il ne devra –vraiment- s’en prendre qu’à lui-même !

Tel est le cas de Affi N’Guessan, l’homme qui dit diriger toujours le FPI, malgré ses relations tortueuses, tumultueuses, alambiquées et contre nature avec le pouvoir RHDP.

Voici un homme, autrefois leader du Front Populaire Ivoirien –parti respecté par la majorité des populations ivoiriennes qui ont toujours vu dans les actions et les prises de position de ce parti créé par Laurent GBAGBO, des actions et des prises de position pour la défense de la démocratie, de la liberté, de la paix et du bien-être de tous.

Voici un homme qui a dirigé un tel parti jusqu’au tristement célèbre 11 avril 2011 date où la coalition des impérialistes occidentaux et autres valets africains ayant fait le choix de l’assujettissement de leurs propres peuples vont s’acoquiner avec les rebelles qui ont attaqué notre pays la Côte-d’Ivoire le 18- 09-2002 et vont renverser le régime de Laurent Gbagbo.

Voici donc un homme dont le parti a perdu illégalement le pouvoir du fait de la communauté internationale et des rebelles qui disent avoir pris les armes pour installer Alassane Ouattara au pouvoir.

Voici donc cet homme qui, au lieu de chercher les voies et moyens de consolider l’unité et la cohésion du parti qu’il dirigeait-le FPI-, va s’atteler à le fragiliser, posant une série d’actes qui vont conduire à son exclusion dudit parti lors du Congrès de Mama tenu le 30-04-2015.

C’est que toutes les démarches entreprises par les bonnes volontés pour que les dirigeants et les militants du FPI continuent d’agir dans un parti uni et encore bon pour le service du peuple vont se heurter à l’intransigeance de ceux qui pensent –à tort- que l’heure est venue enfin pour eux de tourner la page Gbagbo !

Alors, les tentatives de tractations pour régler les dissensions internes et inéluctables dans un parti confronté à la gestion de la perte brutale du pouvoir, règlements qui auraient pu et dû se faire en mettant en avant les mécanismes prévus à cet effet dans les textes du parti, toutes ces tentatives-là de résolution vont se heurter à la volonté de se servir du FPI à des fins inavouées.

C’est alors que va apparaître aux yeux de tous –comme une botte sécrète du camp Affi N’Guessan dans son combat contre ceux qui étaient naguère ses camarades de parti- l’arme, décrétée par eux, fatale! La justice du pouvoir RHDP mise à leur service et que, dans son camp, l’on n’hésitait plus à qualifier ironiquement et avec un brin de satisfaction non feinte, de « gourdin contre les dissidents » !

Et le camp Affi N’Guessan –à l’issue des confrontations judiciaires- était toujours sorti vainqueur dans son opposition au camp Abou Drahamane Sangaré.

Alors naquit, dans l’esprit de ces ex-camarades de parti (FPI) qui frayaient ainsi ouvertement avec le parti qui les avait tous confinés à être dans l’opposition (la coalition RHDP), l’illusion qu’ils étaient les détenteurs connus et reconnus urbi et orbi de tout ce qui a trait au parti fondé par ce Laurent Gbagbo dont ils s’échinaient –avec leurs nouveaux alliés- à tourner la page !

Se décrétant dans la légalité puisque aidés judiciairement et ainsi reconnus par le pouvoir qui dirige le pays depuis le 11 avril 2011, ils n’acceptent pas les règlements amiables de sortie de crise que leur propose le camp Sangaré ; et plus encore, ils confisquent la gestion du journal du parti « Notre Voie », refusent de se défaire du logo du parti alors que leur politique n’a plus rien de commun avec les idéaux qui ont présidé à la naissance du FPI !

C’est aussi qu’ils sont confortés dans leur position par tous ces journaux qui, par légalisme, les appellent direction du FPI quand les autres –ceux du camp Sangaré- sont affublés d’épithètes que l’on veut négatives à souhait comme « le FPI de Sangaré » ou « les extrémistes du FPI » ou encore « les dissidents du FPI » ou même « les Gbagbo ou rien » ou encore « les pro Gbagbo » ; sans même se rendre compte qu’ainsi, ils dévoilent le jeu de leur protégé qui n’est donc plus un « pro Gbagbo » !

C’est donc vrai que, dans ce combat que l’on veut présenter comme interne au FPI mais qui, en réalité, a cessé de l’être depuis que tous avons vu que l’allié du camp Affi N’Guessan contre des camarades du parti, ce ne sont pas les textes du FPI mais bel et bien la justice sous le pouvoir Ouattara, le RHDP est celui dont Affi a sollicité l’aide.

En d’autres termes, le camp FPI « pro Affi » ne peut trouver le salut de la frange qu’il dirige qu’en comptant sur les décisions de justice issues des institutions mises en place par le parti au pouvoir.

Les exemples sont nombreux qui donnent une idée claire de cette collusion entre le « FPI de Affi » et le pouvoir mais, nous ne parlerons même pas de la tournée du leader Sangaré dans l’Ouest du pays où il a reçu les honneurs des corps habillés malgré les tentatives des « affidés » de faire échec à ladite tournée.

Contentons-nous du dernier en date : la fête de la liberté que le « FPI de Sangaré » voulait organiser à Akouré, en pays Akyé du 29-04-2017 au 30-04-2017.

