Sihem Souid à Alain Finkielkraut: «le racisme anti-blanc n’existe pas»

Sihem Souid à Alain Finkielkraut: «le racisme anti-blanc n’existe pas»

L’actualité du racisme est permanente si on peut user de cette tautologie. La mobilisation antiraciste des élites a mis du temps à se mettre en oeuvre. Comme si le racisme anti-noir était moins urgent à combattre. Bizarrement, ce sont d’abord des Noirs qui ont réagi face aux attaques dont Christiane Taubira est l’objet. Pendant un temps, on se demandait si d’autres que les premiers concernés allaient monter au créneau. Jean-Marc Ayrault fut peut-être cette belle voix que la ministre de la Justice attendait.

Il n’empêche, il demeure une impression que nos élites intellectuelles, politiques ou médiatiques sont paralysées devant les manifestations de cette bêtise, rien de moins qu’illégale qu’est le rejet de l’autre en raison de son faciès. L’irruption dans le débat public de cette imposture qu’est le racisme anti-blanc n’y est pas pour rien. Alain Finkielkraut, commentateur façon café du commerce de l’actualité, et ses adeptes ont popularisé cette notion fondée uniquement sur un sentiment ou une émotion. Il faut le dire une fois pour toutes haut et fort : le racisme anti-blanc n’existe pas.

Système

Ce qui existe en revanche chez certains, c’est une réaction épidermique de rejet ponctuel. D’où ressort l’insulte “sale Blanc”, comme il est coutume de rabâcher en exhibant monsieur Dupont en victime – le héros de Finkielkraut -, qui ne constitue cependant pas un système de pensée de hiérarchisation des êtres humains. En France, aujourd’hui, aucun “Blanc” n’est refusé à un emploi, à un logement, à la fonction de maire ou de député parce qu’il est “blanc”. Aucun “Blanc” n’est accusé de communautarisme quand en groupe – de Hollande à Ayrault en passant par Carlotti et bien d’autres, notamment dans les médias dits de gauche – ils s’attaquent comme un seul homme, par exemple, à Samia Ghali.

En France, le racisme structurel ne touche pas les “Blancs”. Cette évidence – qui ne semble pas l’être pour les élites qui nous gouvernent – est pourtant une réalité bien concrète. Quand un imbécile traite quelqu’un de “sale Blanc”, il ne porte préjudice à cette personne que conjoncturellement et non de manière systémique. À la grande différence du racisme anti-noir, anti-arabe, anti-juif, anti-roms… Ces racismes-là non seulement font système, mais renvoient aussi à un moment de leur propre histoire où ces groupes ont pu être considérés comme ceux de “sous-hommes” ou “inférieurs”. Il n’y a par conséquent aucun rapport entre le racisme dont sont victimes les “minorités” et l’insulte “sale Blanc”, sinon une différence de nature.

Source: Le Point.fr

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