Si j’étais militant du RDR… ! (Par Tagro Tapé Innocent) | eburnienews | Diaspora ivoirienne | Actualité Politique | Diaspora africaine en France Si j'étais militant du RDR… !
Si j’étais militant du RDR… ! (Par Tagro Tapé Innocent)

Si j’étais militant du RDR… ! (Par Tagro Tapé Innocent)

Il est question ici du RDR ; et le RDR, c’est bien le Rassemblement Des Républicains.

Le RDR, c’est aussi le parti qui dirige la Côte-d’Ivoire depuis le 11-04-2011 !

Nous ne parlerons pas de sa création en 1994 quand il décida de se séparer du PDCI (Parti Démocratique de Côte-d’Ivoire) dont presque tous ses membres étaient issus.

Disons ou retenons seulement qu’il a lutté pour être au pouvoir et que sa lutte pour le pouvoir a commencé officiellement un certain mois de septembre 2002 de triste mémoire.

Comme armes d’accession au pouvoir, ce parti né pour se positionner au centre de l’échiquier politique ivoirien et se disant républicain avait pourtant d’abord dû compter sur l’inestimable et inconditionnel appui d’une rébellion armée, le Mouvement Patriotique de Côte-d’Ivoire, dont le chef autoproclamé était SORO Guillaume, l’actuel président de notre Assemblée nationale.

Et cette rébellion avait plusieurs ramifications pour pouvoir être toujours majoritaire lors des négociations avec le gouvernement de la république légale et légitime que le RDR voulait renverser !

C’est que le RDR savait que, pour rechercher et avoir la paix –à tout prix- le président de la république d’alors, n’hésiterait pas à accéder à leur condition d’être majoritairement représentés dans le partage de presque toutes les institutions de la république que l’allié de ce parti avait pourtant attaquée.

Ensuite, le RDR a pu compter sur les forces armées étrangères que sont les forces françaises et les forces de l’ONUCI (Organisation des Nations Unies en Côte-d’Ivoire) que le président légal et légitime avait pourtant sollicitées pour arbitrer le conflit mais qui n’ont pas hésité à « canarder » tout Ivoirien voulant s’opposer au RDR et à la coalition de partis qu’il s’était constituée : le RHDP!

Son autre arme, a consisté à se faire passer pour le représentant, le symbole, le porte-parole et le défenseur de tous ceux qui, dans leur propre pays, se disaient réprimés pour leur appartenance à une religion et à une région !

Il a donc pris le pouvoir, le RDR, premièrement, aidé par la force des armes de ses alliés (MPCI, MJG, MPIGO), par la « Société internationale » censée être neutre dans ce conflit et deuxièmement, par la puissance de son réseau international d’amis, puis troisièmement, par son discours idéologique le présentant comme, une association de personnes rejetées, brimées et sans aucun droit dans leur propre pays parce qu’essentiellement composée de musulmans et de gens du Nord !

Dans son combat, le RDR, essentiellement braqué contre le Front Populaire Ivoirien (FPI) parti arrivé au pouvoir de en octobre 2000, s’est évertué à l’empêcher de gouverner par tous les moyens possibles –légaux et illégaux-

Et ce, malgré tous les gages de bonne volonté donnés par les dirigeants de ce parti contre lequel il luttait.

Enumérons quelques uns de ces gages de bonne volonté et les concessions faites par le FPI malgré l’environnement particulièrement hostile dans lequel la rébellion le maintenait !

Le FPI qui, à sa prise démocratique de pouvoir, était conscient de la grande fracture sociale dans le pays, a débuté son mandat en conviant toute la nation ivoirienne à un forum pour rechercher la paix par le biais de la réconciliation de ses fils et, plus particulièrement, de tous les acteurs politiques et ceux de la société civile !

Et pour ce faire, le président Gbagbo, du FPI et président de la république, prit toutes les dispositions utiles pour faire revenir de leur exil, « ses frères » Alassane Ouattara (du RDR) et Konan Bédié (du PDCI).

Il leur offrit toutes les conditions d’une vie décente en Côte-d’Ivoire avec gardes du corps et tout le tremblement.

Il a même ouvert son gouvernement à toutes les sensibilités politiques, proposant même d’entrée, à chacun de ses opposants les plus irréductibles, un gouvernement d’union nationale dans lequel même s’il n’était pas membre du FPI, tout Ivoirien capable pouvait participer à l’œuvre d’édification de la nation.