Notre homme –nous dit-on- sûr de l’appui du pouvoir Ouattara est entré en transe, s’est rendu dans le département, a tapé à toutes les portes officielles et officieuses, a remué ciel et terre et a fini par demander aux populations de Akouré (chefferie et jeunesse) de ne pas participer à cette « mascarade » organisée par des gens qui ne sont reconnus ni en Côte-d’Ivoire ni à l’étranger comme les véritables représentants du FPI.

On dit même qu’il leur a conseillé d’attendre la fête de la Liberté que son clan « le vrai » et le seul officiel- va organiser au sortir du congrès qu’il compte organiser dans les prochains mois !

On sait maintenant que pour mettre de son côté toutes les chances de « ridiculiser » le clan Sangaré, il a envoyé une correspondance au ministère de la Sécurité intérieure et demandé au Préfet de Alépé d’interdire cette manifestation qui –selon « Notre Voie » notre journal qu’ils ont confisqué – n’est rien d’autre « qu’une provocation de trop qu’il ne fallait pas tolérer » !

Mais, la fête de la liberté à Akouré a eu lieu !

Et elle a dépassé toutes les espérances de ses organisateurs!

Et le peuple akyé –fidèle parmi les fidèles à Laurent Gbagbo et aux avant-postes de la lutte contre l’asservissement- a encore répondu présent au rendez-vous de la démocratie, de la liberté et de la recherche des voies pour notre souveraineté !

Et la fête de la liberté a donc eu lieu à Akouré ces 29 et 30 avril 2017!

Et comme il fallait s’y attendre, n’ayant pas pris conseil de la défaite qu’il a subie lors de la tournée de Sangaré à l’Ouest chez les Guéré, les Oubi et les Wobè, le camp Affi est dans le désarroi !

Et tel un serpent étêté, il cogne autour de lui, n’épargnant personne ; surtout s’en prenant ouvertement cette fois-ci à son allié du pouvoir qu’il accuse d’avoir aidé le camp Sangaré à organiser la fête de la liberté 2017 à Akouré !

C’est pris de compassion pour quelqu’un qui lutte contre vents et marées pour se faire ne serait-ce qu’un « petit nom » au soleil dans cette Côte-d’Ivoire politique de l’après 11-04-2011, que nous lui faisons cette proposition.

Nous voulons qu’il ne se montre pas inutilement ingrat envers son bienfaiteur qui lui a déjà permis de rencontrer le grand manitou en personne, François Hollande, président de la France !

Qui sait ce qui lui est réservé encore dans les temps à venir par son allié RHDP au pouvoir ?

Ne sait-il pas son allié capable –sur simple décret présidentiel- de faire de lui, Affi N’Guessan Pascal, le chef de l’Opposition politique ivoirienne ?

Ne le croit-il pas capable de décréter « la mort  politique» du camp Sangaré ?

Alors, qu’il reste tranquille, notre Affi N’Guessan national, et qu’il comprenne le sens profond des deux vérités universelles qui ouvrent cette contribution !

« Si tu arrives à mettre ton canari sur les genoux, Dieu t’aidera à le mettre sur la tête ! »

« Si tu veux être aidé, aide ton aide à t’aider ! »

C’est-à-dire que notre politicien Affi qui est dans l’opposition et qui se plaint maintenant de son allié au pouvoir devrait d’abord faciliter le travail de celui-ci afin que « le travail judiciaire» soit proprement fait en sa faveur.

C’est pour cela que, pour faciliter le travail du pouvoir, si j’étais Affi N’Guessan :

1) Je ne me contenterais plus du qualificatif « FPI Légal » dont m’affublent la coalition de partis au pouvoir et les journaux flagorneurs puisque je leur démontrerais que la légalité doit aller de pair avec la légitimité.

C’est-à-dire que mon travail sur le terrain consisterait à faire la preuve que j’ai avec moi la majorité des militants du FPI et que donc, les autres –ceux qui disent agir et parler au nom du FPI- sont des usurpateurs !

2) Pour leur démontrer -au camp Sangaré et à mes protecteurs du pouvoir- que si la justice déboute les « Gbagbo ou rien », c’est à bon droit, chaque fois que cette faction dissidente organise une manifestation dans un lieu, mon camp à moi en fera de même et dans une sphère géographique voisine afin que tous voient qui a la majorité, c’est-à-dire qui a le droit de parler au nom du parti dont nous nous réclamons tous et qui, par voie de conséquence doit garder le logo et autres attributs du parti.

Ainsi, le camp Sangaré a-t-il projeté la fête de la liberté à Akouré en pays akyé du 29 avril 2017 au 30 avril 2017 ?

Mon camp à moi Affi s’empressera de choisir une localité akyé voisine de Akouré et le monde entier verra lequel des deux camps est celui des usurpateurs !

Alors, les choses étant ainsi clarifiées, mon allié du pouvoir n’aura plus de scrupule à intervenir directement et officiellement et sera juridiquement fondé à interdire les activités du camp qui me dispute les armoiries du FPI !

Oui, alors ainsi, j’aurais aidé mon aide à m’aider !

Ce faisant, ayant prouvé que je détiens aussi la légitimité, j’aurais porté le canari jusque sur mes genoux et le pouvoir m’aiderait plus facilement à le mettre sur la tête !

Toutes autres récriminations contre un pouvoir qui se rend compte qu’il a parié sur le mauvais cheval et qui veut se retirer de ce panier à crabes qu’est le « FPI de Affi » ne sont que pleurnicheries et enfantillages !

Ce lundi 1er mai 2017.

TAGRO Tapé Innocent, enseignant

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