SICOGI: 25.000 familles menacées d’expulsion
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SICOGI: 25.000 familles menacées d’expulsion

«Sicogi, laissez-nous en paix», «Bouaké Fofana, où est passé le social promis ?», «Halte au braquage», «Ado, nous voulons nos maisons», «Les habitants du quartier Sicogi, nous disons non à la Sicogi, vous n’avez pas construit nos maisons, laissez-nous en paix». Ce sont les écriteaux sur des pancartes hier mercredi 14 mars 2018 au quartier Sicogi Extension de Treichville.

Entre une petite, marche suivie d’une conférence de presse, jeunes, vieux et vieillards des quartiers, Habitat Bp (Mirador), Habitat Adjamé-Extension et Habitat Autoroute (Treichville) ont exprimé leur-ras-le-bol, face à ce qu’ils considèrent comme un chantage des responsables de la Sicogi. En fait, depuis plusieurs années, ils ne cessent de les harceler au motif qu’ils n’ont pas le droit de vivre à ces endroits. Un ras-le-bol qui a été exprimé par Aka Dominique, le président du Collectif des Résidents des logements de Sicogi. Car, ce sont 1250 foyers, soient environ 25000 personnes qui sont concernées. Mais comment sommes-nous arrivés là ? Les faits remontent selon le conférencier, aux années 1950, bien avant l’indépendance de la Côte d’Ivoire.

A l’époque, la Sihci (Société immobilière des habitats à bon marché de Côte d’Ivoire) a réalisé des maisons données en location simple sur la base d’un contrat. Et ce contrat de location simple stipule qu’après trois années d’occupation et de paiement régulier, la location simple se transformera en location-vente. Mais, plus tard, à la création de la Sicogi le 22 mars 1962, le Président Félix Houphouët-Boigny, cède la gestion de ces habitats coloniaux à cette société d’Etat. Cependant, les locataires, qui voulaient coûte que coûte ces maisons sont allés, à leur demande, rencontrer Houphouët. Qui, au terme d’un Conseil des ministres, selon le Journal officiel du 7 mai 1970, signe un arrêté du ministère de la Construction et de l’Urbanisme de l’époque, sous le numéro 11/Pr/Cab du 11 avril 1970.

Cet arrêté porte diminution des loyers des logements offerts en location simple par la Sicogi et la Sogefiha et cession par la Sicogi de certains logements économiques. A son article 6 de cet arrêté, il est clairement mentionné que «La Sicogi doit proposer à la fin de chaque exercice, la cession de certaines constructions de type économique au fur et à mesure de la constatation comptable de l’amortissement total des ressources propres et empruntées ayant servi à leur financement». Et ce même arrêté d’ajouter que « le ministre de l’Economie et des Finances ainsi que celui de la Construction et de l’Urbanisme définissent par arrêté conjoint, les modalités pratiques de ces cessions». Une nouvelle qui a été à l’époque saluée par tous les locataires de ces maisons, notamment Habita Gawn D, Habitat Autoroute, Habitat Adjamé extension, Habitat Adjamé Bp (Mirador), Habitat Cocody Danga…Malheureusement, cette joie ne se concrétise pas comme, les locataires l’espéraient. Ils foncent quelques années plus tard, notamment en 1990 chez Félix Houphouët-Boïgny lui dire une fois de plus que leur espoir s’est ruiné, parce que jusqu’à ce jour, rien n’a été fait.  Cette audience relance les choses. Et en 1991-1992 et 1993, note une fois de plus le conférencier, les locataires reçoivent des courriers de la Sicogi, leur demandant de se remettre en rapport avec ses services de vente.

Une fois de plus, ils rêvent d’être définitivement propriétaires. Que non ! Et lorsque que Bédié, arrive au pouvoir, les locataires prennent attache avec celui-ci. Lors d’un Conseil des ministres du 1er juillet 1994, Bédié, ordonne à la Sicogi de céder les maisons qu’elle gère, notamment celles dont les locataires sont détenteurs d’un contrat. Malheureusement, rien n’y fit. Mais, ces pères et mères de familles ne baissent pas les bras. Ils tentent de prendre ce qui constitue leur héritage après plusieurs années de loyaux services rendus à la Côte d’Ivoire. Une fois encore, cet espoir se ruine, jusqu’à ce qu’en 2012, le directeur général de la Sicogi de l’époque, Camara Loukimane, leur adresse par voie d’un Huissier de justice un exploit de congé. A ce stade, les locataires, en dépit de la menace réussissent un coup en disant non à la Sicogi. Ils croyaient que leur calvaire allait prendre fin. Que non !

Bouaké Fofana, nommé directeur général de la Sicogi vient pour sa part, rendre les choses encore plus compliquée. A la suite d’un courrier que les locataires, à travers leur collectif lui ont adressé,  il leur demande de lui faire des propositions. Ce qui a été fait. « Nous avions demandé la cession définitive au regard des textes pris par Feu-Félix-Houphouët-Boigny et Henri Konan Bédié », explique le président du Collectif des Résidents. Mais, le 26 novembre 2017, un courrier en guise de réponse, de  Bouaké Fofana fait savoir à ceux-ci que « leur demande ne cadre pas avec le conseil d’administration et la direction générale ». Par conséquent,  le plutôt serait le mieux,  ils doivent quitter les lieux s’ils ne veulent pas un déguerpissement musclé. Chose que, les locataires ne comprennent pas. Ils croient dur comme fer que les directeurs généraux de la Sicogi qui se sont succédé en font trop.  « Ce sont des actes d’insubordination.Nous comprenons difficilement ces agissements, alors que les présidents ont donné clairement leur accord. Nous demandons à l’Etat d’honorer sa signature. Car, les décisions prises par les différents Présidents de la République n’ont jamais été abrogé. La Sicogi ne peut pas remettre en cause, le contrat de la Sihci. Nous souffrons du banditisme et du gangstérisme de certaines personnes. Qu’elles arrêtent de nous faire chanter », lance de toutes ses forces, le conférencier. Indiquant que vaille que vaille, ils se battront avec la dernière goutte et bien sûr avec la loi pour obtenir gain de cause.

Une démarche approuvée par Adjoumani Pierre, le président de la Lidho (Ligue ivoirienne des droits de l’homme) qui s’est saisi de ce dossier. «Nous allons user de toutes nos forces pour que le droit soit dit », a –t-il dit à ces femmes et vieux qui ne savent plus quoi faire, à cause de certaines personnes aux idées lugubres qui veulent à tout pris leur arracher leur maison. Alors que le gouvernement demande à chaque ivoirien d’avoir un toit.

J A

Source: letempsinfos.com

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