Il n’a jamais été tenté de discriminer, de catégoriser la population, et donc d’opter pour la préférence partisane!

Jamais il n’a emprisonné un citoyen du fait de son appartenance à l’opposition !

Au grand jamais, il n’a refusé une quelconque assistance à tout solliciteur d’aide !

Même les parents de ses opposants étaient secourus, à plus forte raison eux-mêmes !

En plus d’une rémunération officielle à toute ancienne personnalité étatique ayant servi le pays, il avait établi également par le biais de l’assemblée nationale et selon des règles précises acceptées par tous, l’octroi d’une subvention à tout parti politique qui en remplissait les conditions !

De plus, il n’a jamais non plus tenté une quelconque manœuvre malhonnête de confiscation du pouvoir !

Regardez ce qu’il a fait de l’Institution chargée de conduire les élections dans notre pays: à travers l’organisation, la composition et les attributions de la Commission Electorale Indépendante (CEI), il a accepté que son opposition y soit majoritaire afin d’avoir la paix pour son pays, puisque telle était la condition, l’exigence de ses opposants pour les décider à aller aux élections !

Pour la paix également, que n’a-t-il pas fait ?

Dans sa recherche de la paix pour son pays attaqué par les rebelles, après les différentes négociations pour la paix qu’il a accepté de faire dans plusieurs capitales africaines dès le début de la rébellion contre son pouvoir, il a imaginé, conçu et organisé dans les moindres détails l’Accord Politique de Ouagadougou (APO).

A la suite ou comme conclusion de cet accord signé au Burkina Faso, la Primature de la Côte-d’Ivoire a été confiée à la rébellion qui, pourtant, continuait de mettre à mal son pouvoir.

Les rebelles avaient accaparé les zones Centre-Nord-Ouest (CNO) du pays dans lesquelles, depuis 2002 jusqu’à l’élection présidentielle d’octobre 2010, ils faisaient la loi militairement, politiquement et financièrement.

Et, bien que l’accès de cette zone CNO soit strictement conditionné pour presque tous les Ivoiriens et autres ressortissants des autres pays, les hommes de la rébellion qui y régnaient en maîtres absolus et qu’on avait laissé inonder nos institutions étatiques, circulaient librement dans la zone gouvernementale sans que le régime ne cherche à attenter à leur vie !

C’est que le FPI qui faisait partie de ceux qui avaient lutté pour instaurer dans notre pays le multipartisme et tous ses corollaires, veillait lui-même, comme sur la prunelle de ses yeux, à la préservation des droits et libertés de tous les citoyens, sans exclusive, et donc de ces rebelles qui continuaient pourtant à refuser de désarmer malgré les bras ouverts que leur tendait le pays.

Mais, depuis le 11 avril 2011, du fait des forces coalisées de la rébellion, de la France et de l’ONUCI auxquelles se sont jointes celles dites « africaines » nourries par l’hypocrisie et l’égoïsme de la plupart des dirigeants et responsables africains, le FPI n’est plus au pouvoir !

Et cela fait 7 ans que le RDR est au pouvoir en Côte-d’Ivoire !

La fracture sociale est, à son tour aussi, très profonde car une partie de la population se sent de plus en plus laissée pour compte et l’autre est visiblement, ostensiblement et publiquement prise en compte et en charge par les dirigeants actuels !

Et c’est peu dire que de qualifier de calvaire ce que vivent les Ivoiriens, mais, plus particulièrement, tous ceux qui, n’étant pas issus de la rébellion, ont dirigé avec le FPI, ont servi avec ou sous lui ou se réclament de lui !

Oui, au vu du virage que prend notre pays, on ne saurait douter que l’objectif du RDR et de tous ses alliés qui dirigent actuellement la Côte-d’Ivoire, c’est de faire disparaitre de l’échiquier politique national, le FPI et tous ceux qui se reconnaissent en lui !

Il y a eu trop de morts sous ce régime du RDR, trop d’exilés, trop de misère !

Alors, après avoir vu les nombreux sacrifices que, pendant les 10 années de son mandat à lui, le FPI a faits pour la paix en Côte-d’Ivoire !

Après avoir vu ce que ce parti qui pourtant était confronté à une rébellion et une opposition hypocrites, sanguinaires, inhumaines a fait de généralement positif pour le pays !

Oui, après avoir vu l’option de la gestion humaine de la chose publique et politique faite par le FPI dans l’intérêt de la patrie, et ce, malgré toutes les attaques très souvent meurtrières dont il a été l’objet !

Eh bien, après avoir vu que pour sauver le pays attaqué, mais aussi pour rendre plus vivable l’existence de tous les Ivoiriens –aussi bien dans la zone gouvernementale que dans les zones CNO- le président Gbagbo a dû agir ! Certaines fois, ce fut contre la volonté de ses propres militants avec lesquels il avait pourtant lutté démocratiquement pour accéder au pouvoir.

D’autres fois, ce fut en constituant ses gouvernements sans la plupart d’entres ces derniers, disons donc en les laissant à la touche alors que c’est eux qui auraient dû être prioritaires !

Oui, alors, après avoir vu cela et en voyant ce qui se passe dans mon pays, il me semble indispensable de m’adresser au RDR !

Si j’étais militant du RDR, je ferais comprendre autour de moi que la politique des dirigeants de mon parti depuis sept ans qu’ils sont au pouvoir est mauvaise, aussi bien pour ses opposants que pour le parti lui-même.

Elle est mauvaise parce qu’elle semble tournée essentiellement, pour ne pas dire exclusivement, vers l’anéantissement de ses adversaires et opposants en général, mais plus spécifiquement, vers l’extermination de tout ce qui est « pro-Gbagbo » !

Si j’étais militant du RDR, je me dirais que même si dans leurs relations occultes nous ne savons pas quel mal Gbagbo a bien pu faire au président Alassane Ouattara pour que ce dernier agisse ainsi, ce que les Ivoiriens retiendront des deux, c’est que l’un –Laurent Gbagbo, responsable du FPI- du temps où il dirigeait le pays, n’a jamais condamné un opposant à l’exil, il a toujours payé à chaque parti en règle en Côte-d’Ivoire, la subvention que son régime a volontairement décidé de lui allouer afin de lui permettre de vivre et de jouer son rôle de parti, même d’opposition extrémiste à son régime!

Il n’a jamais laissé mourir ses opposants parce que dans le dénuement total !

Non, Gbagbo n’a jamais considéré la politique comme une occasion de règlement de comptes, comme un moyen de vengeance, comme le lieu où le plus fort doit sans cesse humilier le plus faible ; comme le lieu privilégié d’expression de la haine !

Or, que voyons-nous ? Que constatons-nous ?

Avec l’arrivée du RDR au pouvoir depuis le 11 avril 2011, la Côte-d’Ivoire a découvert qu’elle est devenue le pays avec le plus fort taux de prisonniers issus d’un parti politique: le FPI !

Avec le président Alassane Ouattara, des milliers de nos compatriotes vivent de façon précaire en exil dans presque tous les pays de la sous-région !

Ils ne peuvent pas rentrer au pays car, malgré les propos de Ouattara les invitant à le faire, la plupart –ceux qui continuent de se réclamer de Laurent Gbagbo- sont systématiquement mis en prison, dès qu’ils arrivent en Côte-d’Ivoire !

C’est cela que même le moins perspicace des observateurs remarque !

Regardez vous-mêmes le nombre de militants du FPI ou de ceux qui se réclament de Gbagbo ou qui, simplement ont frayé avec lui, qui meurent en exil ou au pays dans le dénuement total !

Aucun ne peut bénéficier de l’aide de son parti puisque les subventions de l’Etat ne sont plus aussi courantes que par le passé !

Le dernier d’entre eux est Pol Dokui !

Mais avant lui, il y a eu –entre autres- Gomont Diagou, Bohoun Bouabré, Mamadou Ben Soumahoro, Jean-Jacques Béchio, Mahan Gahé…

Ils n’avaient pas la possibilité d’avoir accès à leur propre argent pour se soigner à cause de leurs comptes saisis par la volonté complice de l’Etat !

Oui, si j’étais militant RDR, je demanderais à mon parti d’avoir –au moins- la reconnaissance du ventre, à défaut d’avoir celle du cœur, car presque tous les membres du RDR ont bénéficié de la bonté, de la libéralité du régime dont Gbagbo était le chef ; tous, même notre chef Alassane Ouattara !

Si j’étais militant du RDR, je lutterais contre vents et marée, et contre ceux des militants de mon parti qui poussent nos chefs à l’extrémisme, à la haine, à l’exclusion des compatriotes n’étant pas membres de mon parti !

Si j’étais militant du RDR, je prendrais avec courage ma plume, un jour, et j’écrirais au président Alassane Ouattara qui nous semble si généreux –à nous les militants du RDR- afin de lui demander de changer de politique pour se mettre résolument au service, non pas de son seul parti –le RDR, son idéologie et ses alliés- mais de tous les Ivoiriens, afin que la vie paisible, fraternelle, faite d’humanisme, de pardon, d’entente malgré les difficultés du moment que nous menions avant son accession au pouvoir revienne !

Oui, si j’étais militant du RDR, je dirais –naturellement avec respect, à notre président Alassane Ouattara puisqu’il est celui en qui nous nous reconnaissons tous, que dans l’intérêt de la Côte-d’Ivoire et pour la fierté et la bonne conscience de nous ses militants RDR indéfectibles, il est bon qu’il donne –lui aussi- des gages de bonne volonté politique à toute la nation ivoirienne !

Agissant ainsi en prenant mon courage à deux mains pour écrire à notre mentor, je lui ferais comprendre qu’il n’est qu’un homme, donc un être humain qui peut se tromper comme tout le monde, puisqu’il ne peut tout voir, tout savoir, tout contrôler seul.

Et donc qu’il ne peut voir ni comprendre le regard que la plupart des Ivoiriens posent sur nous les militants du RDR que ces derniers considèrent comme complices ou éléments incitateurs de nos chefs qui les font vivre dans le malheur, la misère, la persécution.

De plus, il ne peut savoir, le président Alassane Ouattara, ce que la plupart d’entre nous ses militants, nous voulons, ce à quoi nous aspirons réellement et sincèrement !

Oui, je suis convaincu que Alassane Ouattara ne sait pas que nous voulons sincèrement et véritablement vivre fraternellement comme nous vivions tous au temps du FPI: où RDR, FPI, PDCI, MFA, UDPCI, URD, etc. opposés les uns aux autres, occupaient la scène politique nationale, chacun libre de mener ses activités politiques sans entraves de l’Etat, et où Gbagbo, Kaé Eric, Stéphane Kipré, Bédié, Ouattara, Boni-Claverie, Anaky Kobena et j’en passe, de temps en temps se retrouvaient, malgré leurs divergences, pour parler de la Côte-d’Ivoire !

Ce que nous voulons, nous les militants du RDR, c’est enfin la normalisation vraie et l’harmonie de la vie en Côte-d’Ivoire, et non plus le règne singulier d’un seul clan –celui du (seul) RDR et de ses alliés- sur la Côte-d’Ivoire !

Si j’étais militant du RDR, je dirais que mon parti –le RDR- a là, une occasion exceptionnelle de payer ses dettes envers la nation ivoirienne et de se réconcilier avec tous les Ivoiriens !

Car, il ne sert à rien de punir quand on a la force avec soi !

Presque toujours, l’Amour, le Pardon, la Paix peuvent réparer les injustices, les offenses et les salissures les plus inacceptables qu’on pense avoir souffert !

Dieu Lui-même qui a créé tout l’Univers et qui a le pouvoir de tout détruire, Dieu dont le Fils Jésus-Christ qu’Il a envoyé sur terre, pour nous apprendre à mieux Le connaitre, a été crucifié par nous, eh bien, ce Dieu-là ne nous a pas pour autant effacés de la terre, bien qu’Il ait la facilité ou la capacité de le faire !

Malgré toute sa force destructrice, malgré le mal que nous lui avons fait en tuant son Envoyé sur la terre où Lui-même, Il nous a placés, Il est Dieu et Il est défini –avant tout et surtout- comme le Dieu d’amour !

Alors, Il agit dans ce sens pour nous montrer le chemin à nous qui l’avons rejeté, Lui le Dieu de toute éternité, toujours !

Ah, si j’étais militant du RDR, voilà ce que je dirais et ferais !

Ce lundi, 18 juin 2018

TAGRO Tapé Innocent, Enseignant.

 

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